Peut-on convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle ?

Pages: 10 (2392 mots) Publié le: 9 janvier 2012
Imaginons que vous vous promeniez au Musée d’Orsay avec un camarade, et que vous soyez en extase devant une toile. Mais votre camarade, ne voyant aucun fondement à tant de louanges, vous rétorquera rapidement que " les goûts et les couleurs ne se discutent pas ! ". Avouons qu’une telle scène est emblématique du comportement quotidien de l’être humain en général.

Dès lors, il convient de sedemander si l’on peut convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle.

Après un examen minutieux de la question posée, nous verrons s’il est possible de convaincre autrui de la beauté de telle ou telle œuvre artistique, avant de mesurer la légitimité d’une telle volonté ainsi que ses implications ontologiques.



La question porte sur la possibilité et la légitimité de convaincre autrui de labeauté d’une œuvre d’art. Comprenons le terme " autrui " comme celui de " semblable ", est comme nous un être subjectif et libre, un sujet. Demandons-nous ainsi si nous sommes en mesure et en droit de persuader notre semblable de la beauté d’une œuvre d’art.

Au vu du problème ainsi posé, il faut tenir pour admis que l’on puisse évaluer la beauté d’une œuvre d’art, d’un point de vue conceptuel.Culturellement parlant, la question présuppose que l’on est souvent tenté de convaincre autrui, que nous avons pour habitude de vouloir à tout prix faire partager notre admiration.

Une telle question présente des enjeux conséquents. En effet, il y va non seulement de l’universalité du beau, mais aussi et avant tout du respect de la subjectivité d’autrui. L’enjeu ontologique de la question estessentiel : c’est tout simplement la subjectivité, la liberté de notre semblable qui est en jeu ici !

Afin de mener à bien notre investigation, nous tenterons dans un premier temps de voir s’il est possible de convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle, en analysant les différents concepts mis en scène par la question. Puis nous mesurerons la légitimité (double enjeu du "peut-on" de laquestion) d’un tel vouloir.

Sommes-nous en droit de vouloir imposer à nos semblables nos appréciations et interprétations, comme nous avons l’habitude de désirer le faire ? Nous n’oublierons pas, dans cette seconde partie, de mettre en exergue les implications ontologiques que revêt la question, quant à la liberté d’autrui en tant que sujet.





En premier lieu, il convient donc des’interroger sur les conditions de possibilité d’une telle démarche : sommes-nous en mesure de convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle ?

Pour qu’une telle démarche s’avère réalisable, il faudrait avant tout que le beau soit universel. Sans ce critère d’universalité, le beau ne pourrait être " démontré " … et les divergences d’appréciation seraient ô combien logiques ! Très vite nous nous rendonsd’ailleurs compte que la prétendue universalité du beau est remise en cause par la sagesse populaire, qui utilise à outrance le dicton bien connu : " Les goûts (…), ça ne se discute pas ! " … Pourtant maints philosophes se sont risqués à une définition du beau. Dans son Hippias Majeur, Platon parle de " ce qui est agréable à la vue et à l’ouïe ". Plus tard, le philosophe d’Outre-Rhin EmmanuelKant (1724-1804) affirma dans sa Critique de la faculté de juger que " le beau est ce qui plaît sans concept ". Cette ultime définition nous donne des enseignements précieux. En effet, elle suggère l’immédiateté de la compréhension et de l’admiration d’une œuvre d’art. Le plaisir issu de la contemplation est immédiat, et la perception de la beauté d’une œuvre d’art n’est pas le fruit d’une opérationréflexive et discursive. Ainsi de toute évidence, la compréhension de l’art et la perception du beau exigent une mise en œuvre directe et spontanée de la sensibilité. Or la sensibilité est une notion très subjective, relative à l’histoire personnelle et aux états d’âme de l’individu, du " sujet " qui contemple. Cette sensibilité qui dérive du vécu et de la subjectivité altère considérablement...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Peut on convaincre autrui qu'une oeuvre d'art est belle
  • Peut-on convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle ?
  • Peut-on convaincre autrui qu'une oevre d'art est belle? intro+plan
  • Peut on convaincre autrui de la beauté d'une oeuvre d'art?
  • Peut-on démontrer qu’une œuvre d’art est belle ?
  • Peut-on démontrer qu’une œuvre d’art est belle ?
  • une oeuvre d'art peut-elle ne pas être belle
  • Une œuvre d'art peut-elle ne pas être belle ?

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !