Peut-on parler d'une disparition de la classe ouvriere

Pages: 8 (1878 mots) Publié le: 14 mars 2011
hghghuihCet ouvrage de Julian Mischi constitue la version remaniée et attendue de la thèse de science politique qu’il a soutenue en 2002 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) [1] . Il s’assigne pour objectif d’explorer le travail concret de mobilisation politique du Parti communiste français (PCF) pour en évaluer l’efficacité (ou l’inefficacité) dans des contextes sociauxparticuliers. Selon l’auteur, la forte structuration organisationnelle du PCF avec ses ramifications associatives et syndicales ne peut être considérée seulement comme un instrument bureaucratique. Elle constitue aussi un support de mobilisation collective et de participation politique pour des catégories populaires qui ne s’en remettent pas totalement au parti, susceptible d’introduire de ladisparité.

L’ouvrage s’inscrit dans une longue durée dont la science politique n’est pas nécessairement coutumière. La séquence retenue, qui s’étend des années vingt aux années soixante-dix, est bornée par l’émergence d’un parti qui a participé « à la formation tardive puis à l’homogénéisation de la classe ouvrière » et par la crise industrielle qui, quelque cinquante ans plus tard, détruit les bastionsindustriels nés au début des années vingt et contribue puissamment à l’affaissement de l’organisation communiste. Une approche diachronique de cette séquence conduirait à se focaliser sur ces moments intégrateurs de pratiques demeurées jusqu’alors éclatées qu’ont été le Front populaire et la Libération. L’auteur privilégie cet apogée de l’ouvriérisation qu’ont été les décennies 1950-1970 mais serefuse à périodiser de la sorte et retient la séquence des années vingt aux années soixante dix et expose l’unité au regard de l’histoire sociale de la classe ouvrière. S’en suit une phase de l’histoire où les ouvriers de la métallurgie constituent le « groupe central » et durant laquelle le Parti communiste est un agent majeur de la promotion des milieux ouvriers. Avant que ne s’opère un processusde professionnalisation des cadres politiques qui n’épargne personne.
En réaction contre des approches qui s’intéressent uniquement à l’offre institutionnelle et à la demande individuelle, Julian Mischi a choisi de placer le curseur à des échelles où se donne à lire l’entrelacement des logiques politiques et des processus sociaux et les interactions qui se nouent, là, entre les multiplessociabilités populaires, construites au sein de l’espace local ou dans celui de l’usine, et la sociabilité communiste. Le choix des territoires retenus est guidé par la volonté de s’attaquer au « préjugé de la relation nécessaire entre communisme et classe ouvrière ». Ce qui exclut de revenir sur ces bastions surinvestis par les sciences sociales que sont les banlieues rouges ou autres places fortes telHalluin et incite à leur préférer quatre bassins d’emploi dont les configurations diffèrent sensiblement. L’ouvrage s’ouvre, dès lors, sur quatre monographies . la première est consacrée à ce bastion ouvrier que sont les mines de lorraine. La seconde qui traite du bocage bourbonnais permet de focaliser l’attention sur les militants ruraux d’un parti ouvrier Avec la troisième d’entre elles,consacrée à la région de Saint-Nazaire, on s’attache à une terre industrielle où les communistes sont pourtant minoritaires. Vient enfin le cas de Grenoble où es communistes qui doivent compter avec les « illusions technocratiques » véhiculées par d’aucuns sont contraints à s’affirmer sur des modes inédits. Les monographies se focalisent sur les réseaux et les échelles « où s’opèrent les interactionsquotidiennes entre profanes et professionnels du jeu politique ». Elles accordent à ce titre une place essentielle aux liens complexes que le parti et ses structures entretiennent avec les syndicats, les associations, les municipalités et montrent comment la légitimité des cadres promus et investis par le parti doit compter avec des légitimités concurrentes développées au sein de cette même...
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