Racine

1239 mots 5 pages
Racine

« Le tragique n’est jamais que ce qui semble. Toute explication le détruit. Il ne se développe que dans une atmosphère d’incertitude moyenne, excluant les solutions tranchées du hasard et du miracle. Il ne s’épanouit que dans l’ombre. Quelque chose a peut-être joué. Mais il est impossible de dire ce que c’est. Le fait de ne pas savoir est tragique en lui-même, plus tragique que si les responsabilités étaient clairement définies, et peut-être n’y a-t-il rien d’autre dans le tragique que cette ignorance ».
Introduction
Tragédie au XVIIème : « d’illustrations infortunes ». Les définition métaphysiques, qui convoquent une transcendance, ne sont attestées que postérieurement. Le dictionnaire de l’Académie 1664 évoque le tragique comme « action mystérieuse », action, donc, sur le public, par une esthétique. Ici, Scherer expose et cherche, en se référant à Aristote, les conditions de développement du tragique : « s’épanouir » (Il ne s’épanouit que dans l’ombre).
La définition est elle-même volontairement imprécise comme pour signaler le refus du recours au registre de la définition pour qualifier le tragique. Cela situe le tragique, non du côté d’une structure obligée mobilisant une référence à une transcendance (fatalité ou providence) avec laquelle une liberté serait paradoxalement aux prises, ni d’une qualification psychologique des personnages ou d’un nouage particulier de l’intrigue, mas du côté de l’effet produit, de la sensation, du sentiment. Cela est d’ailleurs homogène à l’effet esthétique/pathétique prôné par Aristote et reprise par Scherer : inspirer « terreur et pitié », à quoi se substitue ici l’effet induit du « fait de ne pas savoir », de l’atmosphère « d’incertitude moyenne ».
Signaler celle-ci, cette ignorance – en tant qu’elle est incomplète « moyenne » -, comme condition de développement du tragique, c’est postuler la présence d’un aiguillon interne qui pousse à sortir de ce « moyen », de ce « relatif », de ce vague savoir du non savoir

en relation

  • Racine
    967 mots | 4 pages
  • racine
    737 mots | 3 pages
  • Racine
    956 mots | 4 pages
  • racine
    1294 mots | 6 pages
  • Racine
    450 mots | 2 pages
  • Racine
    455 mots | 2 pages
  • Racine
    810 mots | 4 pages
  • racine
    321 mots | 2 pages
  • Racine
    547 mots | 3 pages
  • Racine
    394 mots | 2 pages