Racine

Pages: 5 (1239 mots) Publié le: 2 janvier 2012
Racine

« Le tragique n’est jamais que ce qui semble. Toute explication le détruit. Il ne se développe que dans une atmosphère d’incertitude moyenne, excluant les solutions tranchées du hasard et du miracle. Il ne s’épanouit que dans l’ombre. Quelque chose a peut-être joué. Mais il est impossible de dire ce que c’est. Le fait de ne pas savoir est tragique en lui-même, plus tragique que si lesresponsabilités étaient clairement définies, et peut-être n’y a-t-il rien d’autre dans le tragique que cette ignorance ».
Introduction
Tragédie au XVIIème : « d’illustrations infortunes ». Les définition métaphysiques, qui convoquent une transcendance, ne sont attestées que postérieurement. Le dictionnaire de l’Académie 1664 évoque le tragique comme « action mystérieuse », action, donc, sur lepublic, par une esthétique. Ici, Scherer expose et cherche, en se référant à Aristote, les conditions de développement du tragique : « s’épanouir » (Il ne s’épanouit que dans l’ombre).
La définition est elle-même volontairement imprécise comme pour signaler le refus du recours au registre de la définition pour qualifier le tragique. Cela situe le tragique, non du côté d’une structure obligéemobilisant une référence à une transcendance (fatalité ou providence) avec laquelle une liberté serait paradoxalement aux prises, ni  d’une qualification psychologique des personnages ou d’un nouage particulier de l’intrigue, mas du côté de l’effet produit, de la sensation, du sentiment. Cela est d’ailleurs homogène à l’effet esthétique/pathétique prôné par Aristote et reprise par Scherer : inspirer« terreur et pitié », à quoi se substitue ici l’effet induit du « fait de ne pas savoir », de l’atmosphère « d’incertitude moyenne ».
Signaler celle-ci, cette ignorance – en tant qu’elle est incomplète « moyenne » -, comme condition de développement du tragique, c’est postuler la présence d’un aiguillon interne qui pousse à sortir de ce « moyen », de ce « relatif », de ce vague savoir du non savoirqui est d’ailleurs le propre du mythe Œdipe. Cet aiguillon serait alors aspiration à une certitude, un absolu en tant que conjuration de l’incertain et plénitude d’un sens.
Reste à cerner l’être de cette « ignorance » que l’énoncé ne donne que les contours instables, et à voir si et comment elle joue dans Phèdre.
I/ Ce qui semble : pas de transcendance avérée
Dans Phèdre, rien ne se dénoue (rienn’est tranché) mais tout se noue et se trame de plus en plus. Pas d’instance surplombante fatale ou providentielle. Certes il y a bien du merveilleux, présence indéniable des dieux, mais s’ils ne s’abstiennent pas d’intervenir, leurs actes (vengeurs) sont doublés par une causalité rationnelle : quand ses chevaux entraînent Hyppolite à mort, il avait déjà lâché leurs rênes. Le tragique ne naîtpas, du moins pour le spectateur, du sentiment de la domination d’une transcendance assignable, nommable.
Les personnages, par leur ignorance autant que malgré leur lucidité (Phèdre) nourrissent la chaîne fatale (surtout langagière) qui les empiège et se trame, de manière immanente. Mais cette trame n’est accessible au spectateur seul, dans son tissage de déterminations qui allie hasard etnécessité, contingence et logique. Le pathos tragique (terreur et pitié) se nourrit pour le spectateur de sa « distanciation » devant l’aveuglement des personnages soumis à l’incertain et au leurre.
II/ Ce qui semble : les faux-semblants
Cet empiègement s’aggrave des faux-semblants où se prend la liberté des personnages ballottés au gré d’illusions. Ici, la théâtralité de la tragédie joue un rôle majeur.Par les règles de la bienséance (aveux à demi, « mort » de Thésée, dans le hors scène, qui s’avèrera fausse), par le fétichisme du langage, propre au théâtre où l’action est faite de mots (fétichisme, ici, de la rumeur), s’initient des malentendus qui favorisent le tragique. La contrainte des 3 unités également, imposant l’impossibilité de se soustraire au lieu clos et la précipitation...
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