Spinoza croyance

768 mots 4 pages
Si les hommes avaient le pouvoir d’organiser les circonstances de leur vie au gré de leurs intentions, ou si le hasard leur était toujours favorable, ils ne seraient pas en proie à la superstition. Mais on les voit souvent acculés à une situation si difficile, qu’ils ne savent plus quelle résolution prendre ; en outre, comme leur désir immodéré des faveurs capricieuses du sort les ballote misérablement entre l’espoir et la crainte, ils sont en général très enclins à la crédulité […] Si, par exemple, pendant que la frayeur les domine, un incident quelconque leur rappelle un bon ou un mauvais souvenir, ils y voient le signe d’une issue heureuse ou malheureuse ; pour cette raison et bien que l’expérience leur en ait donné cent fois le démenti, ils parlent d’un présage soit heureux, soit funeste. Enfin, si un spectacle insolite les frappe d’étonnement, ils croient être témoins d’un prodige manifestant la colère ou des Dieux, ou de la souveraine Déité ; dès lors, à leurs yeux d’hommes superstitieux et irréligieux, ils seraient perdus s’ils ne conjuraient leur destin par des sacrifices et des vœux solennels. Ayant forgé ainsi d’innombrables fictions, ils interprètent la nature en termes extravagants, comme si elle délirait avec eux
.

En philosophie, on distingue généralement « religion » et « superstition ». Les deux sont des croyances mais la première s’estime supérieure (vérité dite « révélée », code moral et communauté de croyants).

Le texte de Spinoza occupe une position particulière et l’élève de terminale doit bien comprendre l’originalité du philosophe. Il critique la superstition et va même jusqu’à soupçonner la religion de comporter une part de superstition. Pourtant, Spinoza fait partie des philosophes croyants (contrairement à un philosophe comme Marx qui compare la religion à « l’opium du peuple »).

Détail de l’argumentation

Dans cet extrait, Spinoza démonte les mécanismes de la superstition. Sachant qu’il

en relation

  • Commentaire de texte traité des autorités théologiques et politiques
    2042 mots | 9 pages
  • Spinoza, traité théologico-politique
    1087 mots | 5 pages
  • Spinoza, éthique, livre 1, parties 3 & 4
    1451 mots | 6 pages
  • Appendice à l'éthique de spinoza
    4505 mots | 19 pages
  • Spinoza traité théologico-politique
    963 mots | 4 pages
  • Bac philo 2012 - l
    1499 mots | 6 pages
  • explication de texte spinoza
    2806 mots | 12 pages
  • Corrige BAC L Philosophie 2012
    4205 mots | 17 pages
  • Spinoza
    958 mots | 4 pages
  • Dissertation spinoza, lettre à schuller
    3228 mots | 13 pages