Suffit-il pour être juste d’obéir aux lois et aux coutumes de son pays ?

Pages: 11 (2501 mots) Publié le: 13 février 2012
Suffit-il pour être juste d’obéir aux lois et aux coutumes de son pays ?

Cette question pose de nombreux problèmes. Premièrement, parlons nous ici de lois au sens des Nomoï grecques, c’est-à-dire à la fois lois positives, lois intérieures, et valeurs ? Parlons noux bien de coutumes au sens d’éducation ou des mœurs, des manières, des habitudes sociales, des conduites valorisées ou des modèles ?Ces lois, ces coutumes suffisent-elles pour définir la justice ? Deuxièmement, n'est-ce pas contraire à l'idéal de justice que de n'obéir qu'aux lois et coutumes de son pays ? Enfin, est-ce suffisant d'y obéir extérieurement, ou bien faut-il les appliquer avec sagesse ? La justice est une vertu politique cardinale qui repose sur l'obéissance du citoyen et du sujet aux lois et aux valeurs de sonpays ou de celui où il réside. Cette conformité est en effet un impératif premier de la justice. Le sage doit préférer subir l'injustice que la commettre (problème de la loi injuste) : tel est le choix de Socrate dans le Criton. Mais les lois et les coutumes d'un pays donné suffisent-elles à déterminer la justice en soi (problème du relativisme et de l'universel) ? Enfin, La conformité aux lois etcoutumes suffisent-elles (problème du jugement et de la bonté) ?Nous étudierons donc tout d'abord la valeur des lois et des coutumes en nous appuyant sur Œdipe, Antigone et Socrate, puis nous nous pencherons sur les Droits de l’Homme et l’Etat de Droit avec Kant et Eichmann, enfin nous verrons que le juste est au-delà des lois et des mœurs selon les principes d'équité et de charité, de jugement etde volonté.[ ]
La justice est d’abord un ordre qui repose sur des conventions.
« Obéir aux lois et aux coutumes de mon pays » est une formule cartésienne inspirée par la réflexion sceptique de Montaigne méditant l’exemple de Socrate. « Au demeurant, si c’est de nous que nous tirons le règlement de nos mœurs, à quelle confusion nous rejetterons-nous ? Car ce que notre raison nous conseille deplus vraisemblable, c’est généralement à chacun d’obéir aux lois de son pays, comme porte l’avis de Socrate, inspiré dit-on d’un conseil divin ; et par-là que veut-elle dire, sinon que notre devoir n’a d’autre règle que fortuite ? La vérité doit avoir un visage pareil et universel : la droiture et la justice, si l’homme en connaissait qui eût corps et véritable essence, il ne l’attacherait pas à lacondition des coutumes de cette contrée ou de celle-là : ce ne serait pas de la fantaisie des Perses ou des Indes que la vertu prendrait sa forme ». D’où la contradiction fondamentale que formule Platon : le sage doit à la fois réfléchir à l’idéal de la justice parfaite et obéir aux lois d’Athènes ou aux conventions du pays dont il est le citoyen.
Le héros tragique franchit une limite intangiblequi met en danger l’humanité même de l’homme, il met en péril l’ordre de la Cité et le pouvoir des Dieux. Il entre dans la sphère du monstrueux. C’est pourquoi il faut qu’il soit châtié. Pour rétablir l’ordre. C’est Œdipe et le parricide. C’est aussi Créon et Antigone. Tous deux, Antigone et Créon, sont coupables. C’est pourquoi le destin veut qu’ils meurent également. L’une viole la loi, l’autreles mœurs de la Cité, c’est-à-dire le culte dû aux morts. « Je ne croyais pas, dit-elle, que tes édits eussent tant de pouvoir qu’ils permissent à un mortel de violer les lois divines : lois non écrites celles-là, mais infaillibles. Ce n’est pas d’aujourd’hui ni d’hier, c’est de toujours qu’elles sont en vigueur et personne ne les a vues naître ».
Cette opposition est la matrice de ladistinction entre droit naturel (légitimité) et droit positif (légalité). Antigone a souvent servi à justifier l’exigence d’une justice universelle qui dépasserait les «[ ]lois et les coutumes de son pays ». Or, au contraire, c’est aux coutumes et aux mœurs profondes de son pays qu’elle se réfère. Ainsi il est facile de montrer que le problème de l’esclavage dans les colonies puis aux Etats-Unis, le...
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