A une passante, les fleurs du mal

Pages: 11 (2602 mots) Publié le: 14 mars 2011
A UNE PASSANTE

Introduction:
"A une passante" fait partie de la section des "Fleurs du Mal" intitulée "Tableaux parisiens". Ce sonnet a été publié dans l'Artiste en 1860 et a été recueilli l'année suivante dans la seconde édition des "Fleurs du Mal". Le poète de la modernité se promène dans Paris et après avoir décrit "Les petites vieilles" et "Les aveugles", il relate une rencontre quis'apparente à une scène romanesque. Comment Baudelaire rend-t-il singulier le topos de la rencontre amoureuse ? Nous mettrons en valeur de quelle façon le cadre spatio-temporel comme le cadre du sonnet révèle le bouleversement de la rencontre. Puis nous étudierons l'ambivalence de la femme inspiratrice et nous analyserons de quelle façon le locuteur met en scène la dualité de son inspiration.

I°)Le bouleversement de la rencontre

1°) Le poète face à lui-même et à la rue
Le poète nous présente un tableau parisien mais ce décor n'est pas réaliste, tout est décrit autour de la perception du locuteur comme le révèle très bien l'étude du vers 1 "La rue assourdissante autour de moi hurlait". Le poète commence son poème par une métonymie "La rue" qui contient aussi une personnification. "Larue ... hurlait" constitue un chiasme phonique, le sujet "La rue" se termine par le verbe intransitif "hurlait". Le sujet et le verbe séparé sont réunis par le même phonème (r) et (u), l'adjectif "assourdissante" se rapporte par la figure de style au poète et au lecteur par un hypallage (déplacement d'épithète). Ainsi au centre du poème se trouve le pronom personnel tonique "moi" qui est relié parle phonème (ou) à l'adjectif verbal "assourdissante".
"La rue assourdissante autour de moi hurlait" Le poète est comme encerclé par la rue.
Dès l'incipit, le poète se place au centre du tableau dans une rue introduite par le déterminant générique "la rue" qui peut se référer à n'importe quelle rue de Paris. Ce vers comporte des allitérations en (r) et des assonances en (u) et (ou) qui dans cecontexte précis imite l'atmosphère sonore et agressive de la rue. L'effet est amplifié par un double hiatus qui rend la phrase difficile à articuler et qui renforce dans ce contexte le caractère hostile de la ville.

2°) Le poète face à la femme
Dès le second vers, le rythme change pour mettre en valeur la passante et le locuteur veut faire partager au lecteur cette vision éblouissante,fulgurante (après un éclair). Le rythme des vers 2,3,4 est fondé sur un allongement très régulier qui semble épouser la marche de la passante vers le narrateur en introduisant une suspension dramatique. "Longue, mince, en grand deuil". Ainsi, c'est une sorte de mise en scène de l'entrée de la femme. En effet le poète fait précéder l'arrivée du mot femme par une énumération de 4 adjectifs ou noms opposéset dès le second vers, les 2 hémistiches "Longue ..." sont réunis comme pour nous suggérer à prononcer d'un seul tenant. "Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse"(diérèse au niveau de majestueuse, la femme est "tueuse")
Les vers 3 et 4 prolongent cet effet d'allongement par l'enjambement du vers sur le vers 4 et produisent un effet de balancement qui imite la démarche très étudiée dela passante. "fastueuse"(diérèse). Dans ce vers tout est harmonie, symétrie (soulevant et balançant, participe présent) et également par les groupes nominaux (feston et ourlet), ce qui imite les pas de la femme (harmonie imitative). Cette organisation syntaxique évoque le va et vient régulier accordé aux pas de la passante et aux mouvements de son bras guidant les ondulations de sa robe. Lemouvement semble s'immobiliser au vers 5 avec la comparaison à la jambe de statue, c'est une sorte d'arrêt sur image qui présente un tableau mental que le locuteur enfermera en lui après la disparition de la passante. Le poète locuteur dévisage la femme, subjugué par cette apparition qui le paralyse ("crispé comme un extravagant"). Cette fascination est évoquée par le verbe "boire" qui employé au sens...
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