L’action politique doit-elle être guidée par la connaissance de l’histoire ?

Pages: 13 (3205 mots) Publié le: 5 janvier 2015
L'écriture de l'histoire.


Problématique pour l'introduction :

La notion d'histoire est d'emblée marquée par une certaine ambiguité puisqu'elle désigne aussi bien l'intégralité du passé humain que la discipline visant la connaissance de ce passé. D'ailleurs, en temps que récit ayant pour but la connaissance du passé humain, la discipline historique est apparentée au dernier sens de lanotion d'histoire comme simple narration littéraire.
Ainsi, deux de ces trois significations de la notion d'histoire sont centrées sur l'idée de récit ; un récit écrit par l'homme et pour être lu par d'autres hommes. Il ne sera pas ici question de traiter la signification métaphorique de l'écriture de l'histoire. Cela reviendrait à demander quels sont les principaux moteurs de l'Histoire deshommes. Cependant, il s'agira essentiellement d'étudier ce qu'implique le fait que l'histoire soit un récit écrit par des hommes et à destination d'autres hommes.
Puisque l'écriture de l'histoire suppose que le récit soit destiné à être lu, il est fondamental de se demander également quelle est la finalité de cette écriture. Pourquoi l'historien écrit-il ? En effet, il apparaît impossible dedissocier une quelconque écriture de l'histoire du but poursuivi à travers cette écriture. Cette finalité déterminera alors la manière dont l'histoire doit être écrite.
L'idée d'écriture de l'histoire suppose d'abord une intervention de l'historien dans l'acte même d'écrire. En ce sens, l'historien a une activité proche de celle du romancier. Pourtant, la discipline historique vise une connaissancevéritable du passé humain et non une quelconque vraisemblance. Par conséquent, il est primordial de se demander quelle est la relation exacte entre l'activité d'écriture de l'historien et celle du romancier. Y a-t-il une parenté entre l'acte d'écrire de l'historien et du romancier ? Une telle parenté serait-elle entièrement néfaste à la discipline historique ? Par exemple, le fait que l'historiens'investisse dans l'écriture de l'histoire condamne-t-il la connaissance historique à n'être qu'une pseudo-connaissance frappée de subjectivité ? Il se pourrait alors que l'idée de l'écriture de l'histoire doive être abandonnée pour que l'on parle plutôt des écritures de l'histoire. Au contraire, l'écriture de l'histoire par l'historien doit-elle prétendre être radicalement différente de celle duromancier afin d'atteindre une objectivité qui serait toute scientifique ?



Plan détaillé : [comme pour le dernier devoir, j'ai essayé de m'en tenir à ce qui a été dit en cours et dans les précédents corrigés afin que vous puissiez voir comment il était possible d'agencer les différents éléments de réflexion dans une réponse progressive]


I- La nécessité d'un contrôle de la subjectivité del'historien dans l'écriture de l'histoire.

1- Une écriture vertueuse : l'épochè.

→ Une première finalité de l'écriture de l'histoire : histoire et politique.
Il y a deux conceptions envisageables du rapport entre l'histoire et la politique et cela a une grande influence sur l'écriture de l'histoire :
- l'histoire au service de la politique : le magistère civique.
- l'histoire commecompréhension du présent pour permettre une action politique éclairée.
→ Le modèle de l'école des annales : Marc Bloch et Lucien Febvre. En réaction à une conception de l'histoire au service de la politique, l'école des Annales souligne l'idée qu'une « histoire qui sert est une histoire serve ». Cette servitude de l'histoire serait en réalité une aliénation de l'écriture de l'histoire à desorientations politiques. En effet, l'historien orienterait alors ses écrits en fonction de son engagement existentiel dans la politique. L'écriture de l'histoire, loin d'être objective, serait plutôt contaminée par des jugements axiologiques subjectifs qui viendraient inhiber une véritable explication des événements étudiés.
Ex : l'analyse que fait Marc Bloch de la figure de Robespierre dans...
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