L'histoire peut elle justifier le mal

Pages: 18 (4403 mots) Publié le: 12 février 2013
• Ce sujet porte clairement sur l’histoire, entendue comme le cours même des choses humaines passées dont on suppose qu’on conserve un juste souvenir et dont la connaissance objective est possible. Il s’agit de voir que, dans la philosophie de l’histoire, celle-ci n’est pas seulement représentée comme une succession d’événements passés ayant une incidence générale sur les individus, mais commeune dynamique qui obéit à des lois nécessaires, une orientation première gouvernant constamment son développement, de telle sorte que l’avenir, aussi, de notre histoire est nécessairement lié au passé et au présent, et est donc inévitable. Il est également possible de réfléchir à l’écriture de cette histoire et à la démarche de l’historien de métier : son impartialité, son objectivité vouluevaut-elle absolution ? En bref, peut-on se faire l’historien d’Hitler ou de Staline, par exemple, en procédant d’une manière explicative qui serait, du même coup, « démoralisante », au sens propre ?

Cette perspective se trouve aussi bien dans le finalisme providentialiste (Saint Augustin ou Bossuet, e.g.), que dans le déterminisme métaphysique (Hegel) ou le déterminisme matérialiste (Marx et Engels).• Le problème est le suivant : si l’histoire a un sens défini, tout ce qui est arrivé doit être considéré comme un moyen nécessaire à l’accomplissement de la fin historique ; mais alors, n’est-on pas de la sorte amené à tout justifier et à minimiser le mal, c’est-à-dire l’injustice, les crimes individuels et collectifs, toutes les abominations commises par le passé ; mais d’ailleurs aussi,tout ce qui pourrait encore arriver à l’avenir ?


Trois étapes, pour le développement :

. Explication du problème : l’histoire comme processus.

b. Le providentialisme messianique : pour Augustin, par exemple, la chute de l’empire romain entre dans le plan universel de Dieu ; le christianisme est appelé à prendre la succession de Rome ; pour Bossuet, de même, l’histoire poursuit uneévolution qui est constituée de moments où, successivement, domine une nation, de telle sorte que, progressivement, se réalise un dessein universel divin : « ce long enchaînement des causes particulières qui font et défont les empires, écrit Bossuet, dépend des ordres secrets de la divine Providence. Dieu tient du plus haut des cieux les rênes de tous les royaumes ; il a tous les cœurs en sa main: tantôt il retient les passions ; tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain. (…) Dieu exerce par ce moyen ses redoutables jugements, selon les règles de sa justice toujours infaillible. C’est lui qui prépare les effets dans les causes les plus éloignées, et qui frappe ces grands coups dont le contrecoup porte si loin. (…) C’est ainsi que Dieu règne sur tous lespeuples. Ne parlons plus de hasard ni de fortune, ou parlons-en seulement comme d’un nom dont nous couvrons notre ignorance. » (Discours sur l’histoire universelle).




Le théisme, cependant, court toujours le risque de penser Dieu de manière anthropomorphique : on parle comme si Dieu possédait les mêmes facultés que les hommes (volonté divine, amour de Dieu pour ses créatures, etc.) ; deplus, on privilégie ainsi une croyance religieuse particulière.

c. Le déterminisme :

Hegel s’en tient à l’idée que le sens universel de l’histoire est donné par une Raison immanente qui ne fait l’objet d’aucun culte ; sa philosophie de l’histoire est sur le seul plan des réalités intérieures de la conscience et des réalités extérieures du monde, et non sur le plan de l’Au-delà et de l’ici-bas; mais, pour lui aussi, l’histoire est finalisée : elle est progrès, et précisément, progrès de la raison par rapport aux conditions initiales naturelles des hommes.
Par exemple, pour Hegel, l’apparition des Etats nationaux et centralisés représente, au regard des sociétés et des organisations politiques antérieures, un pas de plus vers la rationalisation universelle, cela se concrétisant par...
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