Y a-t-il un devoir d'être heureux ?

Pages: 5 (1226 mots) Publié le: 13 mai 2013
Y a –t-il un devoir d’être heureux ?



Comme Pascal le notait dans ses Pensées, « tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient », on retrouve aussi cette idée dans le rêve Américain qui  est l'idée selon laquelle n'importe quelle personne vivant aux États-Unis, par son travail, son courage et sa détermination, peutdevenir prospère. De plus, et c’est bien connu, dans les rêves de tous les enfants se trouve celui d’être heureux, à travers les rêves d’avoir beaucoup d’argent, un très bon travail, une jolie femme et beaucoup d’enfants. Mais, pour autant, y a-t-il un devoir d’être heureux ? Cette question présente toutes les apparences du paradoxe. Si le bonheur désigne un état de plénitude lié à la satisfactioncomplète des besoins et des désirs, pourquoi en faire un devoir ? Quel sens y a-t-il à prescrire au moyen d’un commandement moral ce qui constitue la tendance naturelle de tous les hommes ? N’y a-t-il pas contradiction à ériger un fait à la dignité d’un devoir, d’une valeur ? Par ailleurs, le bonheur n’est-il pas l’absence de cette obligation intérieure par laquelle s’exprime le sentiment de devoir ?La maxime subjective du bonheur peut-elle être universalisée ? Le bonheur semble relever de l’intérêt alors que le devoir au contraire s’en détache. Peut-on dépasser cette apparente opposition ?


I. Le bonheur ou la finalité de l’action morale


Pour l’ensemble de la philosophie antique, le bonheur est le Bien suprême parmi tous les biens réalisables. C’est pour parvenir à lui quel’homme doit réaliser l’accomplissement de sa nature qui passe par la pratique de la vertu. D’ailleurs, étymologiquement, le terme vient du latin vir qui signifie homme. On appelle eudémonisme ces doctrines qui refusant de séparer bonheur et vertu font du bonheur le Souverain Bien et de sa recherche la fin de l’action morale. Elles se situent dans une perspective téléologique.

Mais si lebonheur apparaît comme une finalité universelle, les hommes divergent quant aux moyens à utiliser pour l’atteindre. Néanmoins, la plupart des philosophes de cette époque ont établi une conjonction entre le bonheur et la vertu (Socrate notamment). La raison est ainsi au principe de la vie heureuse. La moralité est la condition du bonheur. Il y a bien un devoir d’être heureux qui correspond exactementà celui d’être moral. Dans l’hédonisme épicurien, c’est même la recherche du plaisir qui fonde la morale.

Dans les sociétés individualistes, une pression sociale semble intimer à chacun le devoir d’être heureux. Bruckner, par exemple, parlait d’une tyrannie du bonheur tant il semble contraire ay bien de ne pas être épanoui. Toutefois, c’est la consommation qui paraît tenir lieu de vertu,ce qui détourne l’être de lui même et ne comble pas ses manques essentiels.

Cette morale de l’intérêt n’est-elle a pas alors critiquable au nom de valeurs, de principes supérieurs à notre intérêt et fondant le véritable devoir ? Le désir de satisfaction peut-il fournir le fondement de la vie morale ?


II. Le décalage entre bonheur et morale


On peut douter que le bonheurpuisse constituer le fondement ou le critère de la moralité. Il n’est pas sûr, en effet, que le bien-être se règle toujours sur le bien-faire et que la vertu soit toujours récompensée. La vie nous montre souvent, au contraire, le désaccord qui peut exister entre la moralité et le bonheur tant il est vrai que le malheur s’abat parfois sur ceux qui font preuve de moralité et épargne au contraire ceuxqui se comportent mal. Le bonheur digne d’être recherché n’est sans doute pas celui vers lequel nous tendons spontanément, mais celui vers lequel nous devons tendre.

Par ailleurs, si comme le soutient Kant, l’action est morale en proportion de son caractère désintéressée - elle doit être accomplie par pur respect pour la loi morale, indépendamment de tout effet attendu ou espéré -, la...
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