Ali Baba et les quarante voleurs

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Résumé

Ali Baba et les quarante voleurs est un conte d'origine orientale souvent présenté comme faisant partie du recueil des Mille et Une Nuits. Il est traduit pour la première fois en français en 1701 par Antoine Galland. À l'origine, le conte, aujourd'hui l'un des plus populaires dans le monde, ne figurait pas aux côtés des autres contes du célèbre ouvrage.

Ali Baba est un bûcheron qui vit pauvrement dans une petite ville d'Orient. Son frère Cassim, qui a fait un riche mariage, habite la même ville. Un jour, Ali Baba est parti chercher du bois dans la forêt quand il entend une troupe de quarante cavaliers qui approche. Caché derrière un arbre, il assiste à un étrange manège : le capitaine des cavaliers descend de cheval, se campe devant un rocher au flanc de la montagne et s'exclame : « Sésame, ouvre toi ! ». Une porte s'ouvre alors devant lui et les cavaliers pénètrent dans la montagne. Sous le regard ébahi d'Ali Baba, ils en ressortent bientôt puis disparaissent dans un nuage de poussière.

Ali Baba se présente devant le rocher et prononce à son tour la phrase « Sésame, ouvre toi ! ». La porte s'ouvre alors, et Ali Baba accède à une grotte remplie de bijoux, de précieuses étoffes et de monceaux de pièces d'or. Il s’agit de la cachette d'une bande de voleurs qui viennent y dissimuler leurs butins. Ali Baba charge son âne de pièces d'or, les dissimule sous du bois, et rentre en son logis. Là, il montre son butin à sa femme et lui fait jurer de garder le secret. Cependant, celle-ci, curieuse, souhaite connaître la quantité d'or qu’Ali Baba a ramené. Elle emprunte à l'épouse de Cassim une mesure à grains ; cette dernière, intriguée, enduit le fond de la mesure d'un peu de suif. Quelle n'est pas sa surprise quand elle découvre une pièce d'or collée à la mesure. Elle révèle la choses à son mari. Aussitôt, Cassim se précipite chez Ali Baba. Il l'interroge et apprend bientôt l'existence de la grotte magique.

Il s'y rend avec la ferme intention de s'approprier les richesses qu'elle renferme. Lui aussi prononce la phrase « Sésame, ouvre toi ! » et pénètre dans la grotte. Il est ébloui par le spectacle qui s'offre à lui. Mais quand il veut quitter la place, la porte s'est refermée, et il a oublié quelle phrase permet de l’ouvrir. Bientôt, les quarante voleurs reviennent, trouvent Cassim et le tuent. Ils coupent son cadavre en quatre morceaux qu'ils laissent à l'entrée de la grotte.

Ne voyant pas son mari revenir, l'épouse de Cassim avertit Ali Baba qui court à la grotte et y découvre le corps de son frère. Il en ramène chez lui les morceaux. C'est Morgiane, la jeune esclave d'Ali Baba, qui convainc un vieil et habile savetier de recoudre le corps. Ali Baba, quant à lui, prend la femme de Cassim comme seconde épouse et s'installe dans la belle demeure de son défunt frère.

Mais quand les brigands reviennent à la grotte et ne trouvent plus le corps de Cassim, ils comprennent que leur secret a été éventé auprès d’une autre personne. Le capitaine envoie un de ses hommes à la ville pour trouver celui qui a percé le mystère de la caverne. Le voleur trouve la maison d'Ali Baba, lui appose une marque afin de la retrouver, puis court faire son rapport à son chef. Mais Morgiane a vu la marque, et elle marque toutes les maisons alentour. Impossible pour les voleurs de retrouver le logis d'Ali Baba.

Un deuxième voleur est envoyé à la ville, emploie le même stratagème, que Morgiane déjoue de la même façon. C'est le capitaine lui-même qui se rend finalement en ville et repère la bonne maison. Tout est prêt pour punir le personnage trop curieux qui a percé le secret de la grotte.

Un soir, le capitaine se présente à la porte de la maison d'Ali Baba sous les traits d’un marchand d'huile cherchant l'hospitalité pour la nuit. Ali Baba le reçoit courtoisement et fait entrer dans la cour de la maison les mules censément porteuses de trente-huit jarres d'huile. En fait, chacune de ces jarres, sauf la dernière, dissimule un des voleurs. Au signal de leur capitaine, ils jailliront de leur cachette et tueront toute la maisonnée. Morgiane découvre le stratagème quand elle cherche à prendre un peu d'huile dans une jarre, et que le voleur, à travers le couvercle, lui parle. Elle s'empare de l'huile contenue dans la dernière jarre, la fait chauffer et en arrose chaque voleur prisonnier dans les jarres. Ainsi périssent les brigands. Quand leur capitaine découvre le massacre, il n'a plus qu'à prendre la fuite. En récompense de ses services, Ali Baba libère Morgiane de sa condition d'esclave.

Cependant, la soif de vengeance du capitaine n'est pas éteinte. Il décide de se faire passer pour un marchand, se lie d'amitié avec le fils d'Ali Baba. Un soir, il est invité au logis de celui-ci. Ali Baba ne le reconnaît pas et le reçoit avec courtoisie. Mais Morgiane, elle, a reconnu le capitaine. Au cours du repas, elle exécute pour lui une danse traditionnelle, et profitant de la distraction du scélérat, lui plonge un poignard dans le cœur. Ali Baba est horrifié, mais Morgiane lui montre le poignard que le capitaine avait dissimulé et avec lequel il comptait l’assassiner. Morgiane lui a sauvé la vie pour la deuxième fois. En récompense, Ali Baba ordonne à son fils de prendre Morgiane pour épouse.

Plus tard, Ali Baba révélera le secret de la caverne à son fils, et les deux hommes sauront profiter avec modération des merveilles qui y sont accumulées.

Analyse des personnages

Ali Baba

Ali Baba: Il est le personnage principal de cette histoire. Cet homme, peu riche, avec une femme et des enfants à nourrir, coupe du bois pour subvenir à ses besoins. Alors qu'il travaillait, il entre par hasard dans la confidence d'un grand secret : la grotte magique d'une bande de voleurs. Après beaucoup de patience et de prudence, il parvient à s'approprier une partie du trésor.

Ali Baba est un homme courageux et généreux : il n'hésitera pas à donner de l'argent à son frère et à essayer de le sauver alors que celui-ci lui fait du chantage pour s'emparer entièrement du trésor des voleurs.

Cassim

Il est le frère d'Ali Baba. Contrairement à lui, il a la chance d'épouser une femme qui hérite d'un magasin prospère, faisant de lui l'un des marchands les plus riches de la ville. Cette femme qu'il a épousé est ingénieuse, car elle découvre ce que cache sa belle-famille, mais elle est aussi cupide : savoir que son mari n'est plus si riche la rendra jalouse et elle n'hésitera pas à se remarier avec le frère de son mari afin de devenir encore plus riche.

Lorsque Cassim apprend la richesse nouvelle de son frère, au lieu de se réjouir pour lui, il se consume d'une jalousie mortelle. Il décide donc d'aller lui faire du chantage, espérant ainsi pouvoir garder entièrement le butin des quarante voleurs. Mais son égoïsme et sa trop grande cupidité finiront par causer sa perte : alors qu'il voulait ramener le plus de pièce possible chez lui, il se retrouve enfermé dans la grotte magique, et, lorsque les voleurs le trouvent, il se fait tuer.

Cogia Houssain

Ce nom est le faux nom du chef des voleurs. Il emploie ce patronyme pour tenter d'approcher Ali Baba, sans éveiller les soupçons. Le capitaine des voleurs est un homme sanguinaire qui était à la tête de trente-neuf hommes, jusqu'à ce que ceux-ci soient ébouillantés pour Morgiane. Il dirige ses troupes d'une main de fer et n'a qu'une seule parole : il tue ainsi deux de ses hommes car ils ont échoué dans leur mission. Il n'hésite pas non plus à découper Cassim en plusieurs morceaux pour les disposer dans sa grotte et ainsi effrayer d'éventuels visiteurs. Suite à plusieurs tentatives infructueuses pour récupérer son honneur et protéger son secret en tuant Ali Baba, il finit par être poignardé par Morgiane, qui le reconnaît et protège son maître en l'éloignant du danger représenté par Houssain

Morgiane

Elle était l'esclave de Cassim, le frère d'Ali Baba. Cette jeune femme est très ingénieuse et fiable. C'est elle qui permettra par plusieurs fois à Ali Baba de rester en vie. Elle trouve tout au long du livre, d'ingénieux stratagèmes pour démasquer et tromper les voleurs et pour faire passer pour naturelle, la mort de Cassim. A la mort de ce dernier, elle suit sa maîtresse et devient l'esclave d'Ali Baba.

En apprenant de quels pièges elle l'a sauvé, il décide de lui rendre sa liberté. Et alors, qu'elle lui sauve la vie pour la dernière fois en tuant son ennemi, notre héros décide de lui donner son propre fils en mariage. La véritable héroïne du conte, c'est elle ; mais sa modestie l'empêchera de vanter ses mérites.

Analyse des axes de lecture

Le genre du conte

Dans Ali Baba et les quarante voleurs, les aspects du conte sont bien respectés : l'histoire commence par une ouverture « Dans une ville de Perse», et se termine par une fin heureuse « [ils]vécurent dans une grande splendeur et honorés des premières dignités de la ville ». L'histoire se déroule principalement dans la maison du héros, Ali Baba, et dans la grotte des voleurs ; ce sont les deux lieux clés de l'histoire présentée. Il y a présence de l'élément magique qui permet de faire de cette histoire un conte et non une nouvelle : la grotte magique, qui ne s'ouvre et ne se ferme que si la bonne phrase est prononcée.

On retrouve également la morale, indispensable au conte : ici, il y est fait une critique de la cupidité, de l'avarice, de la vénalité à travers trois personnages différents. En effet, la cupidité sans cesse plus grande de Cassim va l'amener à en vouloir toujours plus, jusqu'à ce que cela lui joue un tour et finisse par lui ôter la vie. Il en va de même pour l'avarice dont font preuve les voleurs, qui tuent et torturent pour amasser une grande fortune dont ils gardent jalousement l'existence, et qui finiront pour la plupart ébouillantés tandis que le chef se fera poignarder par Morgiane. Enfin, c'est à cause de sa vénalité que la femme de Cassim va perdre son mari, car elle va le pousser à voir de combien est grande la fortune de Ali Baba. Parmi les trois, elle sera la seule à ne pas être punie de mort par son défaut.

Ainsi, Ali Baba et les quarante voleurs est bien un conte.

Les mille et une nuits

Le recueil des Mille et une Nuits regroupe des contes populaires, enchâssés les uns dans les autres par un processus de miroir, c'est à dire qu'il y a un conte, dans un conte et ainsi de suite. Ces contes sont écrits en arabe et proviennent en général de Perse ou d'Inde. Le récit des Mille et une Nuits raconte l'histoire d'un sultan, Shahryar, qui, déçu d'avoir été trompé par sa femme, décide de tuer chacune de ses nouvelles épouses au réveil. Pour échapper à ce triste sort, Shéhérazade, fille du grand vizir, raconte à son époux une histoire, en s'arrangeant toujours pour laisser du suspense de façon à ce qu'il repousse le moment de son exécution pour entendre la suite du récit. Le titre vient du fait que c'est au bout de mille et une nuits que le sultan renonce à tuer sa femme, car elle a réussi à gagner sa confiance. Les différents contes mis dans ce recueil utilisent des registres variés, allant du registre populaire au registre plus littéraire.

Parmi ces contes, on rencontre celui d'Ali Baba et les quarante voleurs, vingt-quatrième histoire du livre (même si le doute subsiste quant à sa présence dans l’oeuvre originale). L'histoire débute avec la voix de Shéhérazade, ce qui montre donc bien l'inclusion de ce récit dans le recueil. Les coutumes et les religions qui sont évoquées à l'intérieur proviennent de Perse: c'est ainsi que le narrateur justifie la possibilité pour Ali Baba d'épouser la veuve de son frère alors qu'il a déjà une femme.

Ali Baba et les quarante voleurs est donc un échantillon de ce que présente le recueil des Mille et une nuits. A travers le folklore arabe, les us et coutumes pratiqués nous sont dévoilés, donnant ainsi un cadre plus réaliste à l'histoire, et permettant au lecteur un voyage, une immersion dans une culture dont il peut tout ignorer.

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Dissertation à propos de Ali Baba et les quarante voleurs