Animadversiones

par

Résumé

Animadversiones est une œuvre  du célèbre philosophe allemand du XVIIème siècle Gottfried Wilhelm Leibniz, communément appelé Leibniz. Il convient de préciser que Leibniz a travaillé dans le champ de nombreuses disciplines telles que les mathématiques, les sciences, la logique, mais aussi le droit, la littérature dans son ensemble, ainsi que la philologie (linguistique historique, évolution de la langue selon les époques), la politique, la diplomatie.

Il écrivit en plusieurs langues, que ce soit en allemand, en latin ou même en français. Animadversiones est un ouvrage qui fut rédigé en langue latine, et publié en Allemagne au cours du XVIIème siècle.

Le mot animadversiones qui sert de titre à l’ouvrage est un mot latin dont l’étymologie provient des mots anima et adversio, qui mis ensemble signifient « la mise en pratique de l’esprit », l’application, mais aussi le fait d’attirer l’attention sur quelque chose pour émettre des reproches à son encontre. C’est ce second sens que l’on peut retenir, étant donné que Leibniz formule des observations et des critiques relatives aux travaux d’un autre mathématicien et philosophe avant lui, à savoir Descartes (1596-1650), de la génération précédente. Son œuvre publiée en France fut d’ailleurs sous-titrée Remarques sur la partie générale des principes de Descartes, soulignant le travail de critique de la part du philosophe allemand. Par ailleurs, Leibniz critiquera aussi les travaux de Spinoza ou de Locke.

Il travaille dans cet ouvrage sur l’inconscient et la vérité, en reprenant et en commentant la célèbre citation de Descartes et de son idéalisme : « je pense donc je suis » ou « cogito ergo sum ».

En effet, il commence par s’interroger sur la vérité, en se demandant quelles vérités il convient de privilégier, et lesquelles Descartes a oubliées : « Descartes a très bien signalé que la proposition : “je pense, donc je suis”, est une des vérités premières », mais Leibniz lui reproche de ne pas avoir pris en compte d’autres vérités du même ordre, du même niveau, qu’il a négligées en se focalisant trop sur la première qu’il a énoncée. Descartes estimait que l’on ne pensait qu’à des fins de méditation, et pour découvrir le monde autour de soi. Il n’existe ainsi qu’une vérité, et son contraire. Leibniz s’y oppose et cite entre autres des auteurs tels qu’Aristote ou Platon. Il se demande ainsi si ce cogito ergo sum est la seule vérité, la seule certitude sur laquelle on peut se baser, ou s’il en existe d’autres, que Descartes n’a pas énoncées.

Il met par exemple en avant le principe d’identité, qui reviendrait exactement au même que le principe de contradiction. Il distingue par là même les vérités de fait et les vérités de raison, ainsi que les idées qui peuvent constituer l’entendement humain.

Leibniz pose ainsi la question de la conscience de soi-même, en se demandant s’il ne peut, par cette conscience de soi, dégager d’autres certitudes. En effet, Descartes voyait la conscience comme intérieure, intrinsèque, tandis que Leibniz la présente comme étant en lien avec le monde extérieur, et étant ainsi influencée par le monde, l’environnement de chacun.

À travers cette critique, Leibniz s’évertue à dégager d’autres vérités, d’autres certitudes, en se demandant chaque fois si ces vérités sont « premières », ou si leur point de départ est ailleurs, afin de rechercher d’autres vérités, et ainsi aller au-delà de la thèse de Descartes, en élargissant le champ des vérités premières, par le biais de la conscience, en lien avec le monde qui nous entoure.

Leibniz ne s’oppose pas de front avec la thèse de Descartes, mais estime qu’il convient d’en élargir le champ, le cogito ergo sum n’étant pas la seule vérité première de toutes choses, mais faisant partie des vérités premières au rang desquelles on peut en trouver de nombreuses autres.

Leibniz reprend la définition de la vérité en partant d’un point de vue général. Il oppose la vérité de fait et la vérité de raison en reprenant Aristote ; la logique issue de la pensée et de la structure de l’esprit de chacun produit des assertions vraies et vérifiables pour toujours, ne dépendant ni de la réalité ni d’autres vérités pour être vraies, gardant une certaine autonomie. Le contradictoire est le fait contraire à cette vérité, qui est quasi absolue.

À côté de cela, il retient les vérités « dépendant du temps, des époques », qui peuvent être vraies à un endroit, un temps, pour une personne, et changer au cours du temps, des lieux etc., et l’on peut aisément prouver l’inverse de ce que ces vérités affirment. Selon Leibniz, la seule vérité de raison se trouve dans le contradictoire, ce qui exclut de fait les vérités dépendant du monde et du temps, qui par nature changent souvent.

Les vérités de fait premières sont impossibles à réunir sous une seule vérité, que Leibniz lie à la conscience, car l’on peut avoir conscience de soi-même, de penser, et des pensées diverses qui nous traversent, impossibles à regrouper sous une vérité unique. En effet, on peut penser une énorme quantité de choses différentes, ce qui exclut d’avoir une seule pensée, qui se modifie trop rapidement d’ailleurs. Il estime ainsi que toutes les pensées ont un contenu, et voit dans les consciences une sorte de pensée.

Le cogito ergo sum est ainsi vérifié, car à partir du moment où l’on pense, on a conscience de soi, mais cette vérité n’est qu’une vérité première, que Leibniz estime même simple vérité de fait, car on est conscient de penser, des pensées très diverses et variées, ce qui exclut de recourir à la vérité unique et première.

Il relègue le cogito ergo sum à une pensée de départ, afin de connaître le réel et d’appréhender la réflexion. La conscience, qui peut se retrouver dans toute réflexion, est complexe et diverse – « je suis affecté de diverses manières » – et elle est à l’origine de l’intention des actes de chacun ; Leibniz trouve là la source des agissements, et donc l’intention de l’homme qui agit sur son environnement, et partant la causalité entre l’action et les idées. 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >