Coup-de-Fouet

par

Résumé

Coup-de-Fouet, publié en 2006, est le deuxième roman de Bernard du Boucheron. Le livre relate l’histoire du triangle amoureux que forment Hugo de Waligny, Coup-de-Fouet et Aella. On les retrouve à différentes époques avant, pendant et après la guerre.

 

La première partie s’intitule « Fièrement, Cheval ». Dans le premier chapitre, qui est une scène d’introduction, le Comte interroge Jérôme Hardouin, surnommé « Coup-de-Fouet », sur sa blessure au visage. Ce dernier explique qu’il a été blessé par une branche en faisant le tour du bois à cheval avant le début de la chasse pour repérer les animaux. Chaque homme présent rapporte au Comte ses observations quant au gibier qu’il a vu. Le chapitre se termine sur cette phrase énigmatique : « Mais Coup-de-Fouet n’avait pas dit la vérité ».

 

Le second chapitre s’ouvre sur la présentation de Diamant Noir, un petit cheval nerveux, craint de tous, qui n’a de respect que pour un autre cheval nommé White Surrey. Seul le lieutenant Hugo de Waligny, un hussard dont la devise est « À la gloire de la patrie et des femmes », ose encore le monter et le faire travailler. Un jour, et après plusieurs séances de travail où il se servait de planches de bois disposées au sol, il a l’idée d’emmener le cheval sur un chemin de fer. Il calcule l’heure de passage du train et lorsque celui-ci arrive, il lance le cheval dans le tunnel, ne sachant pas s’il va bien réagir et donc s’ils vont réussir à échapper à la locomotive. Et ça marche. Diamant Noir a relevé le défi, Waligny a réussi son pari.

 

Dans le troisième chapitre, Waligny est à la chasse avec Diamant Noir, qui est intenable. Tous les chasseurs regardent le cheval et son maître qui n’arrive pas à le tenir avec un air sévère de jugement. Mais le lieutenant est surtout attristé par le regard d’une femme qui lui plaît. Waligny et son cheval se lance ensuite dans une course effrénée derrière une proie, qui se termine dans un torrent. Diamant Noir panique, manque de se noyer ; son maître voudrait le punir mais finit par le calmer et par l’aider à remonter sur la rive. À cet instant ils sont rejoints par la femme cavalière qui propose au lieutenant de lui tenir son cheval pendant qu’elle se rafraîchit. Commence alors un jeu de séduction mais la scène se termine sur ces mots de la cavalière : « Monsieur le lieutenant impertinent, je ne serai jamais à vous. »

 

La chasse reprend dans le quatrième chapitre et une fois de plus ce sont Waligny et Diamant Noir qui sont les premiers à poursuivre une proie. Le cerf se défend, les chiens en font les frais. Il est enfin temps d’abattre l’animal. Coup-de-Fouet se propose mais le Comte et la femme cavalière, surnommée « Reine des Amazones », lui préfèrent le lieutenant. Ce dernier s’exécute, non sans mal, dans une dernière lutte aquatique avec l’animal. Sortant de l’eau, Waligny s’étonne que l’Amazone soit partie avant la fin du combat. Plus tard, celle-ci l’invite à venir prendre le thé ; la mère de la jeune femme est présente. À cette occasion on apprend que l’Amazone s’appelle en fait Aella. En se promenant au jardin avec le lieutenant elle lui avoue qu’il a fait bonne impression à sa mère, qui cherche à la caser. Mais la fille est plus farouche et piquante que la mère, et demande au lieutenant s’il est riche. En rentrant elle s’exclame : « Mère. […] Il est pire que pauvre : il n’est pas riche. »

 

Dans le cinquième chapitre on suit Rafale, une chienne à la tête de la meute depuis la perte de Révolte. On la suit dans sa traque solitaire d’un cerf ; elle le pourchasse sans relâche mais lorsqu’elle le retrouve enfin, des « yeux fauves » se dessinent dans l’ombre. Dans le sixième chapitre, on rapporte au Comte que Rafale est perdue depuis une semaine et que Waligny a pris la liberté d’aller à sa recherche. Ce dernier arrive le jour de la chasse avec la chienne blessée sur les épaules et informe le Comte qu’il croit qu’elle a été attaquée par un loup.

 

Dans le septième chapitre, Waligny et Diamant Noir sont eux-mêmes attaqués par le loup, à l’évidence enragé. Ils réussissent à s’en défaire et se dirigent vers la maison de Coup-de-Fouet. Il semble n’y avoir personne lorsque tout à coup le lieutenant entend du bruit. Il surprend alors Aella et Coup-de-Fouet dans leurs ébats. L’Amazone prend la fuite et Waligny, en colère, donne des coups de fouet à Jérôme Hardouin, dont un qui le marque au visage. C’est donc de cette façon qu’il a été blessé.

 

Dans le huitième chapitre, on retrouve Waligny et Coup-de-Fouet à la chasse avec le Comte. Tous deux se lancent le défi de tuer le cerf qu’ils pourchassent le premier. Mais au moment de porter le coup fatal à l’animal, ils tournent leurs armes l’un vers l’autre. Le cerf, en leur donnant un coup, les empêche de s’entretuer. Est fait ensuite le récit de la curée, à la fin de la chasse, interrompu par un autre racontant comment Coup-de-Fouet a recueilli et élevé une biche. Lors de la curée, la biche sort de son enclos et le lieutenant, l’apercevant, est indigné par sa présence aux côtés des chiens. Mais Coup-de-Fouet estime que cela ne le regarde pas. Voilà donc un autre point de discorde entre eux. Coup-de-Fouet est rejoint par l’Amazone dans la cuisine, qui lui donne une pièce. Dans le chapitre neuf, on apprend que la biche a fini par s’évader.

 

Dans le dixième chapitre, Waligny relate ses courses à l’hippodrome. C’est l’été 1912, il monte différents chevaux avec plus ou moins de réussite, jusqu’à sa dernière course où il décide de monter Diamant Noir. Malheureusement, lors de cette ultime course, le lieutenant chute et se blesse gravement. Alors qu’il est en convalescence, il a la surprise de recevoir la visite de Coup-de-Fouet. Ce dernier est enragé parce qu’il croit que c’est de la faute de Waligny si sa biche s’est échappée. Le Lieutenant a du mal à comprendre la tendresse qu’il éprouve pour une simple biche. Il est également surpris par la venue de l’Amazone. Mais visiblement, leur entente n’est pas au beau fixe. On assiste, dans le onzième chapitre, à leur entrevue. Aella, qui a parié sur Diamant Noir et qui a perdu beaucoup d’argent, souhaite que le lieutenant paie ses dettes. Waligny refuse, ou demande des contreparties, ce à quoi la jeune femme répond par une gifle avant de s’en aller.

 

La chasse reprend dans le douzième chapitre avec deux équipages et deux animaux à chasser. Une nouvelle demoiselle, surnommée Mlle Hallali, fait son apparition. Le premier équipage s’élance à la poursuite d’un cerf mais un homme est gravement blessé en voulant le tuer. C’est finalement Waligny qui l’abat. Le lieutenant se dirige ensuite vers l’autre équipage avec Diamant Noir lorsque l’animal se retrouve la patte prise dans un piège. Le cavalier cherche à l’achever mais a perdu son couteau au milieu des ronces. À ce moment là, Coup-de-Fouet arrive à son secours et le lieutenant lui demande de tuer le cheval. Mais il n’est pas d’accord. Contrairement à Waligny, Hardouin estime que le cheval peut encore être sauvé et propose un marché : s’il réussit à le sauver, alors Diamant Noir est à lui.

 

Dans le dernier chapitre de cette première partie, il est encore question de chasse. Mais cette fois-ci des hommes manquent, appelés par la guerre qui a commencé. Coup-de-Fouet, lui, est encore là.

 

La deuxième partie de Coup-de-Fouet est intitulée « Son Épée de Philippes ». Coup-de-Fouet est lui aussi appelé pour faire la guerre dans le premier chapitre ; il est sous les ordres de Waligny. On y parle de la guerre et de ses horreurs, du désespoir des soldats ; un certain Damien par exemple finit par se suicider à la fin du chapitre.

 

Lors d’une journée de repos, Waligny est invité chez Mlle Hallali, où il retrouve la compagnie d’Aella surnommée « l’effrayante Castellblanch ». On apprend, lors d’une conversation avec cette dernière, que le lieutenant est quelque peu jaloux des talents pour la guerre de Coup-de-Fouet, celui-là même qui lui a pris Diamant Noir. Le cheval, remis de sa blessure, sert désormais au combat. Waligny renouvelle la proposition de mariage qu’il a faite à l’Amazone. Il la menace à demi-mot de répandre la rumeur de ses amours honteux avec Coup-de-Fouet si elle n’accepte pas. Mais loin de se laisser démonter, elle propose à son prétendant d’aller rejoindre Mlle Hallali, qui contrairement à elle, semble être sensible au charme du lieutenant.

 

Dans le troisième chapitre les hommes sont de nouveau à la guerre. Waligny a désormais le commandement de deux pelotons, et il a fait de Coup-de-Fouet son second. Dans le quatrième chapitre le lieutenant et Hardouin discutent d’une stratégie pour atteindre le lieu vers lequel ils se dirigent. Coup-de-Fouet part en éclaireur avec Diamant Noir. Plus tard ils réussissent à capturer des Allemands. Waligny les interroge pour savoir où sont les autres mais ils ne répondent pas, faute de parler la même langue. Le lieutenant, contre l’avis de Coup-de-Fouet, les exécute.

 

Dans le cinquième chapitre, la troupe avance vers le « Chemin des Gâteaux », lieu tristement célèbre où les cadavres français s’entassent. Waligny déploie son plan. Il envoie Coup-de-Fouet en éclaireur pour tuer les gardes allemands à l’entrée d’un tunnel. Sa troupe emprunte ensuite le tunnel qui passe sous les positions allemandes. Les Allemands seront ainsi surpris d’être attaqués par ce côté. Mais la manœuvre est risquée car le peloton de Waligny risque de se faire repérer. À la fin de cette seconde partie ils arrivent au bout du tunnel.

 

La troisième et dernière partie s’intitule « Serpent du Vieux Nil ». Le premier chapitre s’ouvre sur une lettre datée de 1922 adressée à Aella devenue Madame la Vicomtesse de Waligny. Un homme lui écrit pour lui faire savoir qu’il détient des informations sur son mari et il lui propose de se retrouver dans un café, ce qu’elle accepte. L’homme, un certain monsieur Jourdain, explique à l’Amazone que Waligny aurait menti sur ce qu’il a fait pendant la guerre. Aella conteste et affirme que son mari l’a entretenue sur son parcours, notamment sur le fait qu’il est tombé malade, mais son interlocuteur renchérit. Il lui propose d’aller rendre visite à un certain médecin-commandant Delafoi en ajoutant : « ce qu’il ne vous dira pas vous mettra la puce à l’oreille ».

 

Le second chapitre nous emmène dans un hôpital psychiatrique. On y suit un homme qui s’avère être Waligny. C’est encore la guerre et il n’est pas encore marié. Il est là, enfermé, et seule la sœur Marie-Mélanie vient lui rendre visite.

 

Dans le troisième chapitre, Madame de Waligny suit les recommandations qui lui ont été faites et rencontre de docteur Delafoi. Celui-ci sait que Waligny était en hôpital psychiatrique mais refuse de le révéler à sa femme. Il lui assure, qui plus est, que sa maladie ne risque pas de revenir, sans préciser de quoi il s’agit. Celle-ci décide alors de retrouver sœur Marie-Mélanie, ce qu’elle fait. Mais la sœur ne lui en apprend pas plus, trop tourmentée par ses regrets de n’avoir pas assez fait pour le Lieutenant.

 

Dans le quatrième chapitre, on assiste à la réunion d’un lieutenant, d’un major et d’un commandant qui doivent statuer sur le cas d’un homme. Ils doivent le juger pour savoir s’il est responsable de ses actes ou s’il est sous le coup de la folie et s’il doit, oui ou non, être puni pour ce qu’il a fait. Ils décident de l’envoyer deux ans dans un hôpital psychiatrique. On comprend qu’il s’agit de Waligny avant son internement.

 

Dans le cinquième chapitre, Aella rend visite à la mère de Coup-de-Fouet. On apprend que Coup-de-Fouet est mort, tué par des Allemands dans un tunnel. Elle dit que tout le peloton qui était avec lui a aussi été tué. Aella, intriguée, a fait de longues recherches, adressé d’innombrables courriers pour connaître exactement les circonstances de cette affaire. Mais personne n’a voulu lui répondre, tout le monde trouvait toujours un prétexte pour ne pas lui apprendre la vérité et pour garder l’affaire secrète, jusqu’au jour où elle reçut une lettre adressée à Mme de Waligny de la part d’un capitaine allemand présent « le jour du tunnel ». Il lui explique que les Français se sont retrouvés pris au piège car les Allemands les attendaient à l’autre bout du tunnel avec une mitrailleuse. Tous les soldats sont morts, tous sauf un qui s’est lâchement échappé. Coup-de-Fouet a été abattu avec les autres mais se sera fièrement battu jusqu’au bout.

 

Dans le sixième chapitre, Waligny et sa femme sont en Italie. Cette dernière insiste pour que son mari lui montre les endroits où il s’est (soi-disant) battu. Mais celui-ci refuse, prétextant ne pas avoir envie de revenir sur les lieux. Aella n’aime rien des endroits qu’ils visitent et l’entente entre les deux époux n’est pas des meilleures.

 

Dans le septième chapitre on retrouve Aella stupéfaite de voir Waligny s’occuper du jardin lui-même. Elle lui demande si c’est à cause de leur manque d’argent que son mari a renvoyé leur jardinier. Mais selon lui, il n’est en rien. C’est à cause des attentions quelque peu ambiguës du jardinier à l’égard de leur petite fille de cinq ans qu’il l’a congédié. Aella reproche à son mari de ne pas beaucoup aimer leur fille, ce à quoi il répond qu’il doute d’en être le père et il finit par reprocher à sa femme un train de vie et des dépenses qu’il ne peut couvrir. La relation entre les deux époux devient encore plus conflictuelle, ils n’ont même plus de « transactions charnelles ». Aella se refuse à son mari et enfonce le clou en vantant les mérites de Coup-de-Fouet pour ce genre de choses. Un jour, elle entre en cachette dans la bibliothèque de son mari. Elle ouvre le coffre-fort, regarde ses papiers quand « quatre mots lui éclatèrent à la figure ». Le récit de cette visite dans la bibliothèque s’interrompt pour se lancer dans celui de la dévotion extrême de Waligny. Un jour, alors que la famille prie, Aella invoque sainte Prudence. Waligny l’interrompt fou de colère et dit : « sainte Prudence, comme son nom l’indique, c’est la patronne des lâches, et il y a quelqu’un ici qui vit sous sa protection ». Plus tard, alors qu’il est au jardin, Waligny est rejoint par ses deux filles. La plus grande demande à son père ce qu’est « une jolie guerre » car sa mère lui a raconté qu’elle connaissait quelqu’un qui en avait fait une. Et, alors que les domestiques s’occupent des petites, Waligny demande des comptes à sa femme et elle lui avoue être au courant du fait qu’il a abandonné lâchement Coup-de-Fouet.

À son anniversaire, Waligny découvre parmi ses cadeaux un dessin de sa fille, et même si elle ne le sait pas, il est clair que cela représente le lâche qu’il est. Sa femme lui offre une arme chargée.

 

Dans le huitième chapitre on assiste à une scène entre le rédacteur en chef d’un journal et ses deux employés. Ils cherchent des éléments prouvant que Waligny a échappé à une « condamnation à mort pour abandon de poste devant l’ennemi ». Celle qui leur a raconté l’histoire et qui veut en apporter les preuves pour l’inculper n’est autre qu’Aella de Waligny. Mais il semblerait ensuite qu’elle ne veuille plus fournir ces preuves.

 

Dans le dernier chapitre, Waligny est parti à cheval lorsque les journalistes viennent rendre visite à sa femme. Ils veulent voir les preuves dont elle leur avait parlé au départ, mais elle refuse. Waligny rentre de balade et les aperçoit. Le livre se conclut sur cette phrase : « Revolver d’importation belge (Fabrique Nationale, Herstal-Lez-Liège, modèle 1907, matricule 97226) », laissant au lecteur le soin de comprendre ce que Waligny a fait avec cette arme.

 

Ainsi se termine le roman Coup-de-Fouet de Bernard du Boucheron, dans lequel l’auteur fait le récit de parties de chasse parfois violentes, raconte les horreurs de la guerre, mais aussi la violence des rapports humains illustrée par le triangle amoureux que forment Hugo de Waligny, Coup-de-Fouet et Aella. 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >