Essai sur l'origine des langues

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Résumé

Chapitre I

Rousseau commence son essai en donnant la langue comme ce quipermet de distinguer l’homme de l’animal et les hommes entre eux. Une questionsurgit : comment se fait-il qu’en tel lieu on parle telle langue et pasune autre ? Rousseau propose de répondre à la question, et son postulatsemble être essentialiste : si en tel lieu on parle telle langue et pasune autre, c’est que cette langue découle naturellement du lieu. En effet, lacréation de la langue est purement intuitive – il s’agit de trouver un codecommun pour entrer en communication avec ses pairs. De fait, sa création seraitrivée aux corps des parleurs, et donc bel et bien naturelle.

Rousseau identifie deux manières de communiquer : lapremière par le mouvement, le geste, l’image – tout ce qui implique l’œil – etla seconde par la voix. Il entreprend d’abord de souligner l’efficacité de lapremière manière avec de nombreux exemples, et en regrettant qu’en Europe legeste se soit progressivement transformé en gesticulation. La voix, par contre,est plus efficiente quand il s’agit de déchaîner les passions del’interlocuteur. Exemple : quand nous voyons quelqu’un souffrir, cela nenous atteint pas tout à fait ; mais dès lors qu’il formule sa douleur,l’empathie peut s’enclencher. C’est sur ce processus, précise Rousseau, quefonctionnent les tragédies.

Rousseau note que l’homme, animal social, est un être qui parnature tient à communiquer. Ainsi, si les manières de communiquer détailléesplus haut n’étaient pas possibles physiquement, il en trouverait d’autres.Rousseau souligne qu’il existe aussi de la communication chez les animaux, parexemple les fourmis ou les abeilles, mais il y a une différence majeure :leur langage est entièrement inné, et en ce sens il n’évolue pas, est identiqueet uniforme chez tous les animaux d’une espèce donnée. Ce n’est évidemment pasle cas pour les hommes.

 

Chapitre II

Rousseau récuse l’opinion courante : les hommes auraientdéveloppé la langue pour obtenir plus simplement la satisfaction de leursbesoins. Il pense que la langue a surgi d’abord pour la formulation despassions. Par exemple, pour contenter sa faim, l’homme n’a pas besoin de  convaincre le fruit de se laissermanger ; en revanche, pour séduire ou supplier quelqu’un, il faut recourirà la voix.

 

Chapitre III

Comme la langue découle des passions, Rousseau conclut que lalangue a d’abord eu un sens figuré au lieu d’un sens propre. Il prend pourexemple un homme qui croise un autre homme beaucoup plus grand et plus fort quelui – il l’appelle « géant ». Mais à force d’expérience, il se rendcompte que cet autre homme n’est pas un être extraordinaire, qu’il estsimplement un peu plus robuste que lui. De là, il crée un autre mot pour ledésigner – « homme » peut-être – et il garde le mot« géant » pour la réalité qu’il a cru désigner par ce mot.

 

Chapitre IV

Rousseau essaie de décrire à quoi ressemble concrètement lalangue primitive. Il suppose qu’elle serait peu articulée, car l’articulationdemande un effort considérable, et qu’elle est très rythmée, pleine d’accentset de sons. Elle comporte aussi, puisqu’elle sert à formuler les sentiments àl’égard des choses et non pas les choses elles-mêmes, beaucoup de synonymespour un même objet.

 

Chapitre V

Rousseau distingue trois types d’écriture, quicorrespondraient à trois états d’avancée dans la civilisation :premièrement, l’écriture par dessins pour les peuples sauvages (par exemple, del’Égypte ancienne) ; deuxièmement l’écriture par signes pour les peuplesbarbares (par exemple, ceux la Chine) ; enfin l’écriture par alphabet pourles peuples évolués (par exemple, ceux de la France). Dans la suite duchapitre, il s’affaire à nuancer quelque peu ces distinctions, en montrant quela hiérarchie n’est pas si nette qu’il l’a dit. Par exemple, il existe despeuples évolués qui écrivent par signes. Rousseau considère enfin l’écriturecomme une altération de la langue parlée. La première tuerait le génie de laseconde en empêchant la souplesse et l’expressivité.

 

Chapitre VI

Rousseau cherche à démontrer qu’Homère ne savait pas écrire,que ses épopées sont la transcription d’un chant et qu’il faut uniquement lesconsidérer en tant que tels.

 

Chapitre VII

Rousseau démontre que les langues modernes européennes nesont pas des langues musicales, et qu’en un sens elles ont perdu quelque chosede l’expressivité des langues primitives. Il remarque la non-musicalité dufrançais en essayant de dire les mêmes mots, mêmement accentués, accompagnéspar plusieurs musiques différentes. Comme l’harmonie survient à chaque fois, ilen déduit que le français n’est pas musical : « Toute langue où l’onpeut mettre plusieurs airs de musique sur les mêmes paroles n’a point d’accentmusical déterminé. Si l’accent était déterminé, l’air le serait aussi. »

 

Chapitre VIII

Rousseau rompt enfin le propos général pour en venir aufait : l’origine des différentes langues. Il précise avant toutl’importance du climat dans la constitution des langues, en rappelant quel’homme a d’abord émergé dans les pays chauds.

 

 

Chapitre IX

Rousseau décrit le long processus de création des languesméridionales. C’est l’occasion pour lui de développer des raisonnements quirappellent son ouvrage le plus célèbre, Du contrat social : ildresse en effet une histoire de l’homme qui va de l’état de nature à lacivilisation, avec ce que tout cela implique de gain et de perte. Les peuplesméridionaux semblent d’ailleurs stagner dans un état intermédiaire, quiexplique les caractéristiques de leurs langues.

 

Chapitre X

Rousseau s’attarde maintenant sur la constitution des languesdu Nord. La différence majeure vient, comme il l’a annoncé plus haut, duclimat. Dans les régions méridionales, il fait chaud et les passions sontvoluptueuses. Dans les régions du Nord, il fait froid, la vie est donc plusdure, et les passions ne sont que des besoins primaires.

 

Chapitre XI

Rousseau conclut sur ce sujet et remarque que, de fait, leslangues du Nord se plient mieux à l’écrit que les langues méridionales.

 

Chapitre XII

Rousseau démontre que la musique découle d’une certainepratique primitive de la langue, et constate encore une fois une certainedéficience des Européens modernes à ce niveau.

 

Chapitre XIII

Rousseau insiste sur l’importance, en musique, de la mélodie– qui serait l’équivalent du dessin pour la peinture. À ses yeux, la musique neconsiste pas seulement à « combiner des sons d’une manière agréable àl’oreille », mais aussi à imiter la nature, par le biais de la mélodie,qui mime les modulations de la voix.

 

Chapitre XIV

Rousseau, pour appuyer son propos sur la mélodie, démontrel’insuffisance des harmonies pour capter l’attention des auditeurs.

 

Chapitre XV

Rousseau montre que la puissance de la musique ne découle pastant de son unique sensualité que de sa capacité à évoquer la morale.

 

Chapitre XVI

Rousseau condamne une analogie courante qui consiste àcomparer les sons aux couleurs. Dans une démarche presque sémiotique, ils’attache à démontrer que la musique et la peinture déploient des enjeux quisont propres à leur matière, et ne peuvent pas se réduire l’un à l’autre.

 

Chapitre XVII

Rousseau explique que les musiciens qui ne considèrent pasles effets moraux de la musique, qui privilégient l’harmonie à la mélodie, sontnéfastes à l’art musical.

 

Chapitre XVIII

Rousseau démontre, avec moult vocabulaire technique, que lesystème musical grec antique était très différent du système musical françaismoderne.

 

Chapitre XIX

Rousseau explique comment on est progressivement passé, enmusique, d’une prédominance de la mélodie à une prédominance de l’harmonie. Delà il conclut que la musique est, au moment où il écrit, dégénérée.

 

Chapitre XX

Rousseau clôt son essai en démontrant qu’il y a unecorrespondance entre la corruption de la langue et de la musique, et lacorruption de l’homme civilisé, au temps de la force publique. 

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