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Evangile selon Luc

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Saint Luc

Saint Luc
– dit aussi Luc l’évangéliste ou Loukás en grec – est considéré comme l’auteur
du troisième Évangile et des Actes des Apôtres. Il serait né dans la cité
grecque d’Antioche, en Syrie – ou à Philippes (Macédoine) selon les traditions
–, et a vécu au Ier siècle ap. J.-C. Il serait mort à l’âge de
quatre-vingt-quatre ans en Béotie (Grèce).

De
nombreuses discussions ont eu lieu, que ce soit dans les milieux religieux ou
laïques, au sujet de la paternité des textes aujourd’hui attribués à Luc. Les Pères
de l’Église latine Eusèbe de Césarée (≈ 265-339) et Jérôme de Stridon (≈
347-420) ont notamment réaffirmé que Luc en était bien l’auteur. Aucune preuve
cependant n’existe. Quasiment tout ce que nous savons de la vie de l’auteur de
ces deux textes est de même sujet à caution.

On sait qu’il
officiait comme médecin, et qu’il n’a pas été témoin du ministère de Jésus
Christ – c’est un païen converti –, mais qu’il était l’ami de Paul, avec qui il
collabore et part en mission – notamment lors du troisième voyage missionnaire
de Paul et de ses derniers voyages –, car il use du pronom « nous » à
plusieurs reprises dans les Actes des Apôtres. Il semblerait qu’il ait vécu
dans la Troade (au nord-ouest de l’Asie mineure), où s’était élevée la ville de
Troie, et où il aurait rencontré Paul. Luc suivra celui-ci jusqu’à sa mort à
Rome ; il est même seul à l’accompagner dans sa captivité.

Son nom
grec semble une abréviation de Loukanos ou de Loukios, qui est la forme grecque
de Lucius, et l’on a pu formuler l’hypothèse qu’il aurait été un affranchi
s’étant livré à l’étude. En effet, la composition des textes et l’étendue du
vocabulaire indiquent un homme éduqué. Contrairement à tous les autres auteurs
du Nouveau Testament, il ne serait pas juif.

Certains
chercheurs l’envisagent comme un historien du même rang que Thucydide (460-397
av. J.-C.), car sa description des villes, des villages et des îles est
toujours précise ; par ailleurs il montre une connaissance pointue des titres
officiels. Cependant, le dessein de Luc, qui est clairement de persuader par
ses écrits, et non simplement de rapporter, affaiblit cette thèse de sa mission
d’historien, même s’il la proclame dès la première page de son Évangile. Le
prologue qui l’entame est par ailleurs typique des historiens grecs dont il
semble se réclamer : Hérodote, Polybe ou Thucydide. Il va même jusqu’à
indiquer comme eux quelle furent ses sources.

La
tradition l’a vu à l’occasion comme un peintre – et même parfois le premier
peintre d’icônes –, et des centaines de pièces lui ont été attribuées. On dit
tour à tour qu’il aurait peint Pierre et Paul, ou Marie et Jésus. Ces
suppositions sont peut-être dues au talent de peintre que révèlent ses écrits,
qui présentent certains personnages comme s’ils avaient été sculptés par un
artiste.

Le
troisième Évangile et les Actes des Apôtres formaient à l’origine une œuvre
unique. Les deux textes débutent d’ailleurs de la même façon par un prologue
adressé à Théophile. L’Évangile de saint Luc fait partie des Évangiles
synoptiques avec les deux premiers de saint Matthieu et de saint Marc, avec
lesquels il présente de nombreuses similitudes. Outre le prologue, il comprend
cinq parties, qui détaillent l’enfance de Jésus, sa présentation au Temple, sa
généalogie, son baptême, son ministère en Galilée. Ils évoquent par ailleurs de
nombreux  miracles et enseignements,
l’histoire de la Passion de Jésus et de sa mort, puis sa résurrection et enfin son
ascension. De nombreux épisodes sont par ailleurs exclusivement racontés par
Luc, comme l’Annonciation à la Vierge Marie, la parabole du bon Samaritain,
celle de la brebis égarée ou encore de l’enfant prodigue.

Par
rapport aux autres textes sacrés, le vocabulaire et le style sont admirables. Luc
sait rendre une atmosphère à la fois simple et majestueuse, solennelle. Il
exprime avec art les sentiments des personnages, qui sont soigneusement
décrits. Le thème de la pauvreté est très présent ; elle triomphe de la
richesse terrestre et assure le salut. L’Évangile contient ainsi l’une des
bénédictions les plus connues de Jésus : « Heureux vous qui êtes
pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! ». Cet Évangile aurait été
écrit à Rome entre 60 et 63.

Les Actes
des Apôtres, rédigés en langue grecque, constituent le cinquième et dernier
livre historique du Nouveau Testament. Sa rédaction serait postérieure à celle
de l’Évangile – vraisemblablement entre 70 et 80 ap. J.-C. Alors que Jésus est
monté au ciel, les Apôtres sont présentés abandonnés à eux-mêmes, jusqu’à ce
que l’Esprit-Saint descende sur eux, leur transmette les langues des gentils et
les transforme en conquérants, prêts à annoncer, à la suite de Jésus, la bonne
nouvelle. L’auteur ne se nomme jamais mais se dit le compagnon de Paul. Luc a
été témoin de certains faits qu’il rapporte mais beaucoup d’éléments de la vie
de Paul par exemple sont retranscrits de seconde main. Les premiers temps de
l’Église de Jérusalem lui ont été racontés par Pierre, Jacques ou Marc. Luc
fait assister le lecteur, après la prédication en Judée, au partage du monde
par les Apôtres, infatigables missionnaires. Contrairement à ce qu’annonce le
titre, les Actes parlent quasi exclusivement de Paul et de Pierre. À nouveau, dans
cette seconde œuvre, le style a quelque chose de simple et majestueux. Les
talents de conteur de Luc suscitent l’intérêt. Les scènes acquièrent du relief
par la façon qu’a Luc, une nouvelle fois, de rendre les personnages vivants.

Dès les
premières années de la chrétienté, Luc est considéré par les chrétiens comme un
saint, et il est toujours aujourd’hui un saint vénéré dans le cadre de l’Église
catholique romaine, où l’on se réfère à lui comme le saint patron des artistes,
des étudiants, des médecins, des chirurgiens ou encore des bouchers.

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