J’ai pas pleuré

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Résumé

C’est en 1988, à Auschwitz, qu’Ida Grinspan, une survivante de la Shoah déportée à l’âge de quatorze ans, qui y retournait pour la première fois, a rencontré Bertrand Poirot-Delpech, qui visitait le site en tant que journaliste. Devenus proches, ils ont décidé d’écrire ensemble le livre J’ai pas pleuré. Cette autobiographie d’Ida Grinspan, publiée en 2002, témoigne de l’horreur des camps de concentration. Le récit se compose de trois parties : la première décrit la vie d’Ida Grinspan dans une petite ville poitevine ; la seconde évoque son arrestation et sa déportation ; la troisième raconte sa vie actuelle ainsi que la vision que Bertrand Poirot-Delpech et elle ont de cette période dramatique et de l’avenir de l’humanité.

 

Ida Grinspan est née à Paris en 1929. Ses parents, originaires de Pologne, s’y étaient installés quelques années plus tôt afin de fuir l’antisémitisme grandissant dans leur pays. En juin 1940, ils l’envoient dans une famille de paysans pour la mettre à l’abri des bombardements. Elle habite dans un village des Deux-Sèvres, où elle est scolarisée et passe son certificat d’études. Une nuit de 1944, elle est arrêtée par trois gendarmes français dans le Poitou, à Jeune-Lié. Elle a alors quatorze ans. Ida est emmenée à Melle, malgré les protestations du couple qui l’héberge. À la gendarmerie, elle est interrogée à propos de son père, sa mère ayant été déjà tuée lors de la rafle du Vel d’hiv.

Ida est conduite à Niort, puis à Drancy où elle reste une semaine. Malgré les efforts de la paysanne qui l’a cachée, du curé et du maire, elle est finalement livrée aux Allemands par la police. Elle est alors déportée dans un wagon à bestiaux, à bord d’un train qui compte environ une soixantaine de personnes par wagons, de Drancy vers Auschwitz le 10 février 1944. Elle pensait rejoindre sa famille en Allemagne. Mais en réalité, après trois jours et trois nuits de trajet, elle arrive un dimanche matin à Birkenau où elle est internée. Les prisonniers doivent abandonner leurs affaires. Les femmes et les hommes sont séparés, les familles disjointes. Les enfants restent avec les femmes. Les plus faibles sont sélectionnés pour être exterminés. Ida échappe à cette sélection, grâce à sa coiffure qui la fait paraître plus âgée et à sa bonne mine.

Plus de mille personnes sont exécutées immédiatement. Ceux considérés comme aptes au travail ont marché jusqu’à Birkenau. À leur arrivée, ils doivent se déshabiller. Ils sont alors rasés et tatoués sur l’avant-bras gauche. Après avoir été douchés, des vêtements peu adaptés au froid vigoureux leurs sont distribués. Chacun est désormais méconnaissable, ayant perdu son identité. Un numéro correspondant à leur date d’arrivée est cousu sur leurs vêtements.

Des rumeurs de chambres à gaz commencent à se propager, mais les gens mettent beaucoup de temps avant d’y croire. Ida transporte des pommes de terres et des pierres dans le froid glacial. Elle travaille ensuite à l’usine de l’Union Metallwerke, une usine d’armement.

En janvier 1945, les déportés sont évacués sur les routes enneigées. Pour les chambres à gaz, il n’y a plus aucune sélection. Après avoir été menée dans divers endroits, Ida se retrouve, près de l’Elbe, malade du typhus et les pieds gelés. Elle reste à l’infirmerie où elle est soignée par une infirmière résistante polonaise, Wanda Ossowska.

Quelque temps plus tard, elle est libérée par les Américains, puis des soviétiques arrivent. Elle est conduite à l’hôpital et finalement rapatriée en avion. Elle retrouve son frère mais elle laisse derrière elle, dans le cauchemar de la guerre, ses parents qu’elle ne reverra jamais.

 

Par l’intermédiaire de ce récit, les auteurs nous rappellent qu’il ne faut pas oublier, que l’oubli aggraverait les faits. Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech parlent aussi du « après » les camps, de la convalescence en Suisse d’Ida et des désillusions qui suivirent, notamment lorsqu’elle apprit les massacres perpétrés au Cambodge et au Rwanda, et qu’elle a bien dû admettre que les hommes n’avaient pas retenu les leçons d’Auschwitz.

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