L'école des femmes

par

Axes d'analyse

 

La réalité des personnages et la condition féminine : Les personnages peuvent apparaître comme vraisemblables c’est-à-dire comme pouvant appartenir à la réalité. En effet, chacun d’eux ressent des sentiments contradictoires qui les poussent à aller plus loin. Arnolphe par exemple est jaloux et curieux. Sa jalousie provoque sa colère mais sa curiosité fait que l’histoire subsiste. Acte III, scène V :

« Je veux entrer un peu, mais seulement pour voir

Quelle est sa contenance après un trait si noir »

De plus, la vision du monde est retranscrite comme arrière plan de l’œuvre. Par exemple, l’homme apparaît comme autorité auprès de sa femme. Il lui dicte sa conduite (exemple des différentes maximes dans la deuxième scène de l’acte III). Toutefois, cette vision du couple n’est que l’arrière plan dans lequel les personnages évoluent. En effet, cette vision est quelque peu maltraitée. C’est à cause de cette vision (ainsi que celle qui montre la femme comme corrompue) qu’Arnolphe décide de prendre des mesures extrêmes et d’isoler sa future épouse du monde intérieur. Acte I scène 1 :

« Je sais les tours rusés et les subtiles trames

Dont pour nous en planter savent user les femmes,

Et comme on est dupé par leurs dextérités. »

En revanche, malgré cette peur de la femme corrompue, cette dernière reste toujours inférieure à l’homme. C’est pourquoi Arnolphe peut épouser Agnès s’il le désire, c’est lui qui la confectionné en quelque sorte puisque c’est lui qui lui a donné son éducation. Acte III scène III :

« Ainsi que je voudrai, je tournerai cette âme ;

Comme un morceau de cire entre mes mains elle est,

Et je lui puis donner la forme qui me plaît. »

Cependant, une chose apparaît comme plus puissante que monsieur de la Souche : l’amour. A ce titre, tout ce qui avait été fait pendant des années a été défait, Agnès prend conscience qu’on l’a élevée dans l’ignorance et reprend le contrôle de sa vie. A partir de ce moment là, elle se libère de l’emprise d’Arnolphe et devient la chose même que ce dernier redoutait. Acte III scène IV :

« Il le faut avouer, l’amour est un grand maître :

Ce qu’on ne fut jamais il nous enseigne à l’être »

 

 

Nouveaux éléments comiques : Les éléments comiques sont la conséquence de la double identité d’Arnolphe. En effet, il devient le confident d’Horace qui lui révèle par la même occasion comment les personnages déjouent les stratagèmes de Monsieur de la Souche.

Le premier élément apparaît à l’acte I scène IV lorsqu’Horace révèle l’objet de son amour à Arnolphe. Ensuite, la sincérité d’Agnès joue également sur cet effet comique puisqu’elle ne cache rien de la situation. Elle justifie même le fait qu’Horace lui ait fait la Cour comme étant une réponse aux exigences de l’enseignement qu’on lui a transmis. Acte V, scène IV :

« Agnès : Je n’entends point de mal dans tout ce que j’ai fait.

Arnolphe : Suivre un galant n’est pas une action infâme ?

Agnès : C’est un homme qui dit qu’il me veut pour sa femme ;

J’ai suivi vos leçons, et vous m’avez prêché

Qu’il se faut marier pour ôter le pécher »

De plus, le jeu de scène montre un mécanisme où le personnage principal voit sans être vu. Seulement, et c’est là tout l’intérêt de la pièce, même s’il croit être maître de la situation en voyant l’imposteur sans que celui ci ne voit, il n’est en réalité que le dindon de la farce. Premièrement parce qu’il ne voit pas ce qu’il se passe réellement sous ses yeux, deuxièmement parce qu’il apprend par la suite qu’il a été berné. Cette situation répétée à deux reprises. Elle est ensuite exagérée par Horace qui raconte scrupuleusement ce qu’il s’est réellement passé. Par exemple, dans l’acte III, scène IV, après avoir reçu un gré sur la tête, gré accompagné d’une lettre, Horace lit entièrement cette dernière à Arnolphe. Il aurait pu se contenter de simplement lui raconter le fait mais il la lit.

Enfin, on s’aperçoit au fil de la pièce que le personnage d’Arnolphe ne voit pas ce qu’il a en face de lui. En effet, on note un phénomène de rapprochement de l’imposteur chez monsieur de la Souche. A l’acte III il est au balcon et reçoit une lettre, dans l’acte IV il est dans l’armoire de la jeune dame.

 

 

L’importance du statut social : Arnolphe est le personnage qui a deux identités dans l’œuvre. Il choisit de s’appeler Monsieur de la Souche pour avoir un « nom de seigneurie » (Acte I scène I). C’est cette double identité qui est créatrice de la pièce. En effet, parce qu’Horace ignore qu’Arnolphe est également monsieur de la Souche, il raconte ses mésaventures causées par Monsieur de la Souche à Arnolphe. Autrement dit, il se confie à l’auteur de ses malheurs. Ainsi, le statut social d’Arnolphe qui est dédoublé lui confère le grade de confident auprès d’Horace. C’est parce qu’il a deux statuts qu’il peut savoir ce qui se trame contre lui.

Toutefois, le statut social du personnage principal n’est pas suffisant par rapport à Oronte et Enrique puisque le seul fait que l’on révèle au spectateur qu’Agnès est la fille d’Enrique, fait échouer l’œuvre longuement préparée d’Arnolphe. En un instant, il perd Agnès.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Axes d'analyse >