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La Chanson de Roland

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Résumé

La Chanson de Roland est un texte fondateur de la littérature française. C’est le prototype de la chanson de geste, récit en vers racontant d’héroïques histoires dont le but était, outre de distraire celui qui l’écoutait, de glorifier la chevalerie occidentale et ses valeurs d’héroïsme et de foi chrétienne. Comme toute chanson de geste, La Chanson de Roland est rédigée en vers non rimés regroupés en strophes (nommés, dans ce contexte, des laisses).

Qui en est l’auteur ? Nul ne le sait avec certitude. La seule indication qui nous soit parvenue se situe au dernier vers d’un des neuf manuscrits médiévaux arrivés jusqu’à nous, qui désigne Turold comme l’auteur de la geste. S’agit-il d’un troubadour, du copiste rédacteur du manuscrit ou de quelque moine composant dans le scriptorium d’un monastère ? Nous ne le saurons probablement jamais. Ce qui est sûr, c’est que La Chanson de Roland s’est répandue grâce aux trouvères, troubadours et jongleurs qui l’ont chantée dans les châteaux et les cours seigneuriales, jusqu’à acquérir le statut de patrimoine commun de cette partie de l’Europe qui sera un jour le royaume de France.

Les neuf manuscrits sont de longueur variable. Le plus court compte quatre mille vers, le plus long neuf mille. L’histoire contée a pour point de départ un événement historique : l’affrontement entre l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne revenant d’Espagne et la milice basque au service des souverains musulmans, au col de Roncevaux, dans les Pyrénées, en 778. Comme très souvent dans la chanson de geste, on a ici l’illustration du passage de l’Histoire à la légende. Une obscure escarmouche sans grandes conséquences historiques devient une grande bataille entre deux mondes, celui des musulmans et des chrétiens, ces derniers incarnant selon les auteurs les vertus chevaleresques. L’influence de La Chanson de Roland fut durable et se retrouve dans la toponymie pyrénéenne (on ne compte plus les « Pas de Roland » situés autour du col de Roncevaux et dans toute la Catalogne), dans de nombreux ouvrages de littérature et dans l’imagerie populaire. Roland sonnant du cor, après avoir incarné l’héroïsme du féal sujet donnant sa vie pour son seigneur, est devenu héros tout court, affrontant à un contre cent une armée devant laquelle il ne peut que succomber mais sans reculer.

Résumons la geste du preux Roland. Charlemagne est le plus puissant monarque d’Occident. Son autorité s’étend de l’océan Atlantique jusqu’au-delà des rives de l’Elbe et au nord de l’Italie. Il a franchi les Pyrénées pour imposer son autorité aux califes musulmans qui dominent la péninsule ibérique, en particulier à Marsile, souverain maure de Saragosse. Ce dernier ne veut pas voir sa ville livrée aux soldats du roi franc et souhaite traiter avec Charlemagne, qui veut donc lui envoyer un émissaire. Or, Marsile jouit d’une sinistre réputation de fourberie et l’émissaire sera en grand danger d’être mis à mort par le peu fiable roi de Saragosse. Charlemagne refuse alors de choisir parmi ses chevaliers préférés, comme Roland ou Olivier, et c’est Roland lui-même qui suggère d’envoyer Ganelon en ambassade. Ganelon est un seigneur qui n’incarne guère les vertus chevaleresques, car il est plein de haine pour son prochain et son âme est facile à corrompre. Il part donc vers Saragosse, la rage au cœur et bien décidé à se venger de Roland et de son souverain.

Arrivé à destination, il propose à Marsile de lui livrer une partie de l’armée de Charlemagne, l’arrière-garde qui sera commandée par Roland, et de lui procurer ainsi une victoire facile. Auparavant, un traité de paix aura été conclu, et les armées franques ne se méfieront pas. Quand l’arrière-garde sera isolée du gros des troupes, il sera aisé de l’anéantir. Puis, une fois privée de cet important effectif, l’armée de Charlemagne sera facile à vaincre. Marsile donne son accord. Un traité de paix est signé et Charlemagne reprend le chemin de sa capitale Aix-la-Chapelle. Ganelon chevauche en tête avec le roi franc. L’arrière-garde, comme prévu, est sous le commandement de Roland.

C’est au col de Roncevaux, dans les Pyrénées, que les Sarrasins passent à l’attaque. Ils fondent sur l’arrière-garde inférieure en nombre. Olivier adjure Roland d’appeler à l’aide en sonnant de son cor mais celui-ci refuse : un preux ne recule pas et n’appelle pas au secours. Il frappe d’estoc et de taille avec sa grande épée Durandal. Malheur à ceux qui tentent de s’approcher de lui ! Les soldats de Charlemagne sont braves, leurs chefs dignes de l’idéal chevaleresque. Malheureusement, les chevaliers ne peuvent que succomber sous le nombre. Quand il voit le combat perdu, Roland décide de briser sa fidèle épée afin que nul ne puisse s’en emparer et l’abat sur un rocher. Mais Durandal est trempée d’un acier solide. Il a beau en frapper un bloc de marbre, il ne peut pas même l’ébrécher. Roland décide donc d’avertir son suzerain du désastre et sonne de son olifant, si fort que les veines de son cou éclatent. La plainte du cor parvient aux oreilles de Charlemagne, mais Ganelon le convainc qu’il ne s’agit pas d’un appel de Roland, et l’armée franque poursuit sa route.

Pourtant, ne voyant pas son arrière-garde arriver, Charlemagne se décide à envoyer des hommes voir se qui se trame. Quand il apprend le désastre, il tourne bride, retourne au col de Roncevaux où il trouve Roland, mort, Durandal à ses côtés. Les corps sans vie de ses soldats jonchent le sol rocheux. L’armée de Marsile est encore là, et une nouvelle bataille s’engage. Cette fois, ce sont les Francs qui ont le dessus et anéantissent les Sarrasins. Charlemagne est vainqueur, mais le chagrin que lui cause la perte de Roland, son chevalier préféré, son plus fidèle compagnon d’armes, est immense. Reste à décider du sort de Ganelon : il périra lors d’un supplice à la hauteur de sa fourberie, condamné à être écartelé.

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