La Fête au bouc

par

Résumé

La Fête au bouc est un roman de l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, publié en langue espagnole en l’an 2000 sous le titre La Fiesta del Chivo.

Le roman s’inspire des derniers jours qui précédèrent l’assassinat du président de la République dominicaine Rafael Leónidas Trujillo en 1961 après 30 années de dictature.

 

L’histoire débute par le retour en République dominicaine d’une jeune avocate désormais installée à New York. Elle vient voir son père mourant  dans un hôpital. Cependant, ce n’est ni l’attachement ni la compassion qui motivent le retour de la jeune Urania dans son pays d’origine, mais bien plutôt la recherche de la vérité. Adolescente, elle a été forcée de fuir le pays et c’est la première fois qu’elle y revient. Durant toutes ces années d’absence, elle s’est refusée à répondre aux lettres de son père. Aujourd’hui, elle veut comprendre pourquoi celui qui était alors une personnalité proche du dictateur Trujillo a pu accepter de livrer sa fille à l’appétit sexuel de celui-ci. La petite fille, confiante en ce que venait de lui expliquer son père, n’avait éprouvé aucune peur à se retrouver seule face à l’homme qui allait la violer. Ce n’est que la défaillance sexuelle du président qui la sauvera de cet abus, et surtout l’intervention des religieuses qui lui permettent de s’échapper immédiatement du pays pour éviter une mort certaine.

Au travers de plusieurs portraits, le lecteur découvre la folie d’un dictateur qui a voulu dessiner un pays à son image. Les généraux tortionnaires, les hommes politiques aveuglés et corrompus se succèdent : « Tous considéraient le bouc comme le sauveur de la patrie, celui qui avait mis un terme aux guerres des chefs et au péril d’une nouvelle invasion haïtienne, celui qui en avait fini avec la dépendance humiliante des États-Unis. Qu’est-ce que ça pouvait faire que face à ça, Trujillo s’envoie les femmes qu’il voulait ? Ou qu’il ait accumulé les usines, les haciendas et les troupeaux ? Ne faisait-il pas croître la richesse dominicaine ? »

Peu à peu cette admiration se transforme en l’un des principes mêmes qui vont assurer la continuité du régime dictatorial : la peur. Cette crainte permanente qu’éprouvaient les principaux responsables en poste durant la dictature, inquiets à l’idée que le lendemain, le président pût tout à coup décider de leur sort sans avoir besoin de motifs sérieux. Cet état de servilité les a conduits à participer à l’annulation de toute opposition, même lorsqu’il leur fallait faire appel aux crimes. Et peu importait si pour survivre, il fallait dénoncer, tuer ou livrer l’un de ses proches ou l’un de ses amis : « la politique c’est ça, c’est marcher sur des cadavres. » Se faisant, ils renforçaient leur propre isolement jusqu’à l’oubli de toutes valeurs humaines : « Après avoir servi le Chef durant tant d’années, tu avais perdu tout scrupule, toute sensibilité, toute trace de rectitude… Était-ce la condition sine qua non pour se maintenir au pouvoir sans mourir de dégoût ? Perdre son âme, devenir un monstre comme ton Chef. »  

C’est lorsqu’Urania revient en République dominicaine pour obtenir des réponses de son père qu’un groupe d’opposants organise l’assassinat du dictateur. C’est au travers de leurs aventures que le roman prend forme. Ces rebelles ont tous un passé différent ; certains ne se sont jamais remis d’avoir failli à leurs propres valeurs morales, et ils n’arrivent pas à trouver la paix de l’esprit depuis qu’ils ont tué pour démontrer leur fidélité au régime ; d’autres ont perdu un être cher. La mort du dictateur Rafael Leónidas Trujillo doit leur permettre de retrouver cette liberté perdue – une liberté sociale et politique, mais surtout une paix de l’âme par le rachat de leurs mauvaises actions passées : « L’élimination physique de la bête est bien vue par Dieu si grâce à elle on libère un peuple ». 

Lorsque ce petit groupe atteint enfin son objectif d’éliminer physiquement le dictateur, le changement de pouvoir se produit en douceur, grâce à un homme servant la cause de l’Église et proche des États-Unis : « La République dominicaine serait-elle enfin un pays normal, avec un gouvernement élu, une presse libre, une justice digne de ce nom ? »

 

La Fête du bouc est considérée comme une œuvre majeure de Mario Vargas Llosa. Chaque chapitre est conçu comme le portrait d’une personne avec en filigrane l’évolution chronologique de l’assassinat du tyran. L’auteur y dépeint les blessures de l’Amérique latine en décrivant une cruauté qui peut surprendre certains lecteurs. Pourtant, il y rappelle le caractère commun et ordinaire du dictateur et montre que son maintien n’a pu se faire que grâce à une soumission totale d’une partie de son peuple qui y trouvait un profit personnel.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >