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La Mère

par

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Pearl Buck

Pearl
Buck est une écrivaine américaine née Pearl Sydenstricker en 1892 à Hillsboro (Virginie-Occidentale,
États-Unis) et morte à Danby (Vermont, États-Unis). Elle est principalement
connue pour avoir remporté le prix Nobel de littérature, pour avoir contribué à
faire connaître la Chine et les cultures d’Asie aux États-Unis, ainsi que pour
ses engagements humanitaires.

Ses
parents étant missionnaires en Asie, Pearl Buck grandit en Chine. Sa mère lui
donne des leçons particulières en anglais, et la jeune Pearl apprend le chinois
populaire avec ses camarades de jeu et le chinois classique auprès d’un
professeur chinois. Elle grandit ainsi partagée entre deux mondes entre
lesquels oscillera son œuvre à venir. Contre l’avis de son père, elle lit alors
avec passion Charles Dickens ; elle le relira sa vie durant.

À partir
de dix-neuf ans elle quitte la Chine pour étudier à l’université Randolph-Macon
de Lynchburg (Virginie), réservée aux femmes. Elle en sort diplômée trois ans
plus tard et devient une missionnaire presbytérienne, à l’instar de ses
parents. Elle retourne en Chine en 1914 et se marie avec un autre missionnaire,
spécialiste de l’économie rurale de la Chine. Ils habitent ensemble à Suzhou
(province de l’Anhui), dont elle décrira la région dans La Terre chinoise et Les Fils
de Wang Lung
. Puis de 1920 à 1933 ils habitent sur le campus de l’université
de Nankin (province de Jiangsu), alors capitale de la République de Chine, et
Pearl Buck enseigne dans plusieurs universités la littérature anglaise. Après
un court séjour aux États-Unis, Pearl Buck revient en Chine en 1925 avec un
diplôme de maîtrise.

Alors qu’elle
avait déjà dû vivre enfant la révolte des Boxers (1899-1901), elle subit en
1927 les troubles liés à la prise de Nankin par l’Armée nationale
révolutionnaire à l’occasion de l’Expédition du Nord menée par les troupes de
Tchang Kaï-chek, et elle doit vivre un an au Japon, où elle découvre une
fraction antimilitariste de la population. Elle en revient avec la ferme
intention d’écrire, encouragée par des hommes de lettres chinois avec qui elle
entretient des relations amicales, tels l’écrivain Lin Yutang et le poète Xu
Shimo, et de façon professionnelle pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa
fille Carol, gravement handicapée du fait d’une phénylcétonurie – à qui elle
consacrera L’Enfant qui ne grandit jamais
(The Child Who Never Grew) en
1950 –, pensant de plus rompre son mariage.

Alors
qu’elle retourne en 1929 aux États-Unis pour apporter des soins à sa fille, elle
rencontre l’éditeur Richard Walsh qui reçoit favorablement son roman Vent d’Est, Vent d’Ouest (East Wind, West Wind), publié l’année
d’après. Le récit tourne autour de Kwei-lan, une femme aux pieds bandés unie à
un médecin via un mariage arrangé, et de son frère qui doit lutter pour faire
accepter à ses parents une Américaine qu’il a épousée.

Pearl
Buck finira par épouser Richard Walsh, qui se révèlera aussi un atout
professionnel précieux. Après son retour à Nankin, elle passe ses matinées dans
un grenier à écrire La Terre chinoise
(The Good Earth), premier volume de
sa trilogie du même nom, suivi par Les Fils de Wang Lung (Sons) en 1932 et La Famille dispersée (A House
Divided
) en 1935. Le premier tome reçoit le prix Pulitzer du roman et
reste au sommet des ventes en 1931 et 1932. Il évoque la vie de famille dans un
village chinois avant la Première Guerre mondiale. Le personnage principal,
Wang Lung, est un fermier attentif aux valeurs traditionnelles de pitié et de
devoir envers sa famille. Il subit de nombreuses épreuves mais finit par
connaître le succès au détriment de la famille Hwang, qui décline notamment en raison
de sa consommation d’opium et dont il rachète les terres. Le roman a grandement
contribué à informer les Américains des misères du peuple chinois et a
influencé la diplomatie américaine, notamment à l’occasion de la guerre entre
Chinois et Japonais. Les thèmes du fondamentalisme religieux, du racisme, de
l’oppression selon le sexe, de la répression sexuelle et de la discrimination
subie par les personnes handicapées y sont traités.

La longue
controverse entre fondamentalistes et modernistes qui déchire l’Église
presbytérienne mène Pearl Buck à publier des articles dans diverses revues au
début des années 1930, dont The Christian
Century
, Harper’s et Cosmopolitan. Elle s’y moque des interprétations
littérales que font les fondamentalistes des textes sacrés et rejette notamment
la théorie du péché originel. Elle dénonce par ailleurs l’attitude arrogante et
l’ignorance des missionnaires à l’égard des Chinois. Elle abandonne sa carrière
de missionnaire en mai 1933 et quitte définitivement la Chine l’année suivante.

En 1936
Pearl Buck fait paraître des biographies de ses parents. The Exile (L’Exilée) concerne
Caroline Stutling Sydenstricker – dite Carie – et retrace sa désillusion
relativement à la religion, notamment à l’occasion de la perte de trois de ses
enfants, alors qu’elle s’était rendue en Chine dans un élan de sacrifice qui
lui permettrait, pensait-elle, d’entendre la voix de Dieu. Pearl Buck entend ce
livre comme un appel fait aux femmes à ne jamais se laisser enchaîner par un
mari ni des principes aveugles. L’Ange
combattant
(Fighting Angel) décrit
son père Absalom Sydenstricker – appelé Andrew – comme un homme dédié à
l’évangélisation au point de délaisser sa famille. Il ne comprend pas la part
d’impérialisme inclus dans sa mission, et ne rencontrera jamais vraiment la
Chine que sa fille a appris à connaître. Pearl Buck y confie avoir été sauvée
par la lecture de Moby Dick ;
elle trace un parallèle entre son père et la figure du capitaine Ahab, tous deux
plongés à leur façon dans une mission.

En 1938,
le prix Nobel de littérature lui est décerné. À l’occasion de son discours,
elle dit vouloir être une écrivaine populaire, c’est-à-dire s’adressant au
peuple dont elle parle, affirmant être plus attentive à s’adresser à chacun
plutôt qu’à la beauté des lettres et à la grâce de l’art. Elle partage
l’influence que sa connaissance du roman traditionnel chinois – notamment à
travers la lecture du Rêve dans le
pavillon rouge
, d’Au bord de l’eau
et des Trois Royaumes – a eue sur sa
conception de la littérature.

Les
problèmes auxquels s’est intéressée l’écrivaine étaient largement passés sous
silence à son époque, et à travers son œuvre variée, faite, au-delà des romans,
de nouvelles, d’histoires pour enfants, d’essais et de biographies, elle évoque
les questions de l’immigration, de l’adoption, des droits des femmes, du
travail des missionnaires, de la guerre, s’intéressant plus particulièrement
aux cultures asiatiques, dont celles de l’Inde et de la Corée.

Ses
engagements divers la mènent notamment à créer la première agence d’adoption internationale
et interethnique (Welcome House, Inc.) et à s’engager dans diverses
institutions en faveur des enfants et luttant contre les injustices à tous les
niveaux.

Parmi ses
œuvres les plus connues, figure Peony: A
Novel of China
, qui paraît en 1948. Ce roman met en scène la jeune Peony,
sorte d’esclave dans une maison chinoise juive, qui va tomber amoureuse du fils
de la famille, avec qui la tradition l’empêche de s’unir. Le récit évoque donc
un sujet peu discuté, l’identité juive en Chine, et démontre une documentation
précise de l’auteure. Chaque personnage se trouve confronté différemment au
problème de l’assimilation, et l’écrivaine montre une faculté certaine à
examiner leur psychologie.

La même
année, La Grande Vague (The Big Wave) a pour cadre le Japon et
s’adresse plus particulièrement aux jeunes lecteurs. Kino et son ami Jiya
vivent dans un village de pêcheurs. Celui-ci va apprendre le courage et la
valeur de la vie alors qu’une grande vague submerge le village et emporte sa
famille ; son ami Kino est là pour le soutenir dans son deuil.

En 1956, Imperial Woman constitue une biographie
fictive de Cixi, la dernière impératrice de Chine, qui fut d’abord une des
centaines de concubines de l’empereur Xianfeng à la Cité interdite, avant de
connaître une ascension sociale grâce à sa beauté et ses pouvoirs de
manipulation. Sa vie est aussi prétexte à exposer l’histoire d’un pays en cours
de modernisation.

Pearl
Buck a aussi écrit deux autobiographies dont My Several Worlds: A Personal Record, parue en 1954, qui retrace sa
vie en Chine, expose l’histoire de ce pays puis les divers engagements de
l’auteure une fois rentrée aux États-Unis. A
Bridge For Passing
, œuvre parue en 1962, se focalise sur l’expérience que
fut l’adaptation cinématographique de The
Big Wave
, le Japon de l’après-guerre et la mort de son mari qui inspire à
l’auteure une méditation sur la perte et l’amour.

Malgré un
style parfois enclin à la répétition et à la confusion selon certains, la prose
de Pearl Buck est réputée pour sa beauté, et pour sa capacité à démythifier des
populations mal connues tout en distillant des leçons de sagesse.

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