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Le Complexe de Di

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Résumé

Le Complexe de Di est un roman écrit en français par l’écrivain et cinéaste chinois Dai Sijie, paru en 2003 et lauréat du prix Femina la même année. Il raconte la quête de Muo, qui se considère comme le premier psychanalyste chinois, à la recherche d’une vierge à livrer au juge Di.

 

L’action se déroule en Chine, au début des années 2000. Muo est un homme d’environ quarante ans, myope, frêle et maladroit. C’est un intellectuel brillant, un garçon qui, grâce à une petite bourse, a pu quitter la Chine et poursuivre ses études à Paris. D’abord, il a perfectionné son français, à force de longues nuits de travail, et en est arrivé à manipuler la langue avec bonheur et précision. Pour lui, le français est le plus beau des langages. Mais Muo a surtout approfondi sa connaissance de l’œuvre de Freud et de Lacan : il a suivi une longue psychanalyse qui a bouleversé sa vision des choses. Il prend sa décision : il sera celui qui, le premier, analysera les rêves de ses contemporains chinois. Il excelle dans ce domaine, et possède une connaissance encyclopédique sur les pères de la psychanalyse et leurs œuvres.

Le lecteur fait sa connaissance alors qu’il effectue un long voyage en train à travers la Chine. Pendant cette nuit, au cours de laquelle il se fait dérober sa valise, le lecteur découvre un homme non seulement maladroit, mais aussi naïf et timoré, subissant courageusement la vie quotidienne des citoyens pauvres de la Chine d’aujourd’hui, tiraillée entre tradition millénaire, propagande communiste omniprésente et capitalisme débridé. Que fait Muo dans ce train ? Il poursuit une étrange quête : il cherche une vierge, afin de la livrer aux appétits du lubrique et cruel juge Di. Ce dernier a commencé sa brillante carrière comme tireur d’élite dans les pelotons d’exécution, profession où il excellait. Rusé, corrompu, il a gravi les échelons et il est maintenant juge, exerçant une autorité sans partage sur la province. Il rend la justice en fonction du pot-de-vin qui lui sera versé.

Muo a une amie, la femme qu’il aime, dont il rêve depuis ses années d’étudiant, nommée Volcan de la Vieille Lune. Elle croupit dans une cellule car elle a procuré des photos interdites à des journalistes étrangers. Muo veut la tirer de là, mais le pot-de-vin qu’exige le juge Di est étrange : il veut une femme vierge. Alors Muo est parti en quête.

Sa pérégrination dure longtemps. Il parcourt la province, juché sur son vélo qui arbore son étendard frappé d’un idéogramme : « Rêve », qui indique sa profession de déchiffreur de songes. Il multiplie les rencontres, toutes plus étranges les unes que les autres, séduit ses clients par son art d’interprète des rêves.

Un jour, il plante son cabinet de psychanalyste ambulant au milieu d’un marché où les femmes de ménage de la région viennent chercher de l’embauche. C’est, pense-t-il, l’endroit idéal pour y trouver une vierge. Il devient la coqueluche de l’endroit, protégé par la redoutable femme-policier qui dirige la place. C’est là que son chemin croise brièvement celui d’une jeune fille de dix-sept ans, qui lui semble plus fine et délicate que ses grossières compagnes. Mais Muo doit fuir le marché, car il est poursuivi par les assiduités de la redoutable – et laide – femme-policier. Sa recherche demeure vaine, jusqu’à ce que germe l’idée de demander à sa vieille amie l’Embaumeuse de lui prêter main forte. L’Embaumeuse, c’est une voisine de ses parents, veuve et quadragénaire, qui exerce l’étrange métier de thanatopractrice. Elle est veuve et vierge car son mari, homosexuel qu’elle aimait tendrement, s’est donné la mort le soir de leurs noces. Elle accepte d’aider son ami Muo et de se livrer au juge Di.

Un rendez-vous nocturne est fixé à la résidence du magistrat, elle s’y rend et apprend que le juge vient de trépasser, après trois jours et trois nuits passés à jouer au mah-jong. Le corps du juge Di se retrouve sur la table d’embaumement, sous le regard de Muo et de l’Embaumeuse. Mais coup de théâtre : le juge se réveille, emplissant de terreur les deux amis qui fuient, se réfugient chez la femme, et connaissent une nuit d’amour débridée (et perdent ainsi, chacun, leur virginité). Mais l’Embaumeuse est arrêtée, et Muo décide de fuir le pays. Le hasard de la route lui fait à nouveau croiser les pas de cette jeune fille rencontrée au marché des femmes de ménage. Elle est vierge ; accepterait-elle l’étrange et répugnant marché du juge Di ? Elle accepte, au grand soulagement de Muo, qui lui promet, en échange, de la ramener en France avec lui. Mais une nouvelle catastrophe survient : au cours du périlleux voyage de retour vers la capitale de la province, la jeune fille se brise la jambe, alors que le juge Di compte la posséder dans une dizaine de jours. Les médecins sont formels : il faudra une opération et des semaines de convalescence pour guérir Petit Chemin, la jeune fille. Muo se tourne alors vers un étrange guérisseur qui possède le don de réparer les os brisés. Celui-ci accepte de soigner la blessée, à condition que Muo épouse sa fille. Le psychanalyste accepte le marché, et Petit Chemin est soignée à l’aide d’emplâtres malodorants. Stupeur : elle guérit. Mais une fois sa mobilité retrouvée, elle prend la fuite pour retourner auprès de sa famille. Muo est désespéré, mais ne peut lui en vouloir : qui irait de bonne grâce se livrer aux grossiers appétits du juge Di ?

La situation est catastrophique : Volcan de la Vieille Lune et l’Embaumeuse sont en prison, et Muo attend qu’on vienne l’arrêter à son tour : les écrits de Freud ne sont-ils pas interdits en Chine, et n’a-t-il pas échoué dans sa mission ? On frappe à la porte : au lieu de la police, c’est une jeune fille qui est là, la fille du guérisseur, qui honore sa part du marché. Muo n’a qu’une question à lui poser : est-elle vierge ?

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