Le Livre dont vous êtes la victime

par

La manipulation

Lelivre d’Arthur Ténor aborde la manipulation sous différents angles. En effet,celle-ci peut venir de n’importe où, qu’elle soit pratiquée avec de bonnes oude mauvaises intentions. Ici, nous verrons que nous pouvons être poussés à agirpar une influence extérieure (ici le livre) ou par notre propre volonté.

 

1.La manipulation par l’écriture

 

Ici,Alex, Camille, mais aussi de nombreuses personnes se voient manipulées parNatas et plus précisément par le livre qu’il distribue à chacun. En leurfaisant croire à la rareté de son roman, en leur promettant monts et merveillesquant aux capacités de celui-ci, il les appâte et les met sous sa coupe. Unefois le livre ouvert, il est bien difficile de s’en extraire : presquevivant, celui-ci amène son lecteur à accomplir différentes tâches, lui offranten récompense la chose qu’il désire le plus ou en le menaçant de s’en prendre àce qui lui est cher. Même fermé, le livre reste un danger pour son propriétaireet tous ceux qui l’ont approché.

Àtravers cette histoire, l’auteur cherche à nous montrer à quel point on peut selaisser influencer par des écrits. Si les idées sont suffisamment percutantes,séduisantes, elles peuvent nous amener à penser, à réaliser des choses que nousn’aurions jamais souhaitées auparavant. C’est d’ailleurs dans ces conditionsqu’Alex entre par effraction dans un cimetière et profane de vieuxtombeaux : « Il tire la grille d’entrée du caveau, qui s’ouvredans un grincement métallique. […] Il surgit du tombeau de Marthe Laponge, brasécartés, tel un zombi sortant de terre. Il fonce vers la sépulture du troisièmedamné. » Quand la manipulation est bien menée, l’individu ne sait pasvraiment pourquoi il agit et obéit aux ordres qui lui sont donnés, et cela résonneen lui presque comme une injonction face à laquelle il ne peut reculer. Lejeune homme est très vite confronté à cette situation et préfère éluder sesinterrogations plutôt que de se plonger dans une plus profonde réflexion :« – Je suis fou, bougonne-t-il contre lui-même, carrément frappé.Pourquoi y va-t-il alors ? Il faut qu’il trouve une solide raison, neserait-ce que pour rendre supportable ce vent glacé qui s’insinue sous sacapuche. […] Mais pour le moment, la priorité est de trouver un moyend’escalader le mur du cimetière. »

Le Livre dont vous êtes la victime pousse Alex à des gestes improbables maissouvent sans conséquences graves, ce qui n’est pas le cas de tout lemonde ; ainsi, celui qui se fait appeler « l’avaleur d’ombres »se laisse tellement subjuguer par le livre, qu’il se voit prêt à tuer de jeunesinnocents, sans plus d’état d’âme, simplement pour être reconnu, pour devenirquelqu’un : être l’Élu. En s’en prenant à des êtres faibles ou encorenaïfs, en jouant avec la sensibilité de chacun, le livre parvient à manipulercomme un joueur déplace ses pions sur un échiquier. Et bien que conscient decette immense mascarade, chacun des protagonistes continue d’avancer dans saquête.

Àtravers son récit, l’auteur invite le lecteur à se méfier : tout ce quiest écrit n’est pas forcément vrai ou ne reflète pas une seule façon possible depenser. Il faut savoir prendre du recul et juger les propos qui sont tenus afinde ne pas se laisser piéger par ses lectures.

 

2.Manipulation pulsionnelle

 

Enfin,l’on voit qu’il faut parfois savoir contrôler ses propres émotions etsensations pour ne pas se retrouver dans de fâcheuses situations. De nombreusesfois, par orgueil et curiosité, le jeune Alex se laisse aller à céder à latentation. Son envie de connaître la suite des aventures, l’envie de briller auxyeux de Camille et à ses propres yeux à lui le poussent à continuer malgré lesdangers à jouer le jeu de Natas. Ses nouvelles aventures, ces nouveaux« pouvoirs » qu’il a la sensation d’avoir sur lui et les autres lechangent peu à peu et il se surprend à apprécier sa sensation depuissance : « Il l’examine longtemps, trouve et enclenche le crande sécurité. Puis il ne résiste pas au plaisir de se regarder dans la glace deson armoire, l’arme au poing. La sensation est grisante… un peu trop. »

Camillele met alors face à ses problèmes et le pousse à bien réfléchir à sesdécisions. Toujours la tête sur les épaules, elle ne souhaite pas entièrementprovoquer ses décisions et lui laisse toujours la possibilité d’agir autrement.Mais elle n’oublie cependant pas de lui rappeler qu’il est maître de sa vie, deson corps, et que c’est à lui de décider de la façon dont il veut réagir :« C’est toi le héros. Si tu le décides, tu peux écrire l’histoireautrement. […] Mais si tu voulais, tu pourrais pousser le cri de Tarzan, là,tout de suite, ameuter le quartier, faire venir la police et changercomplètement le cours du jeu. »

Ilest donc question de différents types de manipulation, toutes aussi dangereusesles unes que les autres, qui doivent être évitées le plus possible afin de conserverson intégrité.

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