Le philosophe ignorant

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Analyse de l'oeuvre

Voltaire s’interroge sur l’origine des êtres qui peuplent la terre. Il entreprend une démarche qui a pour but de le sortir de l’obscurité. Il s’intéresse ensuite à la nature de sa faiblesse. Il veut connaître le principe qui gère ce mécanisme et le fait croître avec l’âge. De plus, d’où vienne les idées. Il existe un lien entre la faim et les idées. Par ailleurs, l’auteur passe en revue toutes les éminences grises en matière de philosophie, depuis la Grèce antique jusqu’à ses contemporains. Il fustige l’attitude de Descartes et trouve sa méthode imaginaire. Nous ne naissons pas avec des idées préconçues. Si l’homme pense, c’est un fait aussi vrai que l’oiseau qui vole toujours. Tout comme les hommes, les bêtes ont aussi des idées. Il illustre cette opinion en citant la Bible au livre de la Genèse. Néanmoins, bien que citant la Bible, il rejette la religion, la trouve dogmatique et affirme qu’elle n’a rien en commun avec la philosophie. Tout comme Hume, Voltaire s’intéresse à l’expérience. Pour lui, la connaissance, le savoir ne s’acquiert qu’à travers l’expérience, exception faite de la substance. Étant donné qu’on ne peut saisir la substance, elle ne peut s’acquérir à travers notre expérience car elle est au dessus de nous. Bien que nous utilisions notre pensée, nous ne la maîtrisons aucunement. De plus, malgré le fait qu’il y ait des hommes plus intelligents et plus robustes que d’autres, chacun finit toujours par atteindre ses limites. L’être humain est appelé à connaître certaines choses sur lesquelles Voltaire, une fois de plus, s’interroge.

Après toutes les questions précédentes, l’auteur est ennuyé car il estime être toujours aussi ignorant qu’au début de son entreprise. Il veut comprendre les principes qui régissent le monde. Nous arrivons par exemple à connaître la cause de nos sensations car semblables à Dieu, nous pouvons prédire ce qui pourrait se produire dans le futur. Il estime que ce qui impossible à la nature humaine pourrait l’être aussi pour les autres êtres vivants. Dans le chapitre suivant, il s’intéresse à la liberté. Il déclare que sa rencontre avec un étranger a piqué sa curiosité sur la nature de la liberté. Il soutient qu’après avoir lu Collins et Locke, il conclut que notre liberté est réglée sur les lois de la nature. La liberté consisterait donc en le pouvoir d’agir et non dans les actions eux-mêmes. Il s’attaque ensuite à l’origine de l’homme. Il est conscient d’être le produit d’une union. Sans être exhaustif et vraiment précis, il établit une connexion entre l’origine de l’homme et l’ « être éternel ». Par ailleurs, il reconnaît l’existence d’une intelligence suprême qui est au dessus de toutes les autres. Il cherche donc à savoir si cette intelligence suprême est éternelle. Ensuite, il se demande comment est-ce qu’il peut douter de cette éternité après avoir reconnu le caractère éternel de la matière. Il poursuit tout de même sa réflexion sur la nature de l’intelligence divine. En tant que mortel, il cherche la voie qui mène à l’immortalité de cette intelligence. Comment évaluer l’immensité de l’intelligence, comment jauger l’infini ? L’existence de cette puissance infinie prouve les limites de l’entendement humain. Il suppose par conséquent que ses idées dépendent, lui viennent de cette puissance éternelle. Il identifie deux êtres éternels sans toutefois les nommer, dans la religion telle que nous la connaissons, ils renverraient à Dieu et à Satan. Il estime que ces deux êtres ont des reflets sur l’existence des hommes et sur la terre.

Après avoir passé en revue de nombreux philosophes, il décide de se pencher sur la méthode spinozienne. Selon lui, Spinoza dans sa manière de penser arrive à la conclusion selon laquelle il y a un être nécessaire. Comme cet être est partout, à base d’une substance, il a pu créer d’autres substances. Ces substances qui découlent de la pensée et de la matière sont le fait d’un être qui s’apparente à Dieu, comme nous l’avons dit plus haut Voltaire ne le nomme et c’est selon sa conception que nous pouvons dire que l’être qu’il décrit, dans la religion, est appelé Dieu. Cet être suprême est relié aux autres êtres de la terre, autrement dit, sa présence directe auprès d’eux n’est plus nécessaire. Il existe deux mondes : l’un où règne le bien et l’autre le mal. Le genre humain est responsable de ces deux mondes. Il s’intéresse par ailleurs aux « formes plastiques ». Il compare son âme à une monade qui, parce qu’elle vie dans le monde, a des rapports avec d’autres monades, d’autres idées. La nature existe en général et les formes plastiques sont représentées par les animaux et les plantes. Chaque être a sa nature plastique et celle de l’homme est faite du raisonnement. Il s’agit là pour Voltaire des vrais principes des choses.

Il revient à Locke et partage son idée selon laquelle « rien n’entre dans notre entendement que par nos sens », qu’il n’existe donc aucune notion innée. Après maintes réflexions, l’auteur établit cinq vérités sorties d’une centaine d’erreurs et plongées dans une mer de doute. Il effectue ici une sorte de bilan de sa quête. Malgré la diversité des cultures, des hommes, on pourrait avoir une même notion de la morale, de l’injuste et du juste. Cette connaissance est acquise à la période où la raison s’installe en nous. Toute cette opération a été effectuée sous le contrôle de l’intelligence suprême afin que la vie des hommes soit différente de celle des bêtes. L’idée de justice est universelle et indépendante de toute loi. Il en va de même avec l’injustice. Il remet tout de même en question certaines idées de Locke notamment celle de la notion innée. Il estime que rien ne prouve que nous ne naissions avec des notions de morale étant donné que dans une nation, une société, on rencontre des personnes avec des idées tellement contradictoires à la notion de justice qu’il est impossible de penser qu’elle soit innée en eux.

Ensuite, Voltaire se tourne vers Newton. Il compare la loi de la gravitation, qui est la même partout dans le monde, à la morale, qui est aussi la même dans toutes les nations ; seule l’interprétation diffère. Prochain philosophe : Hobbes, l’auteur estime que comparer à d’autres philosophes, il a une approche singulière qui lui est identifiable. Pour Hobbes, dans le monde, il n y a que des lois de convention, que telle est juste ou injuste parce que nous avons décidé de cette appellation. Par conséquent, ce qui est juste dans une société, ne l’est pas forcément dans une autre. Voltaire lui reproche de confondre puissance et droit. Pour lui, l’être universel a conçue la morale de manière universelle afin de faciliter la vie entre les hommes.

Il passe à Zoroastre. L’auteur fait référence à ses principes de morale. C’est Zoroastre qui emploie les termes de bien et de mal, juste et bien, Dieu et Satan. Ses principes de morale enseignent l’amour du prochain, la probité, l’honneur. Voltaire s’intéresse ensuite aux Brahmanes. Selon lui, ces derniers avaient une conception personnelle de la morale, c’est-à-dire qu’au lieu d’être justes envers les autres, ils étaient plutôt rigoureux envers eux-mêmes. Leur morale était basée sur le silence, l’abstinence, la contemplation, le renoncement à tous les plaisirs. Par ailleurs, il trouve Confucius moderne et que contrairement à ce que l’on croit habituellement, il n’a érigé aucune religion, aucun culte. Il estime que tous les philosophes grecs prétendent nuancés des idées en physique et en métaphysique ; idées qui sont en fait erronées. Par contre, ils ont érigé la morale en perfection et « les Vers dorés » de Pythagore le prouvent. Zaleucus par contre, a émis une maxime qui jusqu’à nos jours, guide toute morale et religion. Selon lui, Épicure a été un philosophe sage et juste. Les stoïciens élèvent la nature humaine au rang de divinité, c’est-à-dire, mépris du plaisir, de la douleur, de la vie, de la mort et inflexibilité dans la justice.

Voltaire se pose d’autres questions et semble nostalgique car il ne comprend pas pourquoi est-ce que les hommes n’ont pas copié les Romains. Il souligne que si le lecteur estime n’avoir rien appris de son livre, qu’il se souvienne tout simplement que l’auteur a souligné dès le départ n’être qu’un philosophe ignorant. Il achève son œuvre par un message d’espoir. En effet, bien que son siècle persécute les personnes qui sont à la recherche de la vérité, il sait que cette quête de la vérité finira par triompher et ne sera pas éprouvée par le passage du temps. Le Philosophe ignorant est une œuvre très instructive le « prince de l’esprit » avec humilité mais causticité partage ses idées et pousse le lecteur à rechercher la vérité, la justice, la connaissance.

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