Les chaises

par

Résumé

Un couple de vieux – « le Vieux » a 95 ans tandis que « la Vieille », surnommée Sémiramis, a 94 ans – vit sur une petite île isolée du monde, probablement dans un phare croit-on comprendre à une didascalie. Bien que seuls et âgés, ils tentent de lutter contre leur solitude en ressassant de vieilles histoires, toujours les mêmes souvenirs qui reviennent, et qui leur permettent de penser à leur passé et de maintenir leur amour. Le sujet de la pièce, a dit l’auteur, est le« vide ontologique », auquel fait écho l’entassement de souvenirs dans la solitude de la vieillesse, qui peut être mis en parallèle à l’empilement de chaises, qui tiennent les unes sur les autres, mais qui, quand la pile est trop élevée, finissent par tomber.

Le Vieux, qui est auteur et penseur, estime avoir un message à délivrer à l’humanité avant de mourir. Il a donc invité sur leur île battue par le vent et les marées de nombreuses personnalités du monde, des gens connus, des hommes et des femmes respectés – le Colonel, le Photograveur, la Première Dame, la Belle, mais aussi l’Empereur.

En raison de la diversité des horizons dont viennent toutes ces personnalités, le vieil homme a engagé un orateur, qui doit traduire et donner une toute autre dimension à son message à vocation universelle. Les invités arrivent peu à peu, invisibles pour le spectateur. La Vieille apporte à chacun une chaise dans la salle de réception.

On remarque une gêne des deux seuls personnages présents physiquement pour le spectateur, relégués chacun à un coin de la pièce ; ils peinent à communiquer, ayant la vue et l’ouïe obstruées par l’amas de chaises vides entre eux. Ces chaises finissent par s’empiler et former un mur entre les deux vieux qui peinent à se voir l’un l’autre.

L’Orateur arrive en retard, et il s’avère qu’il est sourd et muet. Il tente néanmoins de les aider à communiquer par le biais de dessins, de hiéroglyphes tracés sur un tableau. À cause de la distance et de la piètre qualité des dessins, aucun des deux personnages ne parvient à les lire. À partir du moment où l’Orateur leur annonce qu’il est sourd et muet, et qu’ils ne pourront  communiquer que dans le silence, ils ont un sentiment de délivrance et souhaitent partir.

Les deux vieux tentent de fuir par deux fenêtres opposées, chacun de son côté, peinant de par leur grand âge. Ils savent néanmoins qu’ils doivent fuir coûte que coûte les fantômes qui encombrent l’endroit. En se jetant chacun par sa fenêtre, les deux vieux crient : « Vive l’Empereur ! ». L’Orateur est désormais seul sur scène ; il ouvre la bouche sans qu’aucun son n’en sorte.

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