Les Vilains Petits Canards

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Résumé

Les Vilains Petits Canards  est un livre écrit par le psychanalyste et neuropsychiatre Boris Cyrulnik et qui paraît aux éditions Odile Jacob en 2004. C’est une analyse psychologique de la résilience, des possibilités de métamorphose chez les êtres humains.

 

La « résilience » est un terme utilisé en métallurgie qui désigne la capacité que possède un métal à retrouver sa forme initiale après la réception d’un coup. En psychologie, la résilience désigne le fait de pouvoir continuer un développement sain malgré les chocs et les accidents de la vie. Boris Cyrulnik quant à lui utilise ce terme pour parler du développement chez l’enfant en bas âge en général et des effets de son enfance sur sa vie d’adulte. Ce phénomène commence très tôt chez l’enfant, depuis le début du tissage des liens affectifs et de l’expression de ses émotions. À cet âge, un choc peut avoir plusieurs conséquences chez certains enfants.

Un traumatisme est une occasion de s’épanouir, de prouver sa force et son caractère. L’auteur le définit comme une brèche dans le développement de la personnalité d’un enfant, un point fragile qui peut se rompre et se déchirer sous les coups durs de la vie. Pour mieux exprimer son point de vue, il utilise l’image des canards. Le petit canard travaille sans cesse à sa métamorphose infinie, pour enfin vivre une vie de cygne, une vie magnifique mais fragile, qui lui permettra d’intégrer sans traumatisme sa vie passée de « vilain petit canard ». S’il y pense quand il est cygne, c’est simplement comme un passé et non pas comme un traumatisme. Le processus de résilience se fait en deux phases :

— la première période est celle qui vient avant l’acquisition du langage chez l’enfant, période durant laquelle il se construit et crée sa personnalité avec l’histoire de chacun de ses parents comme ingrédients de sa construction ;

— la seconde période qui vient après l’acquisition du langage et durant laquelle l’enfant possède la possibilité de se rappeler son passé et de concevoir son avenir ; cette phase met en place les mécanismes de défense à l’intérieur de son monde intime. L’enfant apprend à compartimenter ses sentiments pour sortir des situations difficiles.

À la fin de la première phase de construction de sa personnalité, l’enfant aura acquis son tempérament. L’attachement à ses parents et ses premières expériences lui donnent la possibilité de se tourner vers un substitut en cas de traumatisme ou de coup dur.

Chez certains adultes, le passé est perçu comme bel et bien passé. Ceux-ci forment des barrières entre leur présent et leur passé à travers des mécanismes de défense souvent épuisants tels que le déni : quand un adulte répond qu’il n’a pas vraiment souffert dans son enfance même si cette enfance était vraiment difficile. Il y a aussi l’isolement : certains individus se construisent des murs pour vivre une vie de solitaire. La fuite en avant est un autre mécanisme de défense pouvant être périlleux : quand un individu évite de rester seul pour ne pas penser à sa douleur passée.

Chez certains, par contre, une expérience douloureuse peut donner naissance à une vie plus saine ; Cyrulnik en donne un exemple avec Barbara, qui a été violée pendant une guerre, mais qui a réussi à transformer son traumatisme en une source d’inspiration et qui a commencé à écrire des poèmes à l’âge de 15 ans. Quelle force l’a donc aidée à faire naître des fleurs sur des cendres ? L’auteur y répond en invoquant l’empreinte unique de chaque personnalité, cultivée ou détruite par la vie passée des parents, qui eux-mêmes sont les fruits de leur propre passé.

Dans les années 1950, on apprend l’importance de la relation qu’a un enfant avec sa mère ; cette relation est la plus forte de toutes : un enfant maltraité par sa mère ne s’en sort jamais, cette maltraitance peut donner naissance à un sentiment de manque profond, que l’enfant peut essayer de combler sans jamais y parvenir réellement.

Pour Boris Cyrulnik, il ne suffit pas pour une mère d’accoucher pour qu’elle puisse dire qu’elle a donné la vie, il faut aussi entourer son enfant d’une certaine aura protectrice. Il donne l’exemple d’une mère qui vient d’accoucher d’une fille ; son mari vient saluer sa petite famille, tout heureux d’être devenu père, mais sa femme s’excuse de ne pas lui avoir donné un garçon. Cette excuse n’est pas formulée avec une mauvaise intention, elle est le fruit de toute son existence, et le sentiment de honte d’être femme lui dicte de s’excuser. Pour elle, son bonheur est incomplet, et la petite fille ressentira tout au long de sa vie cette honte liée à sa condition, c’est-à-dire la honte d’être une fille, puis une femme. Dans sa vie d’adulte, cette fille pourra devenir une féministe de tout premier ordre, ou au contraire n’être rien d’autre qu’une pâle copie de sa mère.

 

Pour Boris Cyrulnik, les enfants ne tombent jamais loin de l’histoire de leurs parents, qu’ils fassent les mêmes choix ou l’inverse, c’est toujours en rapport avec leurs parents. Aussi, les parents ne sont pas forcément biologiques, ce sont ceux qui élèvent l’enfant depuis ses premiers jours. Son livre fut un succès et une source de réflexion pour beaucoup de lecteurs et de collègues. C’est une étude sérieuse fruit de ses années de pratique des sciences comportementales et psychologiques.

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