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Léviathan

par

Résumé

Les sujets de la plupart des
livres de ce croyant pratiquant qu’est Julien Green portent généralement sur la
foi, la religion ainsi que l’hypocrisie qui y est liée. Certaines de ses œuvres
traitent aussi des États du Sud des États-Unis, région qui lui tient à cœur du
côté maternel ; sa mère était en effet issue d’une grande famille du Sud
et Green se considérait lui-même comme un « sudiste ». Son succès est
dû à ses romans mais aussi à son journal, le seul journal littéraire à
s’étendre sur une aussi longue période – de 1919 à 1998 – ; il offre une
chronique de sa vie littéraire et religieuse, et un panorama de la vie
littéraire et artistique parisienne du XXe siècle. Julien Green
publie son roman Léviathan au début
de sa carrière, en 1929.

 

Le roman se déroule dans la
petite ville de Lorges, où le personnage principal, Guéret, trouve un poste de
précepteur chez les Grosgeorges. Monsieur Grosgeorges, un bon vivant, égoïste
et de caractère médiocre, sans exigences particulières, est marié à une femme
de quinze ans de moins que lui, avec laquelle il a eu un fils. Madame
Grosgeorges, femme de quarante-cinq ans à la beauté encore conservée, est
malheureuse dans son mariage qui apparaît comme monotone, et attend de trouver
quelqu’un qui lui ressemble pour être heureuse en amour. Victime de bovarysme, elle
est  enfermée dans une vie médiocre et
sans intérêt, à la recherche de quelqu’un de plus fort qui saura apporter une
touche de bonheur à sa vie.

Guéret rencontre à Lorges la
jeune Angèle. Sortie de l’orphelinat par Madame Londe, celle-ci l’élève comme
sa propre nièce, mais surtout elle prostitue la jeune fille aux bourgeois de
Lorges à la seule fin d’en connaître un peu plus sur eux, et d’assouvir son
désir de curiosité, un désir maladif qui la ronge. Ainsi, elle considère Angèle
comme sa pupille et sa confidente, mais encore comme une espionne qui doit
extorquer des renseignements en même temps que de l’argent à ses fréquentations
louches.

Guéret tombe très amoureux
d’Angèle dès qu’il la rencontre, et celle-ci en profite pour jouer avec ses
sentiments. La jeune fille est complètement insensible au romantisme et à la
sincérité de Guéret dont elle n’a pas l’habitude et qu’elle juge ridicules. Cependant,
le précepteur apprend enfin qu’elle mène un double jeu quand elle se refuse à
lui et qu’il découvre ses activités. Il la frappe alors violemment, puis il
prend la fuite et tue, de rage, un vieillard qu’il rencontre par hasard sur sa
route.

La ville entière se demande qui
est l’agresseur d’Angèle et l’assassin du vieillard. Les soupçons se portent
vite sur Guéret. Malgré l’insistance de Madame Londe, Angèle refuse de le
trahir.

Malgré son geste, le jeune homme,
fou amoureux d’Angèle, n’est toujours pas décidé à la laisser en paix ; il
n’a qu’un seul objectif tout au long du roman : la posséder. Madame
Grosgeorges, elle, n’a aucun doute sur l’identité de l’agresseur : c’est
Guéret. Traqué de tous, il se rend chez elle pour lui demander de l’argent, ce
qu’elle accepte, et elle lui propose même une cachette pour la nuit. Cependant,
sa générosité apparente est en réalité un geste intéressé. En effet, Mme
Grosgeorges entretient une passion inavouée pour Guéret dont elle veut s’attirer
les faveurs. Elle pense avoir enfin trouvé en lui celui qui lui ressemble, bien
qu’elle soit consciente de son agression et de son crime.

Mais lorsque Mme Grosgeorges se
rend compte que Guéret ne cherche qu’à entraîner Angèle dans sa fuite, et que l’argent
qu’elle lui donne ne sert qu’à rendre possible une union propre à l’éloigner de
lui, elle décide de le livrer à la police et elle tente de se tuer.

Angèle quant à elle, blessée, ne
peut plus se consacrer à ce qu’elle avait toujours connu, et elle s’isole dans
le souvenir de cette passion étrange en attendant la mort.

 

Léviathan est un
cauchemar d’amour. Les personnages de Green se caractérisent par leur solitude,
et le manque de communication entre eux qui les empêche d’extérioriser leur
être et de s’ouvrir au monde. Le roman ouvre alors plusieurs perspectives
concernant d’abord les relations humaines, destructrices voire parfois meurtrières.
Le lecteur est alors invité à la réflexion, une réflexion sur l’être humain,
son mal-être, ses désirs et ses secrets. L’œuvre propose un exposé de la
complexité des relations entre les individus qui se dénoue à la façon d’une
tragédie racinienne.

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