L'Homme qui a séduit le soleil

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Jean-Côme Noguès

Jean-Côme Noguès est un
écrivain français né en 1934 à
Castelnaudary dans l’Aude, où il vit une enfance villageoise, près de Narbonne,
entre Lauragais et Minervois. Dès le collège il se passionne pour la lecture.
Il poursuit ses études secondaires à Castelnaudary puis à Carcassonne. Il part
ensuite étudier à Paris où il aura une carrière
d’enseignant
. Il est tour à tour instituteur, puis professeur et proviseur dans
des collèges parisiens. Il reviendra ensuite s’installer dans ses terres
natales, lesquels nourrissent largement son œuvre.

Alors qu’il commence à
écrire, ce sont les contes de son enfance, qu’il prend toujours très au sérieux
en tant qu’adulte, qui lui reviennent à l’esprit, et c’est spontanément dans le
secteur de la littérature pour la jeunesse que son œuvre se déploie. Ses
ouvrages sont parcourus de héros enfants
car il garde un souvenir marquant de ses nombreuses lectures de collégien.

 

Dès 1969 en parallèle de sa carrière d’enseignant, Jean-Côme Noguès
publie Silvio ou l’été florentin dont le cadre est la ville italienne
de Florence au XVe siècle.
Silvio, un jeune pâtre de la campagne, se situe loin de ce monde citadin en
effervescence de la Renaissance, fait de marchands, de nobles et d’artistes,
mais il nourrit le vœu de devenir peintre malgré la distance qui le sépare de
son rêve. L’atelier du grand maître Pietro Boretti le fait rêver et il devra
saisir sa chance lorsqu’on lui commande le portrait d’une jeune héritière, pour
réussir, malgré les jaloux, dans la voie qu’il s’est choisie.

L’histoire de Mon
pays sous les yeux
se passe
deux siècles plus tard, en 1672, en Hollande, et met en scène Peet, un garçon d’auberge qui, alors que Louis XIV
s’apprête à envahir le pays et que les Hollandais imaginent inonder
volontairement leurs terres en crevant les digues qui les protègent, va se
trouver étroitement impliqué dans les événements historiques, à quinze ans à
peine, lorsqu’il croise la route d’un mystérieux voyageur qui semble se cacher
à l’auberge où il travaille.

En 1972, Jean-Côme Noguès publie son œuvre qui reste la plus lue, Le
Faucon déniché
. Le cadre en est le pays
d’Oc
au Moyen Âge, et le héros Martin,
fils d’une famille modeste qui brave un interdit en dénichant et dressant un
faucon, activité normalement réservée aux nobles. Mais le fauconnier du château
tout proche le surprend, s’empare de son oiseau et enferme Martin dans un
cachot pour braconnage. Même si le garçon se verra par la suite récompensé pour
un acte de bravoure, il retrouvera son ami le faucon très différent d’avant sa
mésaventure, ayant subi un nouveau dressage, et la fin de l’histoire n’est pas
des plus heureuses. Il s’agit donc d’un roman d’initiation centré sur les
thèmes de la liberté et de l’apprivoisement qui apparaît à Martin
comme une amitié. Martin est un héros têtu, brave,
passionné, et au final attachant. Le récit devient en outre prétexte à
découvrir les mœurs au Moyen Âge, notamment
les mœurs paysannes, la hiérarchie en vigueur et les méthodes d’attaque et de
défense d’un château-fort.

Retour au Moyen Âge une
nouvelle fois, cette fois en 1204, toujours
dans le pays d’Oc, avec Le Vœu du paon paru en 1990, pays
que parcourent Jordi le jongleur accompagné
de Grillot, enfant trouvé qui vient de perdre sa mère adoptive et en quête de ses parents en même temps que de son identité. Le jeune lecteur découvre ainsi l’activité de ces
jongleurs qui, de château en château, interprétaient les chansons des fameux
troubadours.

C’est la culture asiatique
qui est au centre du Génie du pousse-pousse, œuvre parue
en 2001. Le pousse-pousse en question, c’est le véhicule en rotin de Chen, un
jeune homme qui vit heureux de ses courses et a pour ami Wang, un pêcheur. La
découverte d’un jardin merveilleux sur les hauteurs de Hong Kong fait naître en
lui de nouveaux rêves, qu’un riche client permettra peut-être de concrétiser,
pense-t-il. Cette trame est le prétexte d’un conte sur la valeur des choses, qui dépend du regard que l’on porte sur elles,
car Chen perd d’abord sa joie de vivre dès lors qu’il souhaite posséder quelque
chose d’inatteignable pour lui. L’œuvre est particulièrement remarquable de par
les illustrations soignées d’Anne
Romby, qui aident à faire entrer le lecteur dans le monde exotique de Chen.

L’Homme qui a séduit le
soleil
, œuvre parue en 2008, a
pour héros Gabriel, jeune bateleur du Pont-Neuf, que Molière remarque et emploie comme moucheur de chandelles. À travers
lui, le jeune lecteur, après avoir été témoin du Paris des petites gens qui entouraient Gabriel, peut découvrir la cour du Roi-Soleil lorsque Louis XIV y
fait venir la troupe de Molière, rencontrer certains personnages de l’époque
comme Mazarin, Anne d’Autriche, et prendre part à des événements historiques
entre l’emprisonnement de Fouquet et l’instauration de la monarchie absolue, en
même temps que lui est proposée une réflexion sur le pouvoir de l’argent et l’ambition.
Le regard excentré du jeune Gabriel, plutôt que celui de Molière, permet une
identification du jeune lecteur qui découvre en même temps que lui un nouveau
monde.

Victor Hugo : La
révolte d’un géant
plonge
le lecteur dans le Paris de 1838 à
travers le parcours de Valentin, grand admirateur de Victor Hugo, apprenti
poète qui, en même temps qu’il se trouve plongé au cœur des événements
historiques (insurrection ratée de Barbès, demande de la grâce royale par Hugo
pour Blanqui), tente de s’approcher de son idole, d’abord par le biais d’Honoré
de Balzac, mais ce sera finalement par Mme Hugo qu’il rencontrera le grand
homme, dont il tombe amoureux de la fille Léopoldine. Comme un hommage à
l’écriture d’Hugo, l’œuvre est parcourue de longues descriptions et fait la part belle à l’illustration de la misère des pauvres.

En 2011 L’enfant
et la forêt
vient proposer
une suite, près de quarante ans
après, au Faucon déniché. On retrouve
Martin, douze ans, peu après les précédents événements, qui doit remplacer son
père blessé pour fournir les cuisines du château en bois. Là, on veut
l’embaucher comme tournebroche, ce qui est hors de question pour Martin qui
aime le grand air, d’autant qu’il a rencontré dans la forêt un enfant sauvage, Peirot, ayant perdu sa
famille dans un incendie, et qu’il va tenter d’aider. Toujours Chagriné par la
perte de son faucon, c’est donc une histoire d’amitié avec un semblable que va désormais vivre le jeune Martin. Le
lectorat visé est toujours celui de la fin
du primaire
ou du début du collège.

 

Jean-Côme Noguès apparaît
donc comme un auteur de littérature pour la jeunesse soucieux d’intéresser son
lectorat à des temps situés entre la
légende et l’histoire
, à travers des héros de son âge auxquels il peut
s’identifier. Le vocabulaire utilisé
peut parfois faire écran avec la compréhension directe de l’histoire mais
devient l’occasion d’un apprentissage concomitant de l’histoire et de mots
spécifiques à un temps, qui donnent concrètement accès à certaines de ses
réalités. L’auteur a beaucoup prolongé son œuvre à travers des rencontres avec ses jeunes lecteurs à
l’occasion d’ateliers d’écriture.

 

 

« Tu ne seras jamais un
tueur comme les faucons du seigneur Guilhem, lui murmura Martin. Je te cacherai
si bien que personne ne te trouvera. Tu ne tueras que pour manger. Il le faut
bien puisque tu es né rapace. Mais pas de ces massacres que le fauconnier aime
tant. Nous resterons amis, tous les deux. Je t’en prie, ne va pas trop loin.
J’ai peur que tu ne reviennes pas ! »

 

« Mieux valent galettes
de farine de glands mangées en famille que bon pain de blé qu’on ne partage pas
avec les absents. »

 

Jean-Côme Noguès, Le Faucon déniché, 1972

 

« C’est souvent ainsi
que commencent les aventures, par une idée inattendue, un petit rien qui vous
entraîne au loin. »

 

Jean-Côme Noguès, Le Génie du pousse-pousse, 2001

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