L'Ombre du vent

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Résumé

L’Ombre du vent est le premier roman destiné à un public adulte de l’auteur espagnol Carlos Ruiz Zafón. L’édition originale a été rédigée en langue espagnole sous le titre La sombra del viento, et publiée en 2001. Dès sa sortie, ce roman remporte un succès considérable et reçoit plusieurs prix. Traduit en 36 langues, il est devenu un best-seller planétaire poursuivant sa moisson de récompenses.

L’action débute à Barcelone, en 1945, au lendemain des épisodes tragiques qui ont jalonné la guerre civile espagnole et dont l’ambiance délétère se ressent dans tout le pays. Lorsque Daniel Sempere, un petit garçon de huit ans, commence à oublier le portrait de sa mère défunte, son père libraire l’entraîne dans un lieu magique et mystérieux auquel n’a accès qu’un petit groupe de privilégiés. Il s’agit d’une bibliothèque appelée le « cimetière des livres oubliés ». En pénétrant dans cet espace réservé, Daniel doit accomplir un rituel qui consiste à choisir et à adopter un livre. Cet acte constitue un engagement à préserver « son » livre envers et contre tout, car comme le lui explique son père : « Chaque livre, chaque volume que tu vois, a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Chaque fois qu’un livre change de mains, que quelqu’un promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et devient plus fort. »

Daniel choisit L’Ombre du vent de Julian Carax ; il n’en connaît alors ni l’histoire ni l’auteur. La lecture du roman le subjugue. Avide d’en connaître davantage sur l’auteur, il entreprend des recherches et découvre qu’il n’existe qu’un seul exemplaire de L’Ombre du vent, celui qu’il conserve. Il apprend que dix ans plus tôt, Carax est parti vivre à Paris et que depuis, un étrange individu au visage effroyable brûle tous ses écrits. C’est autour de ce livre que se construit un monde fantastique qui s’invite en permanence dans la vie du jeune héros. Daniel croise plusieurs fois la route d’un homme mystérieux qui veut lui acheter son exemplaire. Daniel refuse, mais il ressent en permanence le danger qui pèse sur l’accomplissement de sa mission. Il cherche surtout à cerner l’identité de Julian Carax et découvre des éléments troublants : Julian Carax, fils d’un chapelier, est dans la Barcelone d’avant la guerre civile un adolescent brillant, qu’un homme fortuné, M. Aldaya, décide un jour de prendre sous sa protection et inscrit dans une école fréquentée principalement par les fils de la haute bourgeoisie de la ville. Il a quatre amis : Jorge Aldaya et Miquel Moliner, deux fils de riches familles d’une part, et Fernando Ramos et Javier Fumero d’autre part, issus comme lui d’un milieu modeste. Des destins bien différents attendent ces jeunes garçons. Jorge Aldaya suivra sa famille en Argentine et verra disparaître sa richesse avant de revenir à Barcelone pour y mourir. Miquel Moliner consacrera la fortune héritée de son père à l’art et au mécénat, et s’occupera tout particulièrement de faire éditer les romans écrits par son ami Julian Carax ; il mourra jeune, misérable, terrassé par la maladie. Fernando deviendra prêtre, mais c’est Javier qui va occuper une place centrale dans le récit : le jeune garçon est gravement perturbé par l’éducation malsaine reçue de sa mère, femme imbue de sa personne, atteinte de folie des grandeurs et aimant à exhiber son corps nu dans le secret du domicile familial, à tel point qu’il finira par la tuer d’un coup de fusil en plein visage. Ensuite, il deviendra homme de main, assassin, mettra ses tristes talents au service des maîtres du moment, pour finalement devenir inspecteur de police et faire régner la terreur dans les rues de Barcelone. Son but ultime : retrouver Julian Carax et le tuer. La raison en est simple : Javier et Julian ont été amoureux de la même jeune fille, Pénélope Aldaya, sœur de Jorge, et l’amour de Javier n’a pas été payé de retour. L’enquête que mène Daniel éveille donc l’attention du cruel policier.

Julian est comme nous l’avons évoqué tombé éperdument amoureux de la sœur de Jorge Aldaya, Pénélope, qui brave les interdits sociaux et familiaux en répondant à l’amour de ce jeune homme de modeste extraction. Les deux jeunes gens se voient en cachette, et finissent par unir leurs corps. Malheureusement, ils sont surpris par Jorge. Les deux amants doivent se séparer : Julian s’exile à Paris, où Pénélope doit le rejoindre. Mais elle est enfermée dans la maison familiale par son père, sans même le droit de quitter sa chambre. Elle porte en elle le fruit de ses amours avec Julian, et décède en mettant au monde leur enfant qui lui non plus ne survit pas. La jeune mère et son bébé sont enterrés dans une crypte secrète et murée de la demeure familiale. Puis la famille Aldaya quitte Barcelone et part pour l’Argentine.

Daniel poursuit inlassablement ses recherches sur Julian Carax et son œuvre, aidé par son ami Fermin Romero de Torres, un homme d’une grande culture et doté d’un caractère des plus originaux que le père de Daniel a embauché pour l’aider à la librairie familiale. Fermin, qui a eu, pour son malheur, maille à partir avec l’inspecteur Javier Fumero pendant la guerre civile espagnole et qui a subi la torture, soutient le jeune Daniel et guide ses premiers pas dans la vie d’homme en lui prodiguant des conseils avisés et pleins de bon sens. Daniel grandit et apprend certaines vérités sur le genre humain (« nous restons vivants tant que quelqu’un se souvient de nous ») souvent teintées d’humour (« Les gens caquettent à qui mieux mieux. L’homme ne descend pas du singe, il descend de la poule. »)

Au fil du roman, Daniel éclaircit certaines parties de la biographie officielle de Julian Carax, sans pour autant réussir à déchiffrer le mystère qui l’entoure. Sa route croise celle de Nuria Monfort, fille du gardien du cimetière des livres oubliés, compagne de Miquel Moliner jusqu’à la mort de celui-ci, puis amoureuse fidèle de Julian Carax après son retour à Barcelone. Daniel tombe amoureux de Bea, la superbe sœur de son meilleur ami, qu’il détourne d’un mariage avec un triste garçon qu’elle n’aime pas. Il est surveillé par la redoutable police aux ordres de Javier Fumero, qui n’hésite pas à le menacer et à s’en prendre à ses amis.

Au bout d’une quête difficile et dangereuse, Daniel découvre la vérité sur le drame de Julian Carax. Le jeune écrivain n’est pas le fils du chapelier, mais celui de M. Aldaya, le riche homme d’affaires. Pénélope et lui sont donc frère et sœur. Telle est la véritable explication de l’opposition farouche de M. Aldaya à toute union entre les jeunes gens. Quant à l’homme au visage effroyable et marqué par les flammes, celui qui voulait absolument acheter son exemplaire de L’Ombre du vent à Daniel, il n’est autre que Julian Carax lui-même, qui s’est fait passer pour mort et dont le but est de détruire les traces de son œuvre.

Le drame se dénoue dans l’antique demeure abandonnée des Aldaya : Daniel et Bea sont là, et le jeune homme reçoit enfin de Julian Carax l’explication qu’il cherche depuis si longtemps. Malheureusement, l’inspecteur Javier Fumero est là aussi. Un échange de coups de feu a lieu et Daniel est gravement blessé, tandis que Julian tue de ses mains Fumero qui voulait l’abattre.

La fin du roman est cependant heureuse : Daniel et Bea se marient et mènent une vie tranquille, sous le signe des livres et de la littérature. Julian Carax a officiellement disparu, mais il est en fait reparti pour Paris, où il a repris goût à l’écriture. Et vient le jour où Daniel emmène son propre fils, prénommé Julian, en ce lieu étrange appelé le cimetière des livres oubliés…

La ville de Barcelone et ses quartiers étonnants parfois hantés offrent une toile de fond vibrante qui sert brillamment le roman. Le récit est basé sur la recherche constante d’une vérité fuyante et navigue entre un monde réel et des mondes surréalistes, se voyant ponctué par des situations inquiétantes et drôles et des répliques pleines d’humour, de poésie et de nostalgie.

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