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Portrait de l'artiste en jeune homme

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Résumé

D’abord publié sous forme de feuilleton entre 1914 et 1915, Portrait de l’artiste en jeune homme est finalement imprimé sous une forme unique en 1916. Largement autobiographique, Joyce y raconte la maturation d’un poète et les errances intellectuelles qui lui permirent de se constituer comme artiste.

 

Chapitre un

 

            Aux premiers souvenirs flous et disséminés de ses parents et de leurs fréquentations succèdent des récits, d’abord fragmentés puis de plus en plus précis, des premières années du jeune Stephen Dedalus au Conglowes Wood College chez les jésuites. Ses relations avec ses camarades, les vexations subies par ce premier de la classe se mêlent à des scènes de vie chez ses parents. Joyce y aborde des thèmes comme la religion – à travers notamment une scène de repas de Noël, pendant laquelle son père et Dante, sa tante, s’engagent dans une dispute virulente sur le rôle que l’Église catholique doit jouer dans la politique de l’Irlande de cette fin du XIXème siècle – mais peint aussi un tableau saisissant de l’éducation de cette époque, sévère et austère.

 

Chapitre deux

 

            Les souvenirs commencent à se préciser : le jeune Dedalus continue, malgré les difficultés financières de ses parents, à étudier au collège jésuite. Joyce narre l’été insouciant qu’il passe avec ses amis, à gambader dans la campagne irlandaise, été qui va pour lui se prolonger par un déménagement à Dublin. Cette nouvelle ville l’intrigue. Envoyé, tardivement dans l’année, à Conglowes, il y suit paisiblement une scolarité parfaite. Il gagne même un prix d’écriture, mais l’argent lui file rapidement entre les doigts. En effet, voyant les conditions de vie de ses parents s’amoindrir encore et encore, il leur paie restaurant et petits cadeaux.

Sa vie normale d’enfant est aussi perturbée par une sensibilité accrue, qui le rend sujet à de nombreuses illusions, crises et expériences troublantes. Ses nerfs lui jouent souvent des tours, et ses sens le font souvent divaguer : « Parfois une fièvre s’emparait de lui et le faisait errer seul, le soir, dans la calme avenue ». Cette hypersensibilité lui donne la conscience d’être différent, et l’amène à fréquenter le quartier des prostituées, qu’il découvre au cours de ses pérégrinations dans Dublin.

 

Chapitre trois

 

            Dedalus est maintenant un adolescent qui vit dans le péché. Il fréquente un collège dublinois de jésuites, mais se complaît dans les plaisirs de la chair. Sa foi est loin derrière lui, et il écoute avec une certaine distance les sermons de ses professeurs. Pourtant, les jours de la fête du patron du collège, les prédications sur l’Enfer et la mort, sur la vie de péché et les châtiments de Dieu font une grande impression sur la sensibilité du jeune adolescent. Il sort de ces quelques jours l’esprit embrumé, égaré, et décide alors de se confesser pour tenter de sauver son âme. Il s’enfuit de son collège pour entrer dans une église inconnu, où il révèle tout au prêtre, dans le confessionnal : il a seize ans.

 

Chapitre quatre

 

            Sa confession a changé le jeune Joyce : il vit désormais de contritions et d’actes pieux, tentant de racheter sa faute première. Il recherche les choses les plus contrariantes pour ses sens, et ponctue sa journée de prières, gardant son chapelet toujours sur lui. Un jour, le directeur de son collège le convoque pour lui offrir la possibilité de devenir frère : cette opportunité n’est donnée qu’à des élèves qui se distinguent pas leur foi, et qui se sentent une vocation pour ce métier. Dedalus sent qu’il devrait se sentir flatté : il rêve depuis longtemps de la vie monacale, de la splendeur de la vie religieuse, de l’orgueil et de l’importance que revêtent alors chaque acte pieux. Mais, sortant de chez le directeur, il se rend peu à peu compte que la vie, au dehors, l’appelle : un instinct de vie et de passion le retient d’entrer dans les ordres, qui lui promettent une existence réglée et sage, sans débordements. Il entre alors de plain-pied dans l’existence, ressentant de plus en plus fort cet appel de la vie. Lors d’une promenade sur la côte, il se sent pour la première fois vivant, suivant une jeune fille qui le fascine.

 

Chapitre 5

 

            Une ellipse temporelle projette le jeune Dedalus à l’université, où il suit des études généralistes avec une insouciance joyeuse : sans cesse en retard, féru de littérature, provocateur et boute-en-train, Joyce se peint comme un jeune homme au trait d’esprit facile. Il ne s’intéresse pas aux cours de sciences, et discute politique avec ses amis. Mais ses idées, notamment religieuses et sexuelles, choque son plus proche ami, Davin : « – Tâche d’être un des nôtres, répéta Davin. Au fond du cœur, tu es un Irlandais, mais tu te laisses trop dominer par ton orgueil. »Il commence par ailleurs à élaborer son esthétique : pour lui, l’art est une présentation de l’homme ou de la matière à des fins esthétiques. Il lie par ailleurs la beauté au plaisir, et retrouve la considération de l’amour charnel qu’il avait auparavant. Les nombreux dialogues, avec Lynch ou Davin, permettent à Joyce de peindre la naissance des idées balbutiantes d’un jeune poète en devenir, ainsi que ses conflits avec la religion. Les dernières pages du livre contiennent le journal du jeune homme : aux souvenirs diffus et épars des premières années succèdent donc, pour conclure, la notation précise d’événements, et la découverte du sentiment fort de l’amour vrai.

 

            Composé pour une grande part en discours indirect libre – mis à part les dernières pages sous la forme d’un journal – Portrait de l’artiste en jeune homme s’inscrit dans la réinvention moderniste du roman, qui consiste à inscrire un flux de conscience dans la narration : le narrateur y est interne et offre le flot de ses souvenirs au lecteur, faisant coïncider discours et récit.

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