Un homme à distance

par

Résumé

Ce livre de Katherine Pancol est un roman épistolaire, une véritable mine de références culturelles. En effet, c’est un roman d’amour entre deux personnes qui aiment les livres avant de s’aimer l’une l’autre.

         L’histoire est racontée par Josepha, une jeune femme qui possède un restaurant à Fécamp, une petite ville de Haute-Normandie. Elle met à la disposition du lecteur un paquet de lettres que lui a remis sa voisine, Kay Bartholdi – des lettres qui s’étendent sur un an et qui racontent son histoire. Pourtant, Josepha connaît déjà l’histoire de Kay ; elles sont amies et en ont déjà parlé. Alors pourquoi lui avoir laissé cette correspondance qu’elle a partagée avec un certain Jonathan Schields ? Pour qu’elle les supprime. Kay refuse de les garder chez elle.

         La première lettre est celle de Kay à Jonathan. Elle accepte d’envoyer par la poste à cet Américain en vacances sa commande de livres qu’il a déposée dans sa petite librairie, Les Palmiers Sauvages. C’est un inconnu qui lui a laissé une importante somme d’argent pour satisfaire sa commande. Le ton est courtois mais distant. Et puis, au fil des lettres, une relation étrangement complexe s’affirme entre les deux protagonistes. Ils parlent de tout. De films, de livres, d’art, de citations, de grands auteurs, mais aussi et surtout, de leur vie.

         On sait de Jonathan Schields qu’il est un New Yorkais en mission pour un éditeur américain. Il doit écrire un guide des endroits de charme en France, alors il choisit la librairie de Kay pour lui envoyer des commandes de livres régulières pendant qu’il fait le tour des côtes françaises. Ainsi, ce prétexte lui permet d’entretenir une correspondance avec la propriétaire du commerce. En homme poli, il s’excuse dès le début de devoir écrire des lettres dactylographiées.

         Kay Bartholdi, au fil de ses lettres, laisse entrevoir à Jonathan qu’elle a été brisée par son premier amour. Voilà pourquoi elle est toujours célibataire à son âge. Il s’appelait David et il est parti en bateau du port de Fécamp. Qu’est-il devenu depuis ? Elle ne le sait pas et ne veut pas le savoir. Elle lui en veut encore beaucoup de l’avoir fait autant souffrir sans explications.

         Mais ce qui permet réellement de connaître les personnages de ce livre sont leurs lectures. Ils partagent énormément sur leurs points de vue, leurs coups de cœur littéraires. C’est un livre qui parle de livres. Tant et si bien que Katherine Pancol a dû dresser, à la fin de son roman, une liste de tous les ouvrages qu’elle mentionne dans ses lettres fictives. Une liste bien utile qui permet de retrouver les romans particulièrement tentants que Kay et Jonathan nous ont présentés en parlant d’eux-mêmes. Les livres servent de masques aux personnages pour cacher leur véritable identité.

         Très vite, le dialogue entre les deux férus de littérature devient amoureux. Il faut dire que l’écrit laisse plus de place à la confession que l’oral. Très vite, Jonathan devient jaloux d’un prétendant de Kay, Jean-Bernard, qui finira même par la demander en mariage. Mais elle ne semble pas en être éprise et fait remarquer à Jonathan qu’il fait tout pour se faire détester d’elle. Elle essaie d’ailleurs de repousser les confidences qui arrivent en masse dans ses lettres, elle cherche à se protéger de ce qu’elle a vécu dans le passé avec son fameux David dont elle continue de parler parfois.

         La correspondance se poursuit sans heurt jusqu’au moment où Jonathan apprend à Kay qu’il est dans un certain hôtel d’Aix-en-Provence où elle a séjourné des années plus tôt. Il a parlé à l’aubergiste qui se souvient d’elle. Alors il lui raconte sa propre version de la vie de Kay et de l’histoire qu’elle a vécue avec David. Elle ne lui répond plus à la suite de cette lettre. Il est désolé et envoie message sur message en se livrant de plus en plus. Il finit d’ailleurs par changer de signature. Le Jonathan habituel devient David.

         Kay daigne alors enfin lui répondre. Elle accepte de parler à son ancien amant et cette missive est la dernière qu’elle recevra d’elle. Elle lui en veut d’être revenu à elle sous une fausse identité qu’elle avait décelée depuis bien longtemps. Jonathan Schields est le personnage d’un film, Les Ensorcelés de Vincente Minnelli, dont l’histoire correspond à celle de David.

         C’est alors que tout s’éclaire pour le lecteur. C’est d’ailleurs Kay qui revient sur son histoire en détail en précisant à chaque phrase qu’elle refuse de revoir David, qu’elle refuse ne serait-ce que de lui parler. Le père de Kay était cuisinier dans une pizzeria à Paris. La mère de Kay est morte quand elle était jeune – sans doute de tristesse parce que son mari était violent. Marco est le frère de Kay, de deux ans son aîné. Pourtant, à la mort de sa mère, c’est à sa petite sœur qu’il s’est raccroché, enfant dévasté. David était un repère pour les deux enfants dont le père était quasi inexistant. Il avait dix ans de plus que Kay et c’était un rêveur. Il ne parlait que de films ou de livres et c’est lui qui a appris la vie aux deux jeunes qu’il a pris sous son aile. Et puis, à l’âge de quinze ans, Kay s’est livrée à David. Il était timide et scrupuleux au début et puis l’amour l’a gagné également. Ils ont quitté Paris avec l’argent dont David ne manquait pas et ont fait le tour de la France en trio. David, Kay et Marco qui s’accrochait désespérément à ce couple qui était sa seule famille, sa seule raison d’être. Il vivait par eux, pour eux, cherchant une place au milieu de la passion dévorante qui les tenaillait. David se faisait passer pour leur père dans les hôtels mais personne n’y croyait.

         C’est à Fécamp que David est parti. Il avait des ambitions bien plus nobles que ces petites escapades d’enfants. Il est devenu producteur à Hollywood. Un producteur riche, célèbre et très bien entouré. Et enfin, il réalisait son rêve de travailler dans le cinéma comme son père. Le jour de son départ précipité et secret, Marco est retourné à Paris en crachant sur sa sœur qui n’avait pas su le retenir. Kay, quant à elle, est restée sur place, à Fécamp, où, complètement désespérée, elle a été recueillie par Josepha qui lui a redonné peu à peu le goût de vivre. Quand elle a été sur pieds de nouveau, elle est retournée à Paris où Marco était devenu un riche homme d’affaires grâce à un ancien ami de David. Il la prit de haut et lui dit d’oublier ce qui s’était passé. Il n’avait pas de temps pour elle et il avait bien changé. Kay est restée quelque temps à Paris où elle a travaillé dans le restaurant de son père avant qu’il ne meure. Elle a reçu son héritage et est retournée à Fécamp où elle a reconstruit sa vie pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui.

La correspondance s’arrête sur une dernière lettre de David qui dit comprendre qu’il ne la reverra plus jamais et qu’il retourne donc à Los Angeles. Les nouvelles qu’on a des personnages ensuite viennent de Josepha qui donne à l’histoire une conclusion bien triste. David a repris sa vie d’avant entre sexe, alcool, drogue et jeux d’argent à Hollywood en devenant de plus en plus riche. Kay a arrêté de voir son frère et elle est restée à Fécamp où elle tient toujours sa petite librairie, juste à côté du restaurant de Josepha.

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