Un testament espagnol

par

Résumé

Arthur Koestler, journaliste anglais d’origine hongroise, est à Malaga en 1937 lorsque les troupes nationalistes prennent la ville. Sympathisant déclaré des républicains, il était alors correspondant pour le journal anglais News Chronicle. Il est arrêté et incarcéré par le général Bolin notamment à cause d’un article peu flatteur consacré au général Queipo de Llano, un des principaux instigateurs du coup d’État de 1936, à la tête des troupes combattant dans le Sud de l’Espagne. Le général en question avait promis la mort à tous les « rouges » ; quatre mille partisans du Front populaire furent exécutés suite à la prise de Malaga. Arthur Koestler va attendre son exécution près de quatre mois avant d’être libéré en mai 1937.

Arthur Koestler passe plusieurs jours à Malaga avant d’être transféré à Séville et livré au général Queipo de Llano. Dans sa prison, il va, au départ, être déclaré « incomunicado », c’est-à-dire privé de toute communication avec ses gardiens, ses compagnons d’infortune, et donc cloîtré dans une petite cellule, sans pouvoir lire ni écrire, ni même se laver. Et tout cela, il va le découvrir progressivement, car le directeur de la prison ne prendra pas la peine de l’en informer, et c’est en tentant de converser avec ses gardiens, en émettant des réclamations qui n’aboutiront pas, qu’il prend peu à peu conscience de sa terrible condition.

Le narrateur raconte qu’il écoute chaque soir les bruits de pas dans les couloirs – ceux des condamnés du jour –, puis il détaille la cruauté inhérente aux éléments qui composent son petit monde, comme cette « ampoule électrique brûlant toute la nuit ». Au fil de l’œuvre le régime s’adoucit cependant. D’abord vient le barbier pour le raser, grâce à Don Antonio, un gardien à qui il a su inspirer de la sympathie. Il réussit à obtenir quelques bribes de conversation avec lui, qui sont pour Koestler une bénédiction.

Chaque jour, le détenu trace un trait à la craie sur un coin de mur pour compter les jours, et inscrit parfois quelques mots comme « tout s’améliore ». Il réussit à se procurer des livres auprès du bibliothécaire de la prison et entame leur lecture en espagnol, ce qui sera source de réconfort bien qu’au début il ne comprenne que peu l’espagnol. Il va finalement réussir à obtenir savon, crayon, papier et chemise en refusant de manger jusqu’à voir le directeur, qui lui fournit ces objets en échange de son engagement à se remettre à manger. Par le truchement d’Angelo, l’homme de ménage, il pourra aussi se procurer des vêtements par exemple.

Mais plus sa condition s’améliore d’un point de vue pratique, et plus le narrateur est gagné par le mal du pays et l’impatience devant la longueur de l’attente, car en fin de compte il ne sait pas s’il sera fusillé ou non, et cette menace plane sur lui tout au long de son incarcération. Cette terreur est renforcée par les événements tragiques dont il est témoin tels que l’exécution de quarante prisonniers qui jouaient au football sur le patio.

Le narrateur est ensuite transféré dans une autre cellule plus vaste. À partir de là, il met en place un stratagème pour être transféré à l’hôpital de la prison : il arrête secrètement de manger en jetant sa nourriture par le trou des toilettes, afin que son état se dégrade naturellement et qu’il bénéficie d’un sursis plus long qui pourrait – du moins il l’espère – le faire survivre jusqu’à ce qu’une situation politique plus favorable permette sa libération. La difficulté de cette entreprise lui demande de lutter contre sa volonté instinctive. Dans un premier temps il écrit une lettre au consul, puis continue son jeûne en le ponctuant de brefs repas pour continuer à dépérir tout en restant en vie.

Il est témoin de la mort de républicains qui occupent les cellules adjacentes à la sienne ; parmi eux son ami Carlos devient fou et il est jeté au cachot, avant que tous deux ne se retrouvent dans la même cellule. Carlos ne trahit pas Koestler qui est obligé de lui dévoiler son plan pour être envoyé à l’hôpital. Bientôt le narrateur reçoit des visites régulières du médecin qui est furieux de ne pas comprendre quelle maladie occasionne les symptômes de l’affaiblissement de son patient.

L’état du narrateur empire de jour en jour, ce qui joue en sa faveur car il est convoqué pour une brève audience devant le juge d’instruction de la prison, qui veut le faire inculper en règle pour « aide à une insurrection armée ». Une nuit il est soudain convoqué au bureau du directeur, où un homme mystérieux lui demande de signer des papiers certifiant qu’il ne se mêlera plus des affaires intérieures de l’Espagne, après quoi il pourra le faire libérer. Arthur Koestler découvrira plus tard qu’il a été échangé contre la femme d’un officier franquiste détenue en otage à Valence. Il ramène alors ses notes en Angleterre et arrête son récit au moment où il foule le sol britannique.

« Le survivant est un vivant sans doute, mais il demeure conscient de ce que le soleil peut se coucher à midi, et il reste solidaire de certains morts devant lesquels il doit tous les jours justifier sa survie. Il n’échappe plus au dialogue avec la mort, au thème obsédant de celui-ci : le sens de la vie, de l’être et du paraître, de la victoire et de la défaite. »(quatrième de couverture)

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >