Analyse de "le filmeur" d'alain cavalier

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  • Publié le : 14 juin 2011
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Filmographie commentée
Alain Cavalier commence sa carrière cinématographique aux côtés de Louis Malle qu’il assiste dans « Ascenseur pour l’échafaud » en 1957 et « Les Amants » en 1958. Très rapidement, il s’essaye à la réalisation avec un premier court-métrage intitulé « Un Américain ». C’est l’histoire d’un sculpteur, passionné de littérature, qui vient à Paris pour se perfectionner dans sonart et qui, pour survivre, doit vendre le New York Herald Tribune. Le réalisateur a rencontré le vrai personnage dans un bar à Paris, mais a finalement du tourner avec un autre interprète car l’acteur initial a été contraint de choisir entre ce rôle et un poste de correcteur dans ce même journal… Le réel et ses limites dépassent alors l’auteur. En 1962 et 1964, il réalise deux fictions : « LeCombat dans l’île » et « L’Insoumis », œuvres politiques et rigoureuses, qui évoquent sans complaisance la guerre d’Algérie. Elles puisent largement dans la réalité et le contexte politico-social de l’époque. Mettant en scène Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant ou encore Alain Delon, ces films présentent déjà quelques thèmes chers à Alain Cavalier comme le couple et la mort. Ils n’enthousiasmentmalheureusement que la critique. Le réalisateur ne connaît ses premiers succès qu’en 1967 et 1968, avec le polar « Mise à Sac », et surtout le drame bourgeois, « La Chamade », adapté du livre éponyme de Françoise Sagan. C’est après ces deux films-là qu’Alain Cavalier entreprend un virage radical et délaisse ce type de cinéma. Il ressent alors l’impérieuse nécessité de faire des films autrement et detendre à l’épure, à soustraire le superflu, l’artificiel, l’inutile, afin de réduire l’écart entre le monde vécu et le monde imaginé. Il racontera, dans divers entretiens, avoir ressenti un immense soulagement lorsqu’il a décidé de ne plus travailler avec des équipes aussi lourdes, avec des actrices aussi belles… Ce que l’on peut rétrospectivement nommer sa première période, celle de la fictionpure, s’achève ici. S’il évoque aujourd’hui cette décision comme une évidence, on suppose qu’elle n’était pas si simple à prendre, puisqu’il ne revient à la réalisation que huit années plus tard. Quatre jeunes comédiens, liés par l’amitié, le sortent de sa léthargie. Avec eux, il écrit le scénario et les dialogues du film : « Le Plein de Super » en 1976. C’est proche de leur vie, de leur parole àchacun, c’est tourné vite, sans projecteurs, avec peu d’argent, une petite équipe. Suit « Martin et Léa » en 1978, où le couple incarné à l’écran est un vrai couple dans la vie. Alain Cavalier affine progressivement sa nouvelle manière de faire des films. Réduisant ses équipes techniques, renonçant progressivement à toute action dramatique traditionnelle, il aspire de plus en plus à filmer au plusprès des êtres, ce qui va l’amener inévitablement vers le documentaire puis vers l’autobiographie documentaire. Après « Ce répondeur ne prend pas de messages » (1979) - dont il parlera très souvent en écho à sa dernière œuvre, « Irène » -, et « Un étrange voyage » (1980), où il filme sa fille raconter sa vie, Cavalier fait une nouvelle pause, de six ans cette fois. Après avoir quitté les vedettesquelques années auparavant, il revient avec une jeune inconnue avec laquelle il s’enferme dans une cellule conventuelle, c’est « Thérèse » (1986). Simple, délicat et malgré tout radical, ce film questionne la sainteté au travers de la vie de la jeune carmélite Thérèse de Lisieux. Récompensé à Cannes et aux Césars, ce film est considéré comme un chef-d’œuvre, se rapprochant davantage de la peintureque du théâtre, tant les décors, les cadres, les actions sont choisis avec soin et dans un extrême souci d’authenticité. Didier Coureau le définit comme une fiction biographique, un entre-deux entre fiction et documentaire. Dans un article élogieux, Philippe Rocher, estime que le réalisateur parvient à maîtriser l’ellipse comme personne en présentant la vie de la jeune Thérèse en "seulement" 452...
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