Analyse mythe

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  • Publié le : 11 mai 2011
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Le mythe de la jeune fille qui consisterait en une figure unique, à l’histoire définie et qui survivrait aux époques n’existe pas. Pourtant, la jeune fille est un symbole majeur, aux significations multiples, de nos sociétés patriarcales (nous nous en tiendrons aux sociétés occidentales). Par quel pouvoir la jeune fille suscite-t-elle une fascination aussi forte et un tel besoin de domination quise confronte depuis la deuxième moitié du XXème siècle à l’émancipation résolue des femmes et la réappropriation de leur corps ? Nous tenterons d’y répondre à travers trois approches complémentaires, l’une religieuse, l’autre artistique et enfin sociologique.

La religion païenne ou monothéiste a toujours prisé les adolescents car ils étaient symboles de jeunesse et donc d’avenir. Lesjouvenceaux étaient vaillants, vigoureux et surtout rattachés à la Terre, tandis que très vite les jouvencelles ont été rattachées au Divin et aux Cieux. Dans la Rome Antique, les vestales étaient des fillettes de 6 à 10 ans choisies parmi les plus grandes familles de Rome pour veiller sur le feu sacré, dans le temple de la déesse Vesta(assimilée à la déesse grecque Hestia) pendant une trentaine d’années.Au cours de cette retraite, elles devaient rester chastes sous peine de lapidation mais une fois la retraite terminée, elles étaient libres de réintégrer la société et de se marier. Elles inspiraient un respect universel car ces jeunes filles étaient les plus proches de la divinité mais aussi les gardiennes de la prospérité du royaume ; leur jeunesse, associée au feu, et leur virginité, signe depureté, en étaient les symboles. En revanche, la Grande Vestale, sous la royauté romaine initiale, devait s’unir physiquement avec le roi pour légitimer son pouvoir. Elle n’était donc que mythiquement ou symboliquement vierge. Par ailleurs, pour les filles des citoyens moins importants un autre rite de passage s’organisait : en Arménie et en Lybie, la pratique de la prostitution sacrée des deuxsexes était courante et n’avait rien de sale. En rentrant dans le temple de la déesse Anaïtis – assimilée par les Grecs tantôt à Artémis, tantôt à Aphrodite -, et en se prostituant jusqu’au mariage les adolescentes devenaient des « jeunes filles prêtes à marier » (signification de nympha en latin). Pureté et sexualité sont donc ici étroitement lié et sous le mythe de la vierge se cache le mythe dela prostituée sacrée. Nous remarquerons que ces deux mythes faisaient partie intégrante et de manière égale de l’éducation des jeunes gens dans la Rome Antique.

Le judéo-christianisme s’est emparé de ces mythes pour créer deux modèles opposés : le pêché - ici celui de la chair - qui mène aux enfers et l’élévation divine par l’ascèse (détachement des biens matériels) qui seront les fondements deleur éducation. Deux figures antithétiques apparaissent alors : l’ingénue, ou la vierge, et la putain. L’Eglise sanctifie les vierges et condamne les jeunes filles légères ou frivoles. En effet, dans le pêché de la chair c’est toujours la jeune fille qui est fautive car c’est elle qui par ses charmes réveille le désir animal de l’homme, que l’Eglise essaye tant bien que mal de faire taire. Lefilm The Magdalene sisters (note) retrace l’histoire de jeunes femmes des années 60, en Irlande, placées en couvent pour mauvaise conduite. Bon nombre d’entre elles sont internées car elles ont été violées et sont considérées par leur familles comme responsables et coupables de ce qu’il leur arrive. Ainsi en maîtrisant les jeunes filles par une éducation très austère on tente d’apaiser les maux de lasociété et de purger la vie des hommes de certaines tentations. Après la période de libération sexuelle dans les années 70, on assiste actuellement à une réaffirmation de la foi religieuse notamment aux Etats-Unis : certains groupes extrémistes, rattachés à la Droite chrétienne, scandent l’importance de la religion dans la vie publique. Ils appellent au retour à une éducation moralisatrice, la...
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