Argent

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  • Publié le : 8 mai 2010
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Introduction L’argent est objet des passions les plus violentes et les plus contradictoires. Il est aussi bien recherché pour son apport à la qualité de la vie, que honni pour les perversions sociales qu’il provoque. Aussi, Platon et Aristote le considéraient-ils, déjà, comme « un mal nécessaire » ; les écritures moralistes en condamnaient-elles l’avidité et Marx le considérait-il à l’originedes organisations sociales et politiques. De son côté Zola, qui a consacré le 18ème roman de la série des Rougon-Macquart à l’histoire d’un scandale financier, fait dire à Mme Caroline à la fin de son roman L’Argent , comme pour clore la polémique : « l’argent, jusqu’à ce jour, était le fumier dans lequel poussait l’humanité de demain. L’argent empoisonneur et destructeur, devenait le ferment detoute végétation sociale, le terreau nécessaire aux grands travaux qui facilitaient l’existence. » Par la métaphore filée, l’auteur fait de l’argent une condition nécessaire du développement en dépit de son caractère contradictoire et des risques qu’il représente. Il serait alors judicieux de s’interroger à propos de la valeur ou des valeurs de l’argent qui lui permettent, indifféremment, d’être detoutes les situations sociales et économiques.
Nous essaierons de lire cette conclusion de Zola à la lumière de la comédie de Molière L’Avare , et surtout de l’œuvre de Georg Simmel Philosophie de l’argent, étude qui allie analyse psychologique et sociale en vue de montrer l’influence complexe de l’introduction de l’argent dans les relations économiques et humaines en général. Nous postulonsalors que, si l’argent est à la fois cette puissance destructive et le « terreau nécessaire aux grands travaux », c’est qu’il ne peut-être qu’un outil indifférent. C’est l’usage de l’argent qui serait « destructeur ». Dans cette optique, nous nous interrogeons à propos des conditions à même de faire de cet outil un ressort du développement économique et social. Pour ce faire, nous consacrons lapremière partie à l’analyse des valeurs de l’argent pour tenter de comprendre son omniprésence et l’engouement qu’il suscite. La deuxième partie traitera le rôle « empoisonneur » de l’argent, notamment, des relations sociales et de l’activité économique. Ces aspects opposés de l’argent prouvent son indifférence. L’usage raisonné de l’argent serait à même de réussir « les grands travaux quifacilitaient l’existence » comme nous le montrerons dans la dernière partie de cette réflexion.
L’argent : une valeur omniprésente L’argent est un moyen omniprésent. La lecture historique prouve comment il contribue à l’édification des sociétés et des conditions. En fait, ce moyen défie le temps et l’espace et permet la réalisation d’objectifs variés et étendus : il est alors un outil privilégiépour satisfaire les besoins psychologiques et affectifs des individus et c’est ce qui explique l’engouement qu’il suscite.
2.1. L’argent : une présence remarquée
L’argent a une présence très remarquée dans notre existence ; une omniprésence que confirme aussi bien une approche historique que le constat de son utilisation quotidienne. En effet, L’histoire de l’argent révèle l’histoire del’humanité. Il est un témoignage du développement des sociétés. Nous pouvons dire, à la suite de Simmel, que l’histoire présente l’argent comme une valeur fondatrice des civilisations : l’exemple des cités primitives qui se fabriquaient de la monnaie à partir de coquillages montre que l’argent est davantage un besoin ou du moins qu’il répond à un besoin nécessaire. Par la suite la satisfaction de cebesoin a contribué à l’essor des civilisations. Ainsi, l’invention de la monnaie à Egine où, pour la première fois, « furent frappées des pièces de monnaie » a transformé cette ville en une grande métropole commerciale. Rapidement, l’argent devient un élément fondateur des organisations sociales et politiques comme le confirme Simmel : « au-delà de sa limitation, de son insignifiance, de sa...
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