Au bonheur des dames

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FICHE LECTURE
Au Bonheur des Dames - Emile Zola

I Presentation de l'auteur

Émile Zola (1840-1902),
naît à Paris, fils d'un ingénieur italien. La mort prématurée de son père, en 1847, contraint la famille à mener une vie très modeste, à Aix-en-Provence, où le jeune Émile étudie, en compagnie notamment du peintre Cézanne, qui sera longtemps son ami. Il poursuit ses études au lycéeSaint-Louis à Paris, mais échoue au baccalauréat. De 1862 à 1866, il dirige le service de publicité de la Librairie Hachette, où il côtoie de nombreuses personnalités littéraires ;Peu à peu, il se consacre au journalisme, qui occupera toujours dans son activité une place essentielle, prenant parfois l'aspect de véritables "campagnes de presse" : critiques littéraires, dramatiques, artistiques, maisaussi chroniques d'actualité. Il participe notamment de façon active à la lutte contre le second Empire finissant, dénonçant aux côtés des républicains les sources illégales du pouvoir impérial.

En 1870, Zola se marie, et se fixe un programme de travail qui doit lui assurer une relative aisance : c'est le projet des Rougon-Macquart, conçu dès 1868, et dont les vingt titres paraîtrontrégulièrement (un par an), de 1871 à 1893. Soucieux d'indépendance financière, Zola assure la "rentabilité" de son œuvre en associant successivement la publication en feuilleton et la publication en volume, et en tirant habilement parti des "scandales" qui accueillent certains de ses ouvrages.
  Mais sa vie personnelle va être bouleversée par deux événements : la rencontre, en 1888, avec Jeanne Rozerot, quisera sa maîtresse, et dont il aura deux enfants ; l'affaire Dreyfus ensuite, qui l'oblige à quitter la France momentanément, et qui surtout lui attire des ennemis acharnés. Haï, calomnié (en partie pour ses origines étrangères), il meurt en 1902 dans des conditions suspectes (une asphyxie qui pourrait ne pas être accidentelle).
II Passage clef du livre et pourquoi
« Mouret avait l'unique passionde vaincre la femme. Il la voulait reine dans sa maison, il lui avait bâti ce temple, pour l'y tenir à sa merci. C'était toute sa tactique, la griser d'attentions galantes et trafiquer de ses désirs, exploiter sa fièvre. Aussi, nuit et jour, se creusait-il la tête, à la recherche de trouvailles nouvelles. Déjà, voulant éviter la fatigue des étages aux dames délicates, il avait fait installer deuxascenseurs, capitonnés de velours. Puis, il venait d'ouvrir un buffet, où l'on donnait gratuitement des sirops et des biscuits, et un salon de lecture, une galerie monumentale, décorée avec un luxe trop riche, dans laquelle il risquait même des expositions de tableaux. Mais son idée la plus profonde était, chez la femme sans coquetterie, de conquérir la mère par l'enfant ; il ne perdait aucuneforce, spéculait sur tous les sentiments, créait des rayons pour petits garçons et fillettes, arrêtait les mamans au passage, en offrant aux bébés des images et des ballons. Un trait de génie que cette prime des ballons, distribuée à chaque acheteuse, des ballons rouges, à la fine peau de caoutchouc, portant en grosses lettres le nom du magasin, et qui, tenus au bout d'un fil, voyageant en l'air,promenaient par les rues une réclame vivante !
La grande puissance était surtout la publicité. Mouret en arrivait à dépenser par an trois cent mille francs de catalogues, d'annonces et d'affiches. Pour sa mise en vente des nouveautés d'été, il avait lancé deux cent mille catalogues, dont cinquante mille à l'étranger, traduits dans toutes les langues.
Maintenant, il les faisait illustrer degravures, il les accompagnait même d'échantillons, collés sur les feuilles. C'était un débordement d'étalages, le Bonheur des Dames sautait aux yeux du monde entier, envahissait les murailles, les journaux, jusqu'aux rideaux des théâtres. Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu'elle finit fatalement par aller au bruit. Du reste, il lui tendait des pièges plus savants, il...
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