Au nom de la mort, raconte moi la vie (nouvelle de 2nd )

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  • Publié le : 21 novembre 2010
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TITRE: " Au nom de la mort, raconte-moi la vie"

Lorsque Monsieur Théophile Gaston atteinit l'âge respectable de soixante-quatorze ans, il décida de rédiger son testament. La tâche s'avera plus compliqué que prévue car Gaston n'avait pas fondé de famille, non car il ne l'avait point souhaité, mais parce qu'il n'avait jamais trouvé sa partenaire idéale. L'une ayant des doigts trop fins,l'autren'étant pas assez rousse. Gaston ne parvint pas à trouver son légataire universel bien qu'il eut cherché dans tous les recoins de sa mémoire.

Il n'avait en réalité aimé aucun être. Monsieur Théophile avait mené une existence plate et inintéressante. Il exerca la profession de boucher puis fut apellé au contingent lors de la Guerre d'Algérie.
Par la suite, il avait emménagé à Dansevague,quelque part au nord de la Bretagne pour être au calme. Gaston menait une vie dès plus banale dans ce genre de village, où rien ne se passe.
Sa maison se situait au bord de mer. Il y habitait seul, et souffrait indubitablement du manque de présence féminine, celle qui transforme l'atmosphère d'une pièce en des sentations voluptueuses.
C'était la mer, qui depuis quarante ans, avait le privilège devoir Monsieur Gaston, se réveiller le matin. Par la fenêtre de sa chambre, on pouvait voir se gondoler les vagues et Gaston contemplait ce paysage qui le fascinait tant. Puis, il répétait les mêmes gestes qu'il avait entreprit la veille. Monsieur Gaston-Théophile aimait sa routine.
Sauf que ce matin-là, en ouvrant ses volets, le facteur l'interpella.

-Hey! Bonjours m'sieu Gaston! Comment val'boucher? Bien la forme? dit-il,enthousiaste.
-Bonjour Cyprien. Oh... A vrai dire je suis fatigué par la vie. Vous savez, je ne suis plus tout jeune. Je vais bientôt rendre l'âme. A croire que dans quelques années je serai entre quatre planches rongé par les vers... répondit-il du haut de sa fenêtre.
-Magnifique, Magnifique ! à demin m'sieu! se réjouissait le facteur, sans même avoir portéattention à la réponse de son interlocuteur.

Il poursuivit sa tournée en chantonnant.
Aucun habitant du village ne s'inquiétait réellement de la santé de Gaston. On lui demandait de ses nouvelles plus pour faire bonne figure que par véritable intérêt. Et le septuagénaire le savait parfaitement. Plus il vieillissait, plus les habitants lui adressaient des attentions particulières, seulement dans lebut de récupérer une partie de son héritage.
Car bien évidemment, personne n'ignorait que Monsieur Théophile était issu d'une famille aisée, à la limite de la bourgeoisie.
Mais il avait appris à passer outres ces hypocrisies.

C'est donc avec la même lenteur de la veille et de l'avant-veille que Gaston descendit les escaliers en colimasson, encore tout étourdit par sa longue nuit.
Il bu soncafé décafainé avec cet éternel manque de vivacité, comme il le faisait tous les matins, lu son journal, renouvella son abonnement au magasin "Echec Express", rangea les boîtes de conserves et fit la vaisselle avec môlesse.

Gaston monta dans son grenier poussiéreux pour faire un peu de nettoyage. Certes, il aurait très bien pu faire appel aux services d'une femme de ménage mais le fait depenser qu'une personne déplace ses objets, les touche, et astique les quatres coins de sa maison... provoquait en lui un malaise profond. Il le percevait comme une violation de son intimité.

"Eh pi on ne peut pas faire confiance aux gens. La bonne pourrait m'dérober des biens qui m'sont chers. Non, hors de question!" disait-il.

Au grenier, entre deux tableaux,Gaston retrouva son arme de servicelors de la guerre d'Algérie. Des souvenirs sombres lui revinrent. Il revit la scène dans laquelle ses collègues de guerre torturaient un algérien indépendentiste. Il se souvint du bruit des mitrailleuses et des corps sans vie tombant à terre.. Une larme discrète coula sur sa joue gauche. Gaston avait touché de près aux attrocités sans précédent de cette guerre, il avait vu des hommes s'égorger,...
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