Audrey.

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  • Publié le : 21 mars 2011
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Psychologie de la beauté.

En plus d’un manque d’attrait, celui ou celle dont le corps n’est pas perçu comme beau subit des injustices en société.
Il nous arrive fréquemment d’évaluer une personne qui nous est étrangère et de lui attribuer des traits de personnalité sur la seule base de son apparence physique. De nombreux chercheurs en psychologie ont montré que cette apparence est un puissantdéclencheur d’idées toutes faites et un modulateur du jugement porté sur autrui. Même si nous avons conscience du caractère hasardeux d’une telle estimation, nous y recourons volontiers, parce qu’elle est rapide et nous dispense d’une évaluation approfondie.
Pourquoi on ne s’aime pas
Amour, rejet, acceptation… Les relations avec notre corps sont fluctuantes. De quoi sont faits les liens entrele moi et l’enveloppe charnelle ? Approche d’une relation intime, souvent douloureuse, toujours complexe.
Chaque matin, le miroir est notre interlocuteur. Après une mauvaise nuit, il est impitoyable : « Ces cernes, cette graisse, ces rides, ce nez… Mais quelle horreur ! » Nos relations avec notre reflet sont marquées du sceau de l’incertitude. Un regard critique nous réduit à un tas de chair sansattrait. Un sourire séducteur nous assure de notre charme.
« Nous accordons une importance démesurée à notre apparence, constate Didier Prades, psychothérapeute. Or, il est impossible de se voir tel que l’on est, de se saisir en globalité. Notre vision de nous est, par essence, morcelée. » D’où ces examens sans pitié, où chaque segment de notre surface corporelle est jaugé comme une entitéautonome : « J’aime mes épaules mais pas mes cuisses ; le ventre, ça va, mais les fesses, pas du tout. »
Si la tyrannie de la minceur et de la fermeté contribue fortement à une haine implacable pour la moindre de nos imperfections, elle n’est cependant pas la seule en cause.
Entre impression et réalité
« A 16 ans, j’avais l’impression d’être une petite chose rachitique sans intérêt, confieHélène, 52 ans. En grande partie à cause de ma mère qui, perfidement, me le faisait croire. Mais, juste avant mon premier départ en vacances seule, mon père m’a lancé : “Attention aux garçons ! Mignonne comme tu es, ils ne vont pas te lâcher.” J’ai été sidérée ! Immédiatement, je me suis vue autrement. Et, naturellement, je me suis jetée dans les bras du premier qui m’a fait la cour… Quand je regarde desphotos de cette époque, je constate qu’en effet j’étais adorable. Et pas du tout un pitoyable squelette comme le prétendait ma mère. »
L’image que nous avons de nous n’a souvent aucun lien avec le réel. Alors qu’elle est squelettique, l’anorexique se voit énorme. Et le dysmorphophobique (celui qui a peur d’un défaut physique) se découvre, à chaque instant, une nouvelle monstruosité, mais qu’ilest seul à voir. Quel est le malin génie qui détermine notre regard et nos relations à notre corps, notre image ? Selon Freud, il se nomme "l’idéal du moi". Le rôle de cette partie inconsciente du psychisme est de gérer nos relations avec ce que nous souhaiterions être et faire. C’est toujours en fonction de nos idéaux, et surtout de l’écart qui nous sépare d’eux, que nous nous aimons. Un peu,beaucoup ou pas du tout…
Plus nous plaçons la barre haut, plus nous risquons de nous dénigrer. Si, doté d’un idéal du moi intransigeant, nous considérons que pour être "aimable" nous devons ressembler à un top model, il est alors certain que nous aurons tendance à nous trouver sans intérêt. A l’adolescence, nous serons tentés par l’anorexie, et nos vies seront ponctuées par une longue suite derégimes.
Le regard des parents
Dès lors que la relation avec l’entourage familial a été très tôt satisfaisante, il est possible d’élaborer un idéal du moi suffisamment souple et indulgent, nous permettant de ne pas être obsédés par nos manques. Et de réaliser qu’un gros nez ne mérite pas une déprime, ou que l’on peut être quelqu’un de bien sans être le centre du monde.
Notre idéal du moi se...
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