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  • Publié le : 3 février 2010
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Molière (1621-1673)
« La parfaite raison fuit toute extrémité Et veut que l’on soit sage avec sobriété »
Considéré comme l’âme de la Comédie-Française, Molière incite à la réflexion en dénonçant les duperies et les vices humains. L’auteur fait l’apologie de la vérité et de la sincérité, du bon sens et de la mesure en lançant un message de tolérance et de bon sens.Par le rire, Molière met en scène des personnages de toutes les conditions sociales et brosse un portrait de l’âme humaine. Dramaturge, acteur, directeur de troupe et metteur en scène, il demeure, encore de nos jours, l’auteur le plus joué. On retrouve, dans la pièce Le médecin malgré lui, tous les ingrédients condensés du grand Molière.

Sujet d’analyse :
Montrez que Molière, dans cet extrait dela pièce Le Médecin malgré lui, critique la médecine en présentant Sganarelle comme un charlatan et les autres personnages comme des êtres naïfs. Tenez compte aussi bien des idées développées dans le texte (fond) que du style employé par l’auteur (forme).

Conseils :
o Comprendre d’abord la question sous toutes ses coutures (dictionnaire).
o Bien lire le texte, prenez votre temps etlisez-le plus d’une fois.
o Prenez le temps de vous relire.
o Corriger vos fautes.

SCÈNE IV : Lucinde, Valère, Géronte,
Lucas, Sganarelle, Jacqueline
SGANARELLE : Est-ce là la malade?
GÉRONTE : Oui, je n'ai qu'elle de fille; et j'aurais tous les regrets du monde si elle venait à mourir.
SGANARELLE : Qu'elle s'en garde bien! il ne faut pas qu'elle meure sans l'ordonnance du médecin.
GÉRONTE :Allons un siège.
SGANARELLE, assis entre Géronte et Lucinde : Voilà une malade qui n'est pas tant dégoutante, et je tiens qu'un homme bien sain s'en accommoderait assez.
GÉRONTE : Vous l'avez fait rire, Monsieur.
SGANARELLE : Tant mieux. Lorsque le médecin fait rire le malade, c'est le meilleur signe du monde (À Lucinde) Eh bien! de quoi est-il question? qu'avez-vous? quel est le mal que voussentez?
LUCINDE répond par signes, en portant sa main à sa bouche, à sa tête et sous son menton : Han, hi, ho, han.
SGANARELLE : Eh! que dites-vous?
LUCINDE continue les mêmes gestes : Han, hi, hon, han, han, hi, hon.
SGANARELLE : Quoi?
LUCINDE : Han, hi, hon.
SGANARELLE, la contrefaisant : Han, hi, hon, han, ha. Je ne vous entends point. Quel diable de langage est-ce là?
GÉRONTE :Monsieur, c'est là sa maladie. Elle est devenue muette, sans que jusques ici on en ait pu savoir la cause; et c'est un accident qui a fait reculer son mariage.
SGANARELLE : Et pourquoi?
GÉRONTE : Celui qu'elle doit épouser veut attendre sa guérison pour conclure les choses.
SGANARELLE : Et qui est ce sot-là qui ne veut pas que sa femme soit muette? Plût à Dieu que la mienne eut cette maladie! je megarderais bien de la vouloir guérir.
GÉRONTE : Enfin, Monsieur, nous vous prions d'employer tous vos soins pour la soulager de son mal.
SGANARELLE : Ah! ne vous mettez pas en peine. Dites-moi un peu, ce mal l'oppresse-t-il beaucoup?
GÉRONTE : Oui, Monsieur.
SGANARELLE : Tant mieux. Sent-elle de grandes douleurs?
GÉRONTE : Fort grandes.
SGANARELLE : C'est fort bien fait. Va-t-elle où vous savez?GÉRONTE : Oui.
SGANARELLE : Copieusement?
GÉRONTE : Je n'entends* rien à cela.
SGANARELLE : La matière est-elle louable ?
GÉRONTE : Je ne me connais pas à ces choses.
SGANARELLE, se tournant vers la malade : Donnez-moi votre bras. (À Géronte.) Voilà un pouls qui marque que votre fille est muette.
GÉRONTE : Eh oui, Monsieur, c'est là son mal; vous l'avez trouvé tout du premier coup.SGANARELLE : Ah, ah!
JACQUELINE : Voyez comme il a deviné sa maladie!
SGANARELLE : Nous autres grands médecins, nous connaissons d'abord les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire : « C'est ceci, c'est cela »; mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette.
GÉRONTE : Oui; mais je voudrais bien que vous me puissiez dire d'où cela...
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