Commentaire de la lettre du 4 aout 1645 à elisabeth de descartes

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René Descartes, Lettre à la princesse Elisabeth, 4 août 1645

Descartes échange une correspondance, jusqu’à sa mort, avec la princesse Elisabeth, en exil en Hollande, et approfondit certains points essentiels de sa philosophie, donnant à celle-ci un horizon qu'il n'eût peut-être pas découvert s'il n'avait pas eu cette occasion de confier ses pensées. Le texte étudié est extrait d’une deslettres à Elisabeth, écrite le 4 août 1645, dans laquelle il énonce notamment les 3 règles à observer pour atteindre le bonheur. Plus précisément, à travers cet extrait, Descartes s’intéresse aux choses qui nous rendent malheureux, en particulier au désir, et aux différents moyens de les combattre. Quels sont les obstacles à notre bonheur et pourquoi nous rendent-ils malheureux ? Comment s’endébarrasser ? Le texte se divise en trois parties. Tout d’abord, l’identification des obstacles à notre bonheur et la façon dont la raison peut les combattre (l.1 à l.5) puis la distinction entre désirs raisonnables et déraisonnables (l.5 à l.10) et enfin la méthode qui nous permettrait de se débarrasser de ces obstacles.

Dès le début du texte, Descartes identifie trois obstacles à notrebonheur qui sont : le désir, le regret et le repentir (l.1). Il conviendrait alors de faire une distinction entre ces trois notions. Le regret concerne souvent (pas toujours) une action qui n’a pas eu lieu : on regrette souvent ce que l’on n’a pas fait. Le repentir, par contre, concerne toujours quelque chose que l’on a fait. Il ajoute au regret la volonté de réparation d’un mal commis. Mais ces deuxnotions peuvent être considérées comme formes de désirs. En effet, lorsque j’ai des remords ou que je regrette une action qui a eu lieu (ou pas), c’est que je désire qu’elle n’eût pas eu lieu (ou qu’elle est eu lieu). Ainsi, le principal obstacle à notre bonheur serait le désir, désir qui peut prendre parfois la forme du regret ou du repentir. Cette affirmation fait naître beaucoup de problèmes etnotamment le suivant : sous prétexte que mes désirs entravent à mon bonheur, dois-je toujours chercher à les éviter ? Nous verrons plus tard que Descartes répond à cette question en distinguant deux sortes de désirs : désirs raisonnables et désirs déraisonnables.
Ensuite, à la deuxième ligne du texte, le philosophe apporte une solution permettant de neutraliser ces obstacles : la raison. Selonlui, c’est en suivant tout ce que notre raison nous dit de faire, que notre responsabilité ne sera plus mise en jeu. En effet, Descartes affirme que « si nous faisons toujours tout ce que nous dicte notre raison », l'insuccès qui suit un mauvais jugement n’est pas déterminant, car l’essentiel réside dans la rectitude morale, dans la détermination de la volonté à suivre ce que la raison recommande àun moment donné, (même si après coup nous nous apercevons que notre jugement nous a trompés). Il est donc préférable d’agir selon notre raison et se rendre compte que nous nous sommes trompés que d’agir à l’encontre de notre raison (en ayant eu raison). Ainsi, le premier rôle de la raison discerné ici par Descartes est un rôle de non-responsabilité (« parce que ce n’est point de notre faute ») :la raison nous dégage de toute responsabilité. De la ligne 2 à 5, Descartes écarte donc deux des trois obstacles cités dès la première ligne : le regret et le repentir, puisque en suivant notre raison, ces deux notions n’ont plus lieu d’être. Cependant, le désir ne se trouve pas encore écarté.

Après avoir identifié ce qui nous rendait malheureux et après avoir neutralisé regret et repentir àl’aide de la raison, Descartes va distinguer les désirs raisonnables et déraisonnables ; ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous.

Descartes opère, à partir de la cinquième ligne, à une distinction entre désirs raisonnables et désirs déraisonnables. Pour cela, et dans un esprit scientifique (Descartes était un grand physicien-mathématicien), le philosophe prend un exemple. Il...
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