Commentaire de texte Institutes, Gaius

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  • Publié le : 20 octobre 2014
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COMMENTAIRE DE TEXTE : LES RÈGLES DE L’AFFRANCHISSEMENT


Introduction :

Comme le soulignent Jean Andreau et Raymond Descat dans leur ouvrage Esclave en Grèce et à Rome, l’esclavage est toujours d’actualité. En effet, près d’un siècle et demi après sa disparition officielle, il est ressenti comme une condition révoltante voire insoutenable caractérisant une certaine dureté sociale. Onestime qu’aujourd’hui, dans le monde, 20 millions de personnes adultes sont encore victimes de certaines formes d’esclavage : travail forcé, conditions extrêmement précaires de travail ou encore l’exploitation des enfants et toutes autres formes condamnables d’oppression sociale. Mais le véritable esclavage historique prend ses racines dans des sociétés où il était tout à fait courant, où personnen’en réclamait l’abolition : l’Antiquité grecque et romaine. Dans cet exposé, on va étudier le cas romain en s’appuyant sur un texte de Gaius intitulé Insitutes traduit du latin par J. Reinach en 1965. Gaius a vécu de 120 à 180 après JC, c’était un juriste et professeur de droit originaire de l’Est de l’Empire romain sous le règne de l’empereur Hadrien. On ne possède que très peu d’informations àson sujet. Peu connu de son vivant, sa réputation s’est étendue dans tout l’Empire au cours des siècles suivants. Certains historiens supposent qu’il n’était pas citoyen romain ou qu’il l’était depuis peu. Il est l’auteur d’un grand ouvrage destiné à l’enseignement : les Institutes. Ce manuel correspond à une année d’étude dans la formation de futurs juristes. Cette œuvre a connu un franc succèscomme l’attestent les nombreuses copies qui en ont été faites. Le texte que l’on va étudier, est un extrait de cette œuvre de Gaius, à propos des règles de l’affranchissement.

Cet extrait se compose de 3 parties :
- l. 1 à 13 : Gaius évoque le sort réservé aux esclaves affranchis qui, au cours de leurs années d’esclavage se sont rebellés.
- l. 14 à 19 : le sort des esclaves affranchis quiont toujours été obéissants, à qui on ne reproche rien
- l. 20 à 25 : Exceptions à propos de l’âge de l’esclave affranchi qui peut bénéficier de la citoyenneté.
L’idée principale de l’extrait réside donc dans les différents sorts que réserve le droit romain aux esclaves affranchis, selon leur passé, leur âge.

Problématique : Comment l’affranchissement peut-il permettre aux esclaves, situés auplus bas de l’échelle sociale, d’acquérir la citoyenneté romaine ?

Plan :
I/ « Les esclaves » (l.1)
II/ « Un affranchissement juste et conforme aux lois » (l. 16)
III/ « Les esclaves affranchis » (l.20)



I/ « Les esclaves » (l.1)

Un esclave peut être un homme, une femme ou un enfant que l’on considère comme la propriété d’un maître (l.2). Juridiquement et politiquement, l’esclaveest tenu pour un objet faisant parti du patrimoine de son propriétaire, au même titre qu’une maison ou du bétail. On va donc voir dans cette première partie d’où viennent ces esclaves et quelle est leur condition, les relations avec leur maître.


1) Provenance

Selon les Insitutes, on nait ou on devient esclave.

L’esclave vient toujours d’ailleurs, son origine est toujoursétrangère. Il ne peut s’agir que très rarement d’un ancien citoyen romain par exemple (esclavage pour dette : les citoyens insolvables, sont mis aux fers, puis au bout de quelques semaines, sont exécutés ou vendus). L’esclave est le plus souvent acheté, c’est de cette manière que s’inscrit le droit de propriété : « ils aient appartenu de plein droit à leur maitre ». Il peut cependant aussi être donné,capturé à la guerre.

En effet, la guerre constitue une source importante d’esclaves, le vainqueur disposant de la liberté de disposer comme il le souhaite de ces prisonniers peut donc les asservir. Ces prisonniers appartiennent à l’Etat. Ils travaillent pour l’Etat ou sont revendus à des particuliers comme esclaves.

L’exposition constitue une autre source majeure d’esclaves, si ce n’est la...
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