Commentaire un roi sans divertissement giono : la visite chez la brodeuse

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  • Publié le : 30 mai 2010
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Informations rapportées et mise en commun qui m'ont servi de base afin de rédiger un commentaire sur le passage de la visite chez la brodeuse d'un roi sans divertissement de Giono.

Ce passage fait entrer en scène le personnage de Delphine dont le lecteur comprendra mieux le rôle par la suite. On devine peut-être une certaine jalousie entre celle-ci et Saucisse ("ce n'était pas MON Langlois",p.150), mais Giono, avant que Saucisse ne devienne la narratrice, dissipe surtout le malentendu qui pourrait égarer le lecteur à propos de ses relations avec Langlois ("Je suis née vingt ans trop tôt", p. 163). Pourtant, dès que Saucisse a pris la parole, le lecteur se rapproche évidemment beaucoup plus de Langlois, d'autant qu'elle est extrêmement perspicace. Ainsi le rapport qu'elle fait d'unpropos ancien de Langlois, tout à fait essentiel, et que Giono souligne (p. 158), où s'affirme une fois encore l'humanité simple des prétendus monstres : "Je ne crois pas, moi, qu'un homme puisse être différent des autres hommes au point d'avoir des raisons totalement incompréhensibles. Il n'y a pas d'étrangers." Ainsi, au cours de la visite chez la brodeuse, Saucisse, qui ne sait rien, devine tout,ou le laisse deviner : que, par exemple, Langlois est venu "pour prendre l'air de la maison" (p. 165), que cette petite supercherie très importante (p. 166) ne doit pas être découverte. Alors que Mme Tim joue son rôle de manière empressée, Saucisse flaire à droite et à gauche (p. 170 : "la curiosité me soûlait un peu"). Et si Mme Tim dira plus tard que la brodeuse avait un "halètement de bichepoursuivie" (p. 173), c'est Saucisse qui nous en apprend davantage en notant "la pâleur de Langlois" (p. 171), son immobilité indéchiffrable (p. 177) et sa longue contemplation du portrait qu'elle n'a pu identifier, mais dont dont tout nous laisse à penser qu'il s'agit de M. V. ("Vous êtes veuve, n'est-ce pas ?" a demandé Mme Tim à la brodeuse, p. 182).
  Rien n'est aussi sûr cependant et, iciencore, la technique du point de vue choisie par Giono se révèle payante : en épiant Langlois, Saucisse communique sa curiosité au lecteur et livre des détails fragmentaires qu'il est libre d'organiser ou non. Mais peut-on ignorer les indices livrés comme en passant, de l'origine obscure des motifs pour lesquels la brodeuse s'est installée là ("il n'est pas possible qu'une femme tant soit peu proprepuisse habiter ici", p. 168) à la gravité de Langlois évoquant cette "femme éperdue" (p .166) ? A cela s'ajoute le discours direct de la narration, rempli de parenthèses et d'incidentes qui retardent les révélations et traduisent bien l'immense crispation de cette scène où se joue tout autre chose que ce qui est raconté. Cette petite "farce" est en outre très théâtrale (beaucoup de détails, demouvements de scène, de morceaux de dialogue, de gestes affairés) et ne fait qu'accuser davantage le silence de Langlois qu'on devine en tête à tête avec M. V., c'est-à-dire avec une part de lui-même. Mais, même vingt ans après, il reste bien des questions sans réponse. Le relief romanesque du personnage de Langlois tient au télescopage d'une proximité et d'une distance. Telle cette scène où, après lavisite à Mme V., le Procureur vient souvent (pourquoi ?) chez Saucisse dès huit heures du matin. "Nous écoutons Langlois siffler. Nous savons qu'il se rase. Et tout d'un coup il ne siffle plus", etc.
I.1- Qui est la brodeuse?
Il me semble que c'est Mme V. En effet, Saucisse mentionne dans la scène qu'" un petit garçon qui écrasait son visage contre la vitre avait les yeux bleus de la femme"(p.183) de la même manière qu'avant d'aller tuer M.V., Langlois avait vu " un petit garçon sortir de la maison, parti en courant vers la place de l'église" ( p. 75). C'est un détail qui nous indique donc que le garçon est le fils de Mme V. D'autre part, il est aisé de constater que M.V. possède une certaine richesse, on le voit bien quand Langlois " entre dans une autre rue, très belle et très...
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