Commentaire d'histoire : le pacte d'andelot

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  • Publié le : 6 juin 2011
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Histoire spécialité

Le document soumis à l’analyse s’intitule le Pacte d’Andelot et est extrait de l’Histoire des Francs (ou Dix Livres d'Histoire), l'œuvre majeure composée par Grégoire de Tours et qui a survécu à travers plusieurs manuscrits du Moyen Âge, dans des versions plus ou moins altérées par rapport à l'original. Elle comporte 10 livres, racontant l'histoire du monde, de la genèse àl'accession des Francs au pouvoir
Grégoire de Tours (538 à 594 après Jésus Christ.), de son vrai nom Georgius Florentius Gregorius, naquit à Riom, près de Clermont Ferrand. Devenu adulte, il fut tout d'abord ordonné diacre de la basilique Saint Justin, à Brioude. Puis, il fut élu évêque de Tours, en 573. C'est à cette époque qu'il rédigea l’Histoire des Francs.
Le texte soumis à l’analyserelate, dans son intégralité, le pacte d’Andelot conclu le 28 novembre 587 et précédé d’une brève introduction. Andelot se situe en Haute-Marne, à mi-chemin de Metz et de Châlons. Les termes de ce pacte ont été scrupuleusement rapportés par Grégoire de Tours, qui avait joué les médiateurs au cours des préalables, lors d’une période de tensions marquée par la guerre civile (570-584) et la faideroyale.
Nous nous demanderons en quoi ce texte illustre l’intention de briser le cycle de la vengeance privée - faide - par la voie juridique et annonce une évolution du statut des leudes.
Dans ce but, nous analyserons dans une première partie que les clauses de ce pacte ont pour but le règlement d’anciens contentieux territoriaux, puis verrons l’importance accordée aux femmes dans ce traité etleur rôle qui s’inscrivent dans des stratégies économiques et matrimoniales. Dans une troisième partie nous verrons l’évolution du statut des leudes marquée par la clause qui leur est consacrée et par le fait que ces derniers commencent à monnayer leurs services.


Depuis 561 la paix civile franque est troublée par l’héritage de Clotaire Ier. Une lutte opposeChilpéric Ier, roi de Neustrie à ses demi-frères Sigebert Ier roi d’Austrasie et Gontran, roi de Burgondie. Leur père et leur demi-frère, Charibert, décédés, les trois frères ont chacun obtenu une part du royaume franc, mais continuent d’intriguer pour s’emparer du territoire des autres. Ce conflit latent est accentué par la haine farouche que se vouent les deux épouses royales : Brunehaut etFrédégonde. Le document s’ouvre sur une brève introduction, ou l’auteur – Grégoire de Tours- est lui-même acteur, et appartient au camp de Childebert.
Le pacte est retranscrit dans son intégralité et son caractère officiel est souligné par une formule d’introduction telle que « Au nom du Christ, les très excellents seigneurs Gontran et Childebert rois et la très glorieuse dame Brunehau treine se sontréunis à Andelot », et une formule de conclusion, mentionnant les dates : « Pacte fait le IIIIe des calendes de décembre, la XXVIe année du règne du seigneur Gontran roi et la XIIe année (de celui) du seigneur Childebert. »
Le pacte associe dans un même protocole le nom des deux rois et celui de la « très glorieuse dame et reine Brunehaut », autour de décision prises avec « le conseil des évêques etdes grands », ces précisions, qui nous renseignent sur les acteurs, soulignent le caractère solennel et collectif de ce pacte, qui est d’une part placé sous la protection de Dieu et auquel participe les Grands, pièces centrales dans les échiquiers royaux à cette époque.
Le pacte a pour but de régler de vieux contentieux territoriaux, que Gontran, en position de force, sut tourner à son avantagecar c’est lui qui aurait jusqu’à sa mort la garde du douaire de Galswinthe, pourtant dévolu à Brunehaut en 570. Il fut décidé que si l’un des deux rois mourait sans héritier mâle, le survivant hériterait de manière pleine et entière du royaume tombé en déshérence. Cette clause favorisait, non pas Gontran, qui n’avait plus de fils vivant mais Childebert, qui en avait deux : Théodebert et...
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