Commentaire d'un extrait de zola

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  • Publié le : 13 mai 2010
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Au XIXe siècle, les comportements sociaux sont observés, analysés et expliqués par les naturalistes par le fait de l’hérédité. Zola, prolifique auteur naturaliste de l’époque, étudie une famille sous le second Empire dans sa série de romans les Rougon-Macquart. Dans L’Assommoir, il décrit les ravages de l’alcoolisme du milieu ouvrier, l’hérédité du vice, par l’exemple du couple de Gervaise etCoupeau. Nana – en réalité Anna Coupeau, fille de Gervaise - héroïne du roman éponyme, échappe, elle, à la déchéance, du moins sociale, de son milieu, en devenant l’une des courtisanes les plus désirées du second empire. Le passage proposé met en scène la découverte par Nana et Satin, son amante, alors qu’elles s’apprêtent à entrer dans leur luxueux hôtel particulier, de la reine Pomaré qui, fut untemps, inspirait la passion de tout Paris, et, ravagée par la vieillesse et le vin, ne demeure plus qu’une chiffonnière. Comment cet extrait met-il en évidence l’hérédité du vice et la déchéance inéluctable du milieu dont est issue Nana ? Il convient d’étudier tout d’abord la relation homosexuelle entre Nana et Satin, puis la luxueuse vie décrite, et, enfin, la vision de cauchemar que donne lareine Pomaré.

Dès la première ligne du texte, le couple de femmes manifeste les signes de leur amour homosexuel : dans un « petit frisson », faisant écho à leur sensualité, « Satin s’était serrée contre Nana ». Elles se désignent l’une l’autre en outre avec une familiarité que seuls se permettent en public, à l’époque, les couples mariés, Satin parle ainsi de sa « chérie » (l. 9), et Nanade son « chat » (l. 33). Par ailleurs, à peine entrée dans le confortable hôtel dont la chaleur et les parfums (« un air si tiède, si parfumé » l. 38) se prêtent à la volupté, Satin, tel un chat à la manière que la désigne Nana, se « couche » sur le lit, « se roule » et « l’appelle » (l. 55), on l’imagine, comme miaulerait un chat réclamant des caresses. L’évocation des « peaux d’ours » reflète,encore une fois, la sensualité de la relation entre les deux femmes. Il y a néanmoins un contraste entre l’amour que porte Nana à Satin, et le plaisir qu’elle offre exclusivement aux hommes, en tant que courtisane. Cette homosexualité, qui va à l’encontre des principes chrétiens de l’époque, de la morale commune, se confond avec le vice, qui n’a d’autre origine, pour Zola, que l’hérédité.Il y a en effet une dimension héréditaire dans Nana ; ses parents souffraient d’alcoolisme et, si elle échappa au trépas au sein du milieu ouvrier dont elle est originaire, elle n’en reste pas moins une prostituée, elle mène une vie décadente, aucune considération respectueuse ne lui est véritablement portée, malgré le luxe dans lequel elle vit. En cela, Nana garde les manières de son milieu,c’est une parvenue qui, d’ailleurs, oublie un moment l’endroit dans lequel elle vit, entrée, comme dans un « endroit inconnu » (l. 35). Nana, comme Satin, n’ont pas des manières de la haute société, que Nana fréquente pourtant. Elles restent des femmes de la rue, malgré leurs toilettes de dames. Elles n’ont, enfin, pas de pudeur vis-à-vis de la relation clandestine, coupable, qu’elles entretiennent,ignorant la morale de la société qu’elles souhaitent néanmoins intégrer. Il y a une contradiction flagrante, une note de fausseté, entre les origines familiales, sociales, de ces femmes, et la richesse ostentatoire dans laquelle elles vivent.

Le luxueux train de vie que mène Nana est éminemment marqué par cet extrait. Lorsque Nana pénètre son hôtel, elle est elle-même agréablementsurprise, « un instant saisie » (l.36) comme si elle découvrait l’endroit pour la première fois, ou ne parvenant pas à s’habituer au statut qu’elle conquit, et au luxe qu’il implique. Cet endroit est d’une opulence ostentatoire, les richesses s’y accumulent : « Les richesses entassées, les meubles anciens, les étoffes de soie et d’or, les ivoires, les bronzes » (l. 39-40-41). Cette abondance donne...
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