Cosmetique

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  • Publié le : 28 juin 2010
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La cosmétique biologique Dans le milieu de la bio – celui de la terre, de l'humus, des semences –, s'occuper de cosmétique peut paraître assez futile. C'est vrai quand la cosmétique nous renvoie à ces images de femmes et d'hommes très apprêtés, pomponnés, presque rutilants, de certains milieux huppés où apparence et statut se rejoignent… Mais la cosmétique, c'est autre chose. Et c’est, en toutcas, une affaire bien trop sérieuse pour l'abandonner aux seuls adeptes du bling-bling et à leurs insatiables pourvoyeurs, les industriels de la beauté et du marketing. Par Nelly Pégeault Nos basiques achats de savons, shampoings et autres dentifrices nous transforment tous, inévitablement, en consommateurs de cosmétiques. Or, contrairement à ce que laisse entendre la législation, ces produits-làpeuvent avoir un impact sur notre santé et sur l'environnement. Personne n'en est plus dupe : est-ce la raison de l'engouement récent du public pour la cosmétique biologique ? Sauver notre peau Contrairement aux médicaments, qui doivent passer sous les fourches caudines de l’AMM (l'Autorisation de Mise sur le Marché) pour arriver dans les pharmacies – et c'est le moins ! –, les cosmétiques n'ont pasà respecter toutes ces formalités pour parvenir jusqu'à nos salles de bain. Censément, leurs effets s'arrêtent aux frontières de notre épiderme, d'où la légèreté avec laquelle la législation les traite. Mais cela, c'est dans le principe. A l'instar du nuage de Tchernobyl on sait ce qu'il en est de la réalité… Ainsi, même si la loi l'a décrété, notre peau n’est pas une barrière étanche. Fortheureusement, elle respire par tous ses pores, de sorte que chaque matière entrant en contact avec elle provoque un échange entraînant, à l'un ou l'autre bout du processus… une réaction ! Le fait d'avoir voulu ignorer ce dialogue d'une substance avec notre peau d'abord, avec notre organisme ensuite, est typique de la vision réductrice conventionnelle dans laquelle baigne notre industrieuse société. Enpoussant la caricature, notre peau se retrouve un peu traitée, par l'industrie cosmétique, comme le sol par l'agro-industrie : il était donc temps de voir débarquer l'ère biologique avec sa vision globale ! Concernant l'usage des produits chimiques de synthèse, le parallèle entre cosmétique et agriculture est frappant : dans ces deux secteurs, tout a été fait et n'importe quoi, sans aucuneexpertise sérieuse des conséquences pour notre santé et celle de la Terre… D'ailleurs, sur les quelque cent mille substances chimiques (1) utilisées dans l'industrie, une infime partie – 3% à peine ! – a fait l'objet d'une évaluation digne de ce nom. Si le règlement REACH (2), en application depuis mai 2007, tente péniblement d'endiguer le déferlement de toutes ces molécules nocives et d'encadrer leurremplacement progressif, n'importe quel toxico chimiste vous dira qu'une des plus graves conséquences de cette invasion réside dans l'« effet

cocktail » – inconnu et non maîtrisable ! – de ces substances entre elles. Vaste et impossible chantier… Cosmetox sur marché chatouilleux En attendant, côté cosmétiques, c'est surréaliste : « une goutte de diethylhexylphtalate, une once de nonylphénol, unpeu d’hydrocarbure aromatique polycyclique et un soupçon de musc synthétique… », cet inquiétant recueil de produits figure en introduction du guide Cosmetox de Greenpeace (3) par qui le scandale de la cosmétique empoisonnée éclata, début 2005, avec le lancement de l'enquête « Parfum de scandale » qui révéla la nocivité de certaines eaux de toilette parmi les plus réputées (4). Aujourd'hui encore,Cosmetox reste une lecture très instructive pour bien cerner ce que l'on peut ou non mettre sur notre peau… Ce guide pointe utilement les grands du secteur qui ne veulent pas modifier leurs toxiques pratiques. Il invite aussi les consommateurs à écrire aux firmes pour signaler leur mécontentement concernant la présence de produits nuisibles dans leurs lotions, crèmes et laits de toilette...
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