Cours droit du travail

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MAITRISE EN DROIT
FORMATION CONTINUE
2003/2004

D168
HISTOIRE DES IDÉES POLITIQUES
APRÈS 1789

INTRODUCTION
GÉNÉRALE

I. Le concept d’histoire des idées politiques

Le concept d’histoire des idées politiques suppose une succession d’idées. Les idées sont issues d’un long travail de tradition. Il existe desfamilles d’idées politiques qui se transmettent de générations en générations. Si chaque penseur dispose bien de sa propre identité, il hérite des traditions et de la famille d’idées au sein de laquelle il s’inscrit. Aujourd’hui, nous vivons dans société où la tradition se perd, c’est la culture du nouveau. Malgré cela, tout à chacun a une propension naturelle à aller et appartenir à un groupe ; cephénomène est identique sur le plan de la pensée et des idées.

II. Le concept d’idée

Les théoriciens purs forment un premier groupe un peu déconnecté de la réalité ; la cohérence de leurs modèles se suffit à elle-même. Alexis de Tocqueville a été un grand penseur pourvoyeur d’idées. Une fois émises, les idées ont une vie propre, elles sont autonomes sans toutefois conserver de significationconstante au fil du temps. La guerre est par exemple une idée qui a été plusieurs fois reprise par des camps politiques différents. Une idée politique peut donc avoir des connotations différentes au fil du temps.

III. Le concept de politique

Il faut en premier lieu bien comprendre que la politique n’est pas du tout juxtaposée avec le monde des idées. Waldeck Rousseau, président du conseil sousla IIIème République, a témoigné de la différence entre la réalité et le monde des idées : « un programme n’est pas fait pour être appliqué, dès lors qu’il est appliqué, il cesse par là même d’exister ».

IV. Le concept d’Utopie

L’Utopie est le pays de nul part tel que le décrivait Thomas More (1478-1535) dans son ouvrage. Le mot est resté dans le langage courant mais il désignait à la basela république idéale que décrivait More comme un nouveau monde ressemblant à l’Angleterre de l’époque, c’est-à-dire divisée en contés et peuplés de commerçants et de marins.

La vie sociale en Utopie est réglée par un impératif, celui que nul ne doit être oisif. L’emploi du temps est stricte, tout y est très normé y compris les tenues vestimentaires. La question essentielle dans cette société estde savoir qu’est-ce que le bonheur et comment y accéder.

L’objectif de More est de s’adresser aux sociétés traditionnelles statiques et guidées à l’époque par l’invisible ; l’individu y avait un sens s’inscrivant dans une conception sociétale de l’invisible. L’Utopie est en quelque sorte le rêve de l’occident, croyant en l’homme et basé sur les sociétés traditionnelles.

V. Le concept demillénarisme

Le millénarisme est radicalement différent de l’Utopie, il s’agit de tout autre chose. Le concept recouvre deux notions différentes : en premier lieu il y a la croyance dans le salut, en second lieu on trouve l’attente du messie.

Cette conception trouve son origine dans les persécutions du peuple juif par Rome. Le messie y est alors considéré comme le sauveur. D’après l’apocalypseselon Saint-Jean, une période de mille ans de bonheur précédera le retour du Christ sur Terre ; cette période de 1000 ans suivra des périodes de troubles. Le millénarisme est la croyance dans l’arrivée prochaine du bonheur.

Au IVème siècle avant JC apparaît la thèse des souverains des derniers jours, thèse s’inscrivant dans les théories millénaristes. Cette conception des choses a poussé lesgens à agir comme l’a fait par exemple Christophe Colomb cherchant de l’or afin de permettre au Roi d’Espagne de reconquérir Jérusalem et devenir roi. La notion n’est pas vide de sens aujourd’hui encore ; l’histoire des États-Unis est calquée sur cette croyance : les westerns, les mormons, etc.

Le millénarisme est donc une marche vers la terre promise, non plus dans l’espace mais dans le...
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