Crise alimentaire

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La crise alimentaire mondiale

Le vendredi 23 mai 2008
De nombreuses causes ont été évoquées depuis le début de la crise alimentaire dans les pays du Sud. Quelle est la part réelle de ces causes dans la situation actuelle ? Quelles seront les conséquences de la hausse des prix sur la sécurité alimentaire et sur l'agriculture dans ces pays ? Quelles sont les solutions envisageables pour gérercette crise et en sortir ? Le Cirad propose ici des éléments d'analyse et de réponse issus de l'expertise de ses chercheurs ayant une connaissance fine de la situation dans les pays touchés.

Quelles sont les causes de la hausse des prix ?

On ne peut être simpliste et chercher un bouc émissaire. Les causes sont multiples, et de nature à la fois structurelle et conjoncturelle. En premier lieu,le pouvoir d’achat des populations des pays émergents (Brésil, Chine, Inde) a, ces dernières décennies, augmenté. En conséquence, leur consommation alimentaire s'est accrue. En Asie, elle est passée de 2 150 kilocalories par personne et par jour en 1970 à près de 2 800 kilocalories en 2000. Les habitudes alimentaires ont également changé avec une consommation de viande plus élevée. Les caloriesd’origine animale représentaient en 1970 moins de 5 % des calories totales consommées en Asie. Trente ans plus tard, cette part a plus que doublé pour atteindre 11,7 %. Rappelons, en outre, qu’en moyenne sept calories végétales sont nécessaires pour produire une calorie animale. Dans les autres pays du Sud, on observe le même phénomène mais essentiellement dans les villes. L’urbanisation se poursuit àune vitesse très élevée. La demande alimentaire augmente ainsi plus vite que la population et cette tendance va se maintenir. La production agricole est moins excédentaire qu'il y a dix ans. Le marché est plus tendu.

Ressource " Dossier " : L’alimentation des villes du Sud

Si les prix flambent depuis quelques mois, c’est qu’il y a aussi un effet conjoncturel. Plusieurs pays ont en effetsubi récemment des accidents climatiques (sécheresse en Australie, typhon au Bangladesh, hiver plus froid en Chine et au Vietnam) engendrant de mauvaises récoltes. Cette situation s’est traduite par une augmentation de la demande dans les pays importateurs, tels que le Bangladesh pour le riz, et une baisse de l'offre de pays exportateurs majeurs comme l’Australie pour le blé. Certains paysexportateurs, de même que les courtiers en céréales, ont anticipé une hausse des prix en limitant les mises en marché. Le Vietnam et la Chine ont gelé leurs exportations de riz et attendent la deuxième vague de récolte (avril/mai) pour réévaluer leur position. Les spéculateurs sur les marchés à terme des produits agricoles considèrent ce secteur comme lucratif alors que s'annonce une hausse de la demandepour les agro carburants ou une baisse de l'offre liée aux accidents climatiques. Si la hausse est si sensible, cela est à la fois dû à une petite diminution de l'offre et une augmentation de la demande, mais aussi et surtout à une volatilité accrue des cours du fait de l'absence de régulation du marché : libéralisation oblige, les Etats n'interviennent plus, les stocks de céréales sont très bas.Nous sommes rentrés dans une ère d'instabilité des cours avec des risques durables de flambées intempestives.

Quelle est la part de responsabilité des agro carburants dans cette hausse ?

Ce ne sont pas les volumes actuels de produits agricoles destinés aux agro carburants qui expliquent la hausse des prix, sauf localement chez les fournisseurs de maïs des Etats-Unis, principaux producteurs deces carburants. D’après les estimations d’Agri monde, projet de prospective mené par le Cirad et l’Inra, sur le total des calories végétales produites dans le monde, moins de 5 % sont destinées aux usages non alimentaires dont font partie les agro carburants. L’alimentation humaine représente 55 % de ce total et l’alimentation animale 30 %. En outre, les volumes destinés aux agro carburants...
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