Critiques de la religion

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  • Publié le : 30 décembre 2010
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Critiques de la religion: Feuerbach, Marx, Freud


Feuerbach
À la différence des animaux, l'homme a une vie intérieure et a conscience de faire partie d'une espèce. L'homme, pour Feuerbach, se définit par la raison (qui permet la pensée), la volonté (permettant l'action) et l'amour (fondement de la vie en commun). " L'homme existe pour connaître, pour aimer, pour vouloir " Mais l'homme serend compte du caractère fini de ces prédicats en les comparant à ceux de son espèce et comprend qu'il est incapable de réaliser par ses propres moyens le vrai, le bien et l'amour. Il va donc projeter ces attributs humains hors de lui et les transférer à un être supérieur qu'il appelle Dieu. L'homme découvre donc, grâce à la religion, sa propre essence mais séparée de lui puisqu'il la confie à unêtre hors de lui-même. L'homme a, au fond, créé Dieu à son image ou plutôt à l'image de son espèce puisque les attributs divins sont infinis et qu'ils sont finis dans l'individu. Ce mécanisme est exactement ce qu'on appelle un processus d'aliénation c'est à dire de perte de soi dans un autre, cet autre ici étant Dieu. Il s'agit bien d'une perte de soi : la raison humaine s'efface devant l'illusionreligieuse (pourquoi partir à la conquête du bonheur terrestre et donc du progrès quand seule compte la providence divine ?), la volonté abandonnée entre les mains de Dieu entraîne une soumission aveugle et l'homme, asservi par l'amour divin, met toutes ses forces au service d'une foi aveugle qui dresse les individus les uns contre les autres. La religion fait donc obstacle au progrès. L'homme seperd d'abord en Dieu.
Mais la conscience humaine s'éveille et l'homme va chercher à récupérer les valeurs qu'il a données à Dieu. L'homme se réapproprie son essence en comprenant que le rapport entre l'homme et Dieu n'est rien d'autre qu'une projection du rapport qui existe entre l'individu et l'espèce humaine. Chacun comprend qu'il doit réaliser à son niveau les buts communs de l'espèce touteentière. C'est l'homme générique c'est à dire l'espèce humaine toute entière qui est en réalité un Dieu pour l'homme. L'homme est donc fin en soi.
Il ne s'agit pas chez Feuerbach (contrairement par exemple à Nietzsche) de détruire les valeurs religieuses. L'athéisme conserve les valeurs traditionnelles mais leur enlève toute caution divine. Enlever Dieu n'est donc pas enlever à l'homme lesobligations qui sont les siennes mais, au contraire, donner à l'homme la pleine responsabilité de son destin. Les valeurs traditionnelles sont simplement laïcisées. Elles en deviennent même plus fortes car elles ne sont plus imposées de l'extérieur mais sont inhérentes à l'homme.
Il faut bien voir que, pour Feuerbach, la religion a une nécessité historique. Elle est la première étape nécessaire pourqu'ensuite l'homme prenne conscience de son essence.


Marx
Marx critique fortement le rôle de la religion. Il critique les aspects philosophiques et sociaux de la religion. Marx est athée et s’en revendique, sans faire de l'athéisme une nouvelle « religion ».
Marx s'intéresse surtout à la religion à cause du rôle qu'elle exerce sur la société. Pour Marx, la religion est une structure créée parla classe dominante, et qui évolue selon ses besoins. La religion et les hommes qui la font (prêtres, évêques, etc) sont des alliés objectifs de la classe dominante (et, pour ce qui est du haut clergé, en est directement membre).
Il analyse l'évolution de la religion en Europe : des structures religieuses païennes, qui permettaient aux hommes de justifier des phénomènes climatiques qu'ils necomprenaient pas. Les dieux étaient des dieux locaux, chaque peuples avaient les siens, ils étaient souvent liés à des phénomènes de la nature.
Ensuite, l'expansion romaine à travers l'Europe a fait naître une conscience géographique plus étendue, et les religions locales ont disparu au profit du christianisme. Pendant le Moyen-Âge, la transition au catholicisme a structuré l'Église : des...
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