Dette souveraines

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  • Publié le : 4 juillet 2010
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uverainesDettes souveraines, jusqu’ici tout va bien…
Le contribuable paie toujours deux fois.
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Engrenages. La crise de la dette souveraine grecque a failli provoquer un nouveau “Lehman” : le marché interbancaire commençait à nouveau à se bloquer. C’est une preuve de plus de l’imbrication étroite de tous les circuits financiers. C’est une bonne raison pour pousser lesfeux de la régulation. Mais au lieu d’accuser les salles de marché, les responsables politiques devraient comprendre que l’innovation financière ne peut continuer à masquer le défaut de croissance, de production de richesse réelle. De toute façon, l’étape de l’assainissement budgétaire et du retour aux grands équilibres de base était inscrite dans l’histoire économique. C’est la conviction del’Allemagne d’Angela Merkel. C’est difficile à gérer politiquement. D’autant que les contribuables ont payé une première fois pour passer le collapsus financier et qu’ils vont payer une seconde fois pour le gonflement des dettes souveraines. Ce devrait être pourtant l’art du politique que de transformer l’inévitable séquence austérité en un véritable projet pour arriver à un nouveau modèle decroissance.
La course à la stabilisation du système économique occidental est en train d’échouer. Voilà le constat gravissime qui est en train de s’imposer. La faute à la finance ? Même pas : cette fois-ci, elle est peut-être responsable, mais pas coupable. Les écarts de compétitivité, les déficits budgétaires massifs, les balances de paiements courants au bord de la rupture, tous ces déséquilibreséconomiques structurels suffisent à miner la confiance des investisseurs. L’épargnant mondialisé n’a plus confiance. Voilà la nouvelle donne de la globalisation. Comme toutes les zones géographiques, ou presque, sont connectées entre elles, la défiance se déplace très vite. Aucun Etat ne semble à l’abri.
Dans son rapport 2009, la BRI (Banque des règlements internationaux) le disait déjà : “La fin de lacrise semble encore loin d’être achevée ; le processus de normalisation est incertain et sera sans doute de longue durée.” Dans ce contexte, l’Europe est le maillon faible. Elle est encalminée dans une croissance faible et l’absence d’une vraie gouvernance en zone euro ajoute à la confusion. Attention, c’est aussi un jeu de dominos. Les Etats-Unis restent en situation de fragilité avec un déficitextérieur qui se creuse et un créancier principal de moins en moins conciliant. La Chine accorde des sursis sans consentir au chèque perpétuel – tout en étant au bord d’une bulle inflationniste.
Des deux côtés de l’Atlantique, la leçon est amère pour le contribuable. Il a payé une première fois les interventions de sauvetage, d’une ampleur sans précédent, des pouvoirs publics. La facture a revêtuplusieurs formes. Au Royaume-Uni, Gordon Brown aura nationalisé deux grandes banques, Northern Bank et Royal Bank of Scotland. Canada excepté, les autorités politiques ont partout garanti les fonds propres du système bancaire en levant des capitaux pour un coût non négligeable, même si les établissements financiers ont commencé à rembourser. “Le sauvetage de Wall Street est un gaspillage dedeniers publics”, accusent les conservateurs américains. L’industrie automobile aura été de son côté, de General Motors à Renault, une grande bénéficiaire de la manne publique.
Globalement, les plans de relance auront, selon les pays, augmenté les déficits publics de 5 à 8 points de PIB. Et c’est ce gonflement soudain de la dette souveraine qui revient comme un boomerang sur la tête du contribuable.Celui-ci va devoir passer à la caisse une deuxième fois à cause de la défiance sur la “soutenabilité” des finances publiques. Si le degré de dangerosité est variable selon les pays, l’alarme est générale et la porte de sortie étroite.  
Pour échapper à ce funeste jeu de billard, les outils sont connus. Il faut revenir aux lois économiques de base : d’abord refroidir la machine par différentes...
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