Discours de la servitude volontaire, etienne de la boetie

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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Etienne de La Boétie est né en 1530 et mort en 1563. Il est connu pour avoir été le grand ami de Montaigne, amitié que ce dernier expliqua par la désormais célèbre phrase « parce que c’était lui, parce que c’était moi ». Etienne de La Boétie est un humaniste, un érudit, passionné de philologie et de poésie. Il traduisit Plutarque, Virgile et L'Arioste, rédigea et publia une trentaine de sonnetsamoureux. A dix-huit ans seulement, alors qu’il est étudiant en droit à Bordeaux, il écrit le Discours de la Servitude Volontaire ou Contr’Un . Ce texte a sans doute été inspiré par la sévère répression des soulèvements de 1542 et 1548 contre l’instauration de la gabelle dans la région bordelaise voulue par François Ier. Le texte ne fut publié que bien plus tard, en 1576. Montaigne avait d’abordécrit les Essais comme ornement du Discours, mais a remplacé celui-ci par des sonnets, réprouvant l’usage du texte de La Boétie par les protestants contre Henry III.
Le Discours de la servitude volontaire de La Boétie est une interrogation sur la légitimité de l’autorité et sur les raisons pour lesquelles une population accepte de se soumettre. Comment Etienne de La Boétie pravient-il àconvaincre le lecteur que la tyrannie est une déviance contre-nature et qu’un peuple ne renonce à la liberté que dans la mesure où il est trompé ou contraint ? Nous verrons que, dans l’extrait étudié, l’art du discours est au service d’un réquisitoire sans appel contre la tyrannie.

Le texte étudié est extrait d’un discours dont tout l’art consiste à convaincre le lecteur.
L’énonciationest fortement ancrée. En effet, l’auteur s’adresse de manière directe au destinataire. On note ainsi l’utilisation régulière de phrases interrogatives qui ont pour finalité d’interpeler le lecteur. En témoignent les paragraphes 1 et 4. De plus, La Boétie use d’un procédé de mise en valeur par l’expression : « Je poserai cette question » en ouverture du dernier paragraphe. On relève par ailleursune implication forte de la part du locuteur : « Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas » et « Je ne lis jamais leur histoire sans en éprouver un dépit extrême qui me porterait presque à être inhumain, jusqu’à me réjouir de tous les maux qui leur advinrent ». Le locuteur utilise la première personne du singulier et va jusqu’à exprimer unjugement personnel.
Apparaît également un souci didactique évident. On peut en effet remarquer que la composition est claire, fortement soulignée. On sent une composition affirmée : Le premier paragraphe pose la problématique, les suivants fournissent une réponse en deux temps, l’étude du tyran d’abord, celle du peuple ensuite. Les paragraphes 2 et 3 montrent une structure apparente: « Il y atrois sortes de tyrans. », « Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. », « Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre » « Ceux qui naissent rois », « Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple ». En outre, l’écrivain s’appuie sur de nombreux exemples historiques de tyrans et de peuples soumis. Il détaille cesexemples qui donnent du poids à sa démonstration : (Israël), Alexandre (Spartes et Athènes), Pisistrate (Athènes),  Denys Premier (Syracuse). Cela dénote également l’érudit humaniste qu’est La Boétie, qui connaît les textes anciens et prend exemples sur sa culture classique pour mener sa réflexion.
Le discours se veut particulièrement logique. L’auteur recourt aux raisonnements déductif etanalogique dans le premier paragraphe et au raisonnement par l’absurde dans le dernier. Cette variété confère une grande efficacité à l’argumentation. Avec la même volonté d’être bien entendu, l’auteur recourt aux articulations logiques récurrentes qui soulignent le plus souvent la cause ou la conséquence : « ainsi donc », « au point de », « puisque », « car ».
Le discours de La Boétie est...
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