Dissertation (montaigne, essais)

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  • Publié le : 29 novembre 2011
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La question de l’homme est posée depuis le XVIe siècle dans les genres de l’argumentation. La culture et la barbarie sont opposées pour montrer les limites de la civilisation. Michel Eyquem de Montaigne, écrivain français (1533-1592) épris d’humanisme, est le premier à lancer l’essai comme genre de l’argumentation. Il étudie le droit, les textes anciens et entreprend l’œuvre de sa vie Les Essaisoù il réfléchit sur la condition humaine, comme dans le chapitre 31 intitulé Des cannibales. Montaigne déclare dans le préambule au lecteur des Essais (édition 1580) « c’est moi que je peins » soulignant ainsi qu’en parlant de la condition humaine il parle de soi-même. On étudiera donc en quoi le chapitre 31 des Essais peut être un autoportrait de Montaigne, premièrement, en montrant la formesous laquelle Montaigne apparaît dans son essai et, deuxièmement, en découvrant le projet de ce chapitre.
Montaigne ne parle pas de lui directement dans ce chapitre. Il décrit fondamentalement la vie des cannibales. Il le fait à travers des exemples de témoins historiques (Pyrrhus, Aristote, Platon) et le récit de témoins contemporains. Mais, en fait, il se montre comme témoin direct ens’identifiant totalement avec eux. Par exemple avec Aristote, en utilisant le discours indirect libre « (…) attirés par la bonté et fertilité du terroir, s’y en allèrent avec leur femme et enfants et commencèrent à s’y habituer » (L.86-87). Le discours indirect libre permet de supprimer le verbe de parole et d’identifier le narrateur avec le locuteur. Montaigne s’adresse à Platon comme s’il était là à côté delui : « c’est une nation, dirai-je à Platon, en laquelle il n’y a aucune espèce de trafic » (L. 169-170). De cette façon, le rapprochement des deux personnages accentue leur identification. Quant à Pyrrhus, à la suite de ses mots il conclut qu’il est en accord avec sa façon de penser : « Voilà comment il se faut garder de s’attacher aux opinions vulgaires, et les faut juger par la voie de laraison, non par la voix commune » (L. 8-10). Donc, en s’identifiant avec la Pyrrhus, Montaigne donne directement sa pensée et sa façon de juger.
L’identification est renforcée par la pensée qu’il présente dès le début, à savoir qu’il faut se méfier des apparences, c’est-à-dire qu’il faut appliquer la raison pour juger et non pas écouter ce que disent les gens. Il veut donc nous dire aussi qu’il esten train de parler, par ce biais, de lui, de ses pensées. Il se montre par ailleurs comme étant un témoin direct ou comme ayant accès direct au témoignage : « Il est rare d’y voir un homme malade » (L.185-186), « ils sont assis le long de la mer » (L. 187). Le cinquième paragraphe commence directement par son témoignage direct : « Ils ont je ne sais quels prêtes et prophètes… » (L. 239). Sans latransition du discours rapporté on a l’impression que c’est lui qui parle et qui a été témoin de ce qu’il dit. A cet effet, il utilise comme on vient de voir, très souvent le discours indirect libre.
Montaigne se montre dans le texte de deux façons différentes. Directement avec le « je » et d’une façon plus implicite avec le « nous » : « je voudrais que chacun écrivît ce qu’il sait, et autantqu’il en sait, non en cela seulement, mais en tous autres sujets » (L. 112). Dans cette citation, Montaigne est présent à travers le « je » et nous transmet aussi ses désirs et ce que, pour lui, il est important de faire. De cette façon, c’est comme s’il nous parlait de lui-même puisqu’il se donne le droit de parler de ce qu’il ne connait qu’à travers des témoignages. Quant au « nous », l’exemplesuivant : « et nous voyons de grandes mont-joies d’arènes mouvantes qui marchent d’une demi-lieue devant elle, et gagne pays » montre que Montaigne s’inclut dans une « nation » qui n’est pas la sienne mais qui représente son idéal de vie. A la L. 127, apparaît un « nous » exclusif qui met en valeur la présence de Montaigne : « ils sont sauvages de même que nous appelons sauvages les fruits que...
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