Dissertation sur le comique

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  • Publié le : 16 mai 2010
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Les aspects du comique : dissertation rédigée

Sujet : Les aspects comiques d’une pièce de théâtre ne servent-ils qu’à faire rire ? Vous vous appuierez pour répondre à cette question sur les textes du corpus ainsi que sur des pièces que vous aurez lues ou dont vous aurez vu une représentation.

La comédie est étroitement associée au rire comique, c’est-à-dire au plaisir et au divertissementque le spectateur recherche en se rendant au théâtre. Molière lui-même fait du rire un élément essentiel de la comédie. Au XVIIe siècle, cette fonction divertissante est l’une des raisons qui font de la comédie un genre moins noble que la tragédie. Pourtant, les aspects comiques d’une pièce de théâtre ne servent-ils qu’à faire rire ? Le rire est en effet rarement vain ou gratuit, et la viséepédagogique et morale n’est jamais loin dans la comédie qui aspire, comme le rappelle Molière, à faire rire en instruisant, n’en déplaise à ses détracteurs. Nous verrons alors que, si le comique au théâtre est source de plaisir et de divertissement, il peut également avoir une fonction critique et pédagogique, et permettre ainsi au spectateur de prendre ses distances par rapport à la réalité.

Lafonction première du comique est bien sûr le divertissement.
Faire rire paraît être la principale ambition de la farce du Moyen Âge. C’est le cas, par exemple, de La Farce de Maître Pathelin, au XVe siècle, où l’intrigue rudimentaire, les personnages typés, l’évocation du « bas corporel » et l’exploitation des ressources du quiproquo et du comique de gestes, sont au service du rire et dudivertissement. La Commedia dell’arte, apparue en Italie au XVIe siècle, stylise ces procédés et utilise des masques grotesques pour attirer et amuser le public.
A l’époque classique, Molière, dans ses comédies aux intrigues plus complexes, sait lui aussi tirer le meilleur parti des procédés farcesques : ainsi, Le Médecin malgré lui commence par une scène de ménage, et l’on retrouve dans Les Fourberies deScapin, des scènes de bastonnade, des quiproquos et des déguisements : comment, par exemple, ne pas rire de bon cœur à la scène 2 de l’acte III, où le rusé valet assène des coups de bâton à l’antipathique Géronte, caché dans un sac ? Le comique de gestes se double bientôt d’un comique de situation, lorsque Géronte, sortant la tête du sac, surprend l’auteur des coups. Cette scène permet en effet auspectateur de rire à gorge déployée.
A la fin du XIXe siècle, le genre du vaudeville, dont Labiche, Feydeau et Courteline sont les principaux représentants, vise lui aussi essentiellement à divertir. La société de l’époque raffole en effet de ces petites pièces faciles mêlées de chansons qui, bien qu’elles soient considérées comme une forme théâtrale mineure, n’ont perdu aujourd’hui ni de leursuccès ni de leur force comique. Dans On purge bébé de Georges Feydeau, par exemple, le dialogue entre Follavoine et Rose, la femme de ménage, à propos des Hébrides, est extrêmement amusant et repose avant tout sur le comique de mots. L’évocation du « bas corporel » et la grossièreté ne sont pas, en effet, les seuls aspects comiques d’une pièce de théâtre et le rire peut être aussi plus subtil.
Mais,même dans le vaudeville, le rire n’est pas gratuit et, derrière les dialogues légers et amusants de On purge bébé ou du Chapeau de paille d’Italie de Labiche, apparaît une satire de la société.

Au-delà du divertissement, le comique, au théâtre, a souvent pour fonction de dénoncer et de critiquer les mœurs.
L’ambition critique de la comédie, qui vient s’ajouter au simple divertissement, estaffirmée par Molière dans une citation célèbre : « Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, j’ai cru que, dans l’emploi où je me trouve, je n’avais rien de mieux à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle », écrit-il à propos de Tartuffe. Ainsi, la plupart des pièces de Molière ont une cible : les faux dévots dans Tartuffe, les...
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